Portrait au crépuscule
2012 RUSSE /Angelina Nikonova / 1 H 45avec Olga Dihovichnaya,
Marina, une jeune femme issue de la nouvelle bourgeoisie russe, sort d’un rendez-vous avec son amant et revient à pied vers son appartement. Sur le trajet elle est victime d’un vol à l’arraché. Sans argent, ni papiers, ni téléphone, elle se trouve happée par trois policiers en bordée qui la violent avant de l’abandonner sur le bas coté de la route. Finalement secourue par un jogger et ramenée chez elle, la jeune femme, psychologue dans un service social pour enfants mal traités, cache le drame mais conserve le traumatisme.
La soirée d’anniversaire que son mari lui a organisée par surprise tourne court lorsqu’elle commence à dénoncer toutes les hypocrisies et coucheries de leur entourage, y compris les siennes.
Elle se met en tête de retrouver l’un des policiers qui l’ont agressée. Démarche a priori vengeresse, qui se mue paradoxalement en un acte, l’amenant à se mêler de la vie de son bourreau …
Je l’ai vu avec un couple d’amis qui avaient lu la critique assez flatteuse publiée dans le journal La Croix .
La jeune réalisatrice nous montre une société en décadence accélérée, d’où le titre.
Pour mon goût, il y a beaucoup trop de scènes de cul ; à ce rythme la démographie de la Russie devrait s’améliorer sous peu. Dans une lecture au 4ème degré on peut y voir la mise en œuvre du précepte du Christ : rendez le bien pour le mal et aimez vos ennemis. Sauf que aimez est ici largement transposé sur le plan sexuel. La presse catholique a toujours été indulgente avec ce genre de métaphore (cf Théorème de Pasolini).
On peut s’abstenir.
** Mauvaise foi
2006 FR/ / Roschdy Zem / 1H28
Avec Roschdy Zem, Cécile de France, Jean Pierre Cassel …
** Hugo Cabret
2011 USA / Martin Scorsese/ 2H08
Avec : Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield …
Au début des années 30, un orphelin de douze ans, Hugo, vit avec son oncle un poivrot chargé de l’entretien des horloges d’une grande gare parisienne. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate qu’il s’acharne à réparer mais dont il manque la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. Il a des problèmes avec le vieux Monsieur Georges, qui tient une échoppe de réparation de jouets, et avec le vigile de la gare, mutilé de la guerre de 14-18. Il se lie avec Isabelle la petite fille du marchand de jouets …
On se demande pourquoi Martin Scorcese a réalisé ce genre de film. Un hommage à Georges Méliès, l’inventeur des trucages au cinéma, mélangé à une vision très américaine (et honteusement caricaturale) du Paris romantique des années 30. Le tout assez répétitif. En revanche les effets spéciaux (tournés en 3D) sont époustouflants, en particulier le long travelling du début . Je ne doute pas que ce film obtienne une moisson d’OSCARS.
A voir de préférence avant les repas sous peine de somnolence.
** La dame de fer
2012 UK-FR/ Phyllida Lloyd / 1H44
Avec Meryl Streep, Jim Broadbent, Susan Brown …
Margaret Thatcher, première et unique femme Premier ministre du Royaume-Uni (de 1979 à 1990), autrefois capable de diriger le royaume d’une main de fer, vit désormais paisiblement sa retraite imposée à Londres. Agée de plus de 80 ans, elle est rattrapée par les souvenirs. De l’épicerie familiale à l’arrivée au 10 Downing Street, de succès en échecs politiques, de sacrifices consentis en trahisons politiques subies, elle a exercé le pouvoir avec le soutien constant de son mari Denis décédé en 2003 , et a réussi à se faire respecter en abolissant toutes les barrières liées à son sexe et à son origine sociale. Entre passé et présent, ce parcours intime est un nouveau combat pour cette femme aussi bien adulée que détestée.
La critique est très partagée, les uns trouvent que le film ne témoigne pas ou mal des années Thatcher et du thatchérisme et qu’il insiste trop sur les troubles cérébraux dus à la vieillesse plutôt que sur l'action d'un ex-premier ministre extraordinaire.
Personnellement j’ai trouvé que c’était assez émouvant. Enfin des puissants qui ont su conserver toute leur vie la stabilité et la confiance entre époux.
*** Une bouteille à la mer
2012 / Thierry Binisti / 1H39
Avec : Agathe Bonitzer, Mahmoud Shalaby, Hiam Abbass…
Jeune française juive installée à Jérusalem avec sa famille, Tal 15 ans est à l’âge du premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi. Après l'explosion d'un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre où elle exprime ses interrogations et son refus d'admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Elle glisse la lettre dans une bouteille qu'elle confie à son frère pour qu'il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire.
Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse par e-mail. Peu à peu un dialogue par courrier électronique se développe entre elle et un jeune palestinien Naïm …
J’ai bien aimé ce film. Le conflit israelo-palestinien nous a déjà malheureusement été montré abondamment, mais cette fois ci il y a une petite lueur d’espoir au milieu de toutes ces souffrances. Deux adolescents, muris par les épreuves dans lesquelles ils sont obligés de vivre, nous offrent l'élan de leur jeunesse, leur envie d'ouverture sur le monde, et font le charme de ce film.
Le scenario est tiré du livre éponyme de Valérie Zennati . Merci à l’écrivain et au réalisateur du film. Ils ont su montrer ce qui rapproche sans occulter ce qui divise. Bienheureux les artisans de paix …
** La vie d’une autre
2012 FR-BE-LUX/ Sylvie Testud/ 1H37
Avec Juliette Binoche, Mathieu Kassovitz, Aure Atika …
Marie, 40 ans, se réveille un beau matin, partiellement amnésique. Elle a oublié 15 ans de sa vie. Elle essaye de reprendre le cours de sa vie antériere, une brillante carrière de femme dirigeante, un jeune fils de 10 ans, un mari Paul, talentueux créateur de bandes dessinées, très occupé aussi . Elle comprend rapidement que l’histoire d’amour entamée dans sa jeunesse avec Paul, en fait se termine. Elle fait face et cherche à reconquérir l’homme de sa vie.
J’ai eu du mal à trouver un synopsis cohérent sur internet. Les uns disent que c’est un rêve prémonitoire, les autres, dont je suis, pensent que c’est un trou de mémoire qui porte sur les quinze dernières années. Là encore les méfaits du montage non chronologique sont palpables.
Passons et dépassons l’histoire somme toute banale d’une business woman qui réussit sa carrière et ruine son mariage.
Arrêtons nous sur la morale de cette fable, chacun peut faire un break pour remettre en cause ce qu’il a fait de sa vie avec ses multiples facettes. Considérant le standing des bureaux, des maisons et appartements qui sont montrés dans ce film, cette introspection paraît réservée aux gens fortunés. Il semble que les femmes apprécient ce film plus que les hommes.
** Detachment
2012 USA / Tony Kaye / 1H37
avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden, James Caan …
Henry Barthes, célibataire, est professeur remplaçant. Sa vie privée est trite. Il visite son grand-père sénile hospitalisé qui n’en finit pas d’agoniser dans un mouroir. Il se souvient de sa petite enfance quand sa mère s’est suicidée en avalant des somnifères…
Pour échapper à tout ça, il a choisi le dévouement dans l’impermanence. Ne pas s’attacher. Et pourtant il a choisi son métier en révant de changer le monde. Il porte secours à une mineure droguée prostituée qu’il héberge temporairement chez lui et essaye de convertir à plus de respect de son corps.
Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Après les insultes des jeunes caïds en salle de cours et les inévitables clichés sur le sens des mots et les pôles d’intérêt de cette jeunesse, il arrive à transmettre quelques valeurs. Peu à peu il arrive à se faire apprécier, mais déjà vient le terme de son contrat...
Tout va recommencer, à moins que …
** Les descendants
2012 USA/ Alexander Payne/1H50
Avec : George Clooney , Judy Greer , Robert Forster
Matt King, lointain descendant d’un pionnier anglais qui avait épousé une princesse de Hawaii, dirige un cabinet d’avocats . Il est aussi le fideicommis du trust qui détient les terres familiales, dernières plages tropicales vierges des îles, héritées des ancêtres hawaiiens. Mais la loi des Etats-Unis va changer dans sept ans. Une partie de la famille souhaite vendre avant à un promoteur immobilier.
On découvre peu à peu que sa vie personnelle vient d’être bouleversée. Sa femme Joanna est dans le coma suite à un accident de bateau de course. Mat essaye de faire face. Mais ses relations avec leurs deux filles sont difficiles. Scottie, dix ans, est insolente et exige une attention constante ; Alex, dix-sept ans a fait un peu de tout, y compris une cure de désintoxication, et est en pension dans une autre île. Matt va la chercher.
Joanna avait rédigé un testament pour régler sa fin de vie. Conformément à son souhait, les appareils qui la maintiennent en survie seront débranchés. Matt doit prévenir ses amis et et ses nombreux cousins afin qu'ils puissent la voir une dernière fois.
Ce faisant, Matt découvre que Joanna avait une aventure. En proie à des émotions contradictoires, Matt part alors à la recherche de l'amant de sa femme avec Scottie, Alex et son copain Rob …
Ce n’est pas mal, surtout parce que Geoges Clooney est toujours sympathique. Les divers rebondissements au cours de la recherche de l’amant, sur fond de spéculation immobilière, maintiennent le suspense. Les descendants ont des statuts sociaux divers mais se la coulent douce et sont en moyenne plutôt adipeux. Finalement on a droit a une fin morale : Matt prendra conscience que la principale préoccupation dans la vie est de reconstruire sa famille…
*** Parlez moi de vous
2012 FR / Pierre Pinaud /1H29avec Karine Viard, Nicolas Duvauchelle, Nadia Barentin…
À 40 ans, Mélina est animatrice vedette à Radio France. La nuit à l'antenne elle répond aux questions d’auditeurs et résout leurs problèmes affectifs voire sexuels avec impertinence, humour et sans tabou. Tout le monde connaît sa voix, mais personne ne connaît son visage. Dans la vie, elle habite dans les beaux quartiers de Paris et évite tout contact avec les autres en vivant comme une vieille fille.
Partie à la recherche d'une mère qu'elle n'a jamais connue, elle découvre que celle-ci vit au sein d'une famille nombreuse dans une banlieue déshéritée . Elle décide de se rapprocher d'elle, incognito.
La critique est mitigée, et à mon avis c’est dommage. Le scénario est intéressant. Il montre les conséquences d’un choc affectif dans la petite enfance et les difficultés à se constuire une personnalité adulte « normale. Le grand écart entre le comportement dans la vie professionnelle et la vie privée. Névrose et schizophrénie légère. Au deuxième degré, on voit qu’il est plus facile de donner de bons conseils aux autres que de les mettre en œuvre pour soi-même.
** Et si on vivait tous ensemble ?
Avec Jane Fonda, Pierre Richard, Geraldine Chaplin , Claude Rich, Guy Bedos …
Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et que le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble.
Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté... à 75 ans !
Sans être enthousiasmant, ce n’est pas mauvais. Il ne faudrait pas qu’on nous en fasse trop du même genre en ciblant un public en croissance. C'est gentillet, mais on ne nous épargne aucun détail sur la sexualité du quatrième âge.
*** J.Edgar
2012 USA / Clint Eastwood / 2H15
Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer …Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover, rénovateur du FBI qu’il a dirigé pendant 48 ans .
Arrivé à la fin de sa vie, mais toujours à la tête du FBI, J. Edgar Hoover dicte ses mémoires à de jeunes agents chargés de les mettre en forme. Il se remémore son parcours, en commençant par l'éducation que lui a donné de sa mère omniprésente. Il explique comment il a voulu créer un bureau fédéral d'investigation pour contrer tous ceux qui pouvaient qui menaçer le gouvernement et les Américains. Il lui a fallu batailler ferme contre le Congrès pour être financé, avoir des effectifs et des locaux, etc.
Hoover a pu compter sur le soutien sans faille de sa secrétaire Helen Gandy et surtout de son « bras droit » Clyde Tolson, avec qui il a des relations extra-professionnelles.
En dépit de la longueur, je ne me suis pas trop endormi. Le montage moderne avec abondance de retours en arrière ne facilite pas la compréhension fine. J’ai trouvé que Léonardo di Caprio avec ses maquillages multiples prenait dignement la relève de Marlon Brando dans « le Parrain », mais j’étais le seul de cet avis.
** Bruegel, le moulin et la croix
2012 POL-SUEDE / Lech Majewski/ 1H32
Année 1564, alors que les Flandres subissent l’occupation brutale des Espagnols, Pieter Bruegel l’Ancien, achève son chef d’œuvre "Le Portement de la croix", où derrière la Passion du Christ, on peut lire la chronique tourmentée d’un pays en plein chaos.
Le film plonge le spectateur dans le tableau et suit le parcours d’une douzaine de personnages au temps des guerres de religions. Leurs histoires s’entrelacent dans de vastes paysages peuplés de villageois et de cavaliers rouges. Parmi eux Bruegel lui-même, et divers amis de la bourgeoisie flammande.
Ce film est esthétiquement très bien fait. Sur le fond, comme dit Jean-Claude, il faut y voir une rêverie à l’intérieur de la peinture, mais parfois le rêve s’égare sur des chemins insoupçonnés. Souvent le symbolisme est laissé à la libre interprétation du spectateur. Intéressant, mais hyper réalistes s’abstenir.
* Le Havre
2012 FL-RFA-FR / Aki Olavi Aki Kaurismäki /1H33
avec André Wilms, Jean-Pierre Darroussin, Kati Outinen...
Marcel Marx, ex-écrivain bohème, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il mène une vie tranquille dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire…
Je l’ai vu dans le cadre de la promotion de bonne année à 4,90 € . Sans dire que c’est mauvais, honnêtement ça ne vaut pas plus. Trop de bons sentiments. Et puis le métier de cireur de bottes façon USA années 30 existe-t-il de nos jours au Havre ? Le cireur parle comme un professeur de philosophie avec un accent châtié. L’auteur voulait sans doute nous faire comprendre que n’est pas prolo qui veut.

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