mercredi 18 octobre 2017

2017



 *** Faute d'amour

2017 russe, FR, BEL,RFA/ Andrey Zvyagintsev /2H08
Avec Alexey Rozin, Maryana Spivak, Marina Vasilyeva…

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

C’est un film intéressant sur la dureté des rapports humains, un portrait  critique de la société actuelle en  Russie. Peut-être hélas de ce qui nous attend dans le reste du monde. Il faut comprendre le titre comme ce qui arrive par suite du manque d’amour partagé entre parents et enfant et entre conjoints.

La première partie du film avec les disputes et les retrouvailles au lit des divers couples est un peu fastidieuse, les séquences dans les bureaux et les cafétérias donnent à penser que les Russes ne sont pas très ardents au travail.
A partir de la disparition du jeune Aliocha et les battues pour le retrouver, ça devient nettement plus prenant.

Dans le détail on trouvera la contraste entre trois niveaux de vie : classe paysanne, classe moyenne urbaine, classe supérieure. La propagande du pouvoir central omniprésente à la radio. Les diktats d’un chef d’entreprise ne tolérant pas les divorces pour ses employés.

Sur le plan cinématographique, saluons une photographie de paysages magnifique et des acteurs et actrices à la hauteur.




*** Le sens de la fête

2017FR / Eric Toledano, Olivier Nakache / 1H 57

Avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche , Eye Haidara…

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un grand mariage dans un château du 17ème siècle, celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos …


J’ai trouvé ce film assez drôle, encore que je sois un peu allergique à Jean Pierre Bacri. Tous les petits travers de la société bobo sont épinglés ainsi que le contraste entre le monde des riches et celui des travailleurs plus ou moins déclarés.
Le scénario est très inventif et dans la deuxième partie quand le marié fait sa surprise aux invités, il devient absolument génial avec une séquence aérienne sublime..



* Un Beau Soleil Intérieur

2017 FR/ Claire Denis  / 1H34
Avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Gérard Depardieu, Josianne Balasko…

Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.

La première partie est franchement rasoir en dépit d’une distribution impressionnante. La description des états d’âme d’une société de bobos et d’intellos parisiens m’a fait regarder ma montre dès le premier quart d’heure.

Plusieurs spectateurs sont sortis de la salle avant la fin. C’est d’ailleurs dommage car la deuxième partie, dans un interminable post générique final  avec Gérard Depardieu en extralucide chic et cher, est la plus sympathique.


*** Les grands esprits 

2017 FR / Olivier Ayache-Vidal /1H46
Avec Denis Podalydès, Léa Drucker, Zineb Triki, Aboulaye Diallo et d'autres élèves des REP, ...

François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d'événements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire à juste titre. Mais grâce à son intelligence il finira par trouver une clé pour motiver ses élèves. En revanche ses collègues sont partagés sur la méthode et certains franchement hostiles. François Foucault fera preuve d'une pugnacité inattendue pour soutenir le jeune Seydou qui s'est fait exclure par le conseil de discipline en dépit de ses progrès manifestes dans ses études ...

Sur un thème déjà porté plusieurs fois au cinéma ( notamment "Entre les murs") ce film renouvelle le genre et apporte un éclairage très varié  sur les élèves, les parents résignés ou violents, les professeurs qui sont en banlieue depuis longtemps, ceux qui y débutent, le directeur, l'agrégé de lettres transplanté pour un an depuis un collège prestigieux, le cabinet du ministre et Madame la Ministre de l'Education...
Je suppose que les enseignants pourront en retirer quelque chose, serait-ce que l'expérience de neurosciences sur le brochet et les petits poissons. Les parents aussi.
Bref je conseille de voir ce film pour la prestation de Denis Podalydes et pour le scénario d'Olivier Ayache-Vidal. 


 
** Otez-moi d'un doute

2017 FR/ Carine Tardieu / 1H40
De Avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand, Esteban, Alice de Lencquesaing ...

Erwan, veuf , vit avec sa grande fille Juliette, et rend visite à son père, veuf  lui aussi. Il exerce le métier dangereux de  démineur. Juliette est bénévole dans une association de réinsertion des illettrés. Elle envoie un de ses protégés Didier en stage dans l'entreprise qui emploie aussi son père.
Juliettte tombe enceinte et prétend ne pas se souvenir de comment cela lui est arrivé. Finalement, elle était ivre lors de la fête annuelle de l'entreprise des Démineurs Bretons. Erwan se lance alors dans une campagne de tests ADN pour trouver le coupable. Son père et lui ayant servis de témoins, Erwan  apprend à cette occasion que son père n’est pas son vrai père.
Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan s'adresse à une détective spécialisée qui enquête discrètement et retrouve le géniteur : Joseph, un vieil homme attachant, veuf aussi qui vit avec sa grande fille Anna.


Une sorte de roman policier sur le thème de la filiation. L'histoire est un peu cousue de fil blanc, avec un final ambigu (sur le sens de zéro coïncidence), mais les acteurs sont extras, en particulier Esteban qui joue les demeurés avec  brio. Les deux pères André Wilms et  Guy Marchand raviront les âmes tendres et Cécile de France est égale à elle même. Cerise sur le gâteau, les paysages du golfe du Morbihan sont très bien filmés.





* Sword Art Online Movie  (Animation)

2017 JAP / Tomohiko Itō / 2H00
Avec Ryan Bartley, Christine Marie Cabanos, Yoshitsugu Matsuoka …

En l'an 2026, deux ans après avoir été libérés du jeu Sword Art Online ( S.A.O), Kazuto et ses amis profitent enfin de jours paisibles. Récemment, la réalité augmentée est devenue possible grâce à l'Augma, et avec cette mode vient son lot de modifications du quotidien. Un nouveau jeu émerge "Ordinal Scale" qui devient rapidement si populaire que la réalité virtuelle ordinaire s'en trouve délaissée. Kazuto ne semble pas motivé par la réalité augmentée, mais c'est alors que d'anciens boss de S.A.O font leur apparition... Et d'autres fantômes du passé menacent de resurgir...

J’ai vu ce film dans le cadre de ma cure de cinéma à 4 €. Le manga des jeux de rôle avec combats bruyants contre des monstres à transformation ne m’intéresse pas d’autant plus qu’il se répète de nombreuses fois.
En revanche j’ai bien apprécié la moralité qui se dégage de cette histoire : addiction aux jeux vidéos, surenchère dans l'offre de réalité virtuelle, apologie de la violence… détournement de l’intelligence artificielle par ses concepteurs obsessionnels ... destruction du cerveau humain par overdose de victoires virtuelles … et cependant, à la fin  la simple nature humaine reprend le dessus.



 *** Lou Andréas Salomé

2017 CH-RFA / Cordula Kablitz-Post / 1H55
Avec Katharina Lorenz, Nicole Heesters, Liv Lisa Fries …

Lou Andreas-Salomé, égérie intellectuelle, romancière et psychanalyste, décide d’écrire ses mémoires et prend comme secrétaire un jeune homme qui sera son ami jusque sa mort, Ernst Pfeiffer.
Elle retrace sa jeunesse parmi la communauté allemande de Saint-Pétersbourg, marquée par le vœu de poursuivre une vie intellectuelle et la certitude que le sexe, donc le mariage, place les femmes dans un rôle subordonné. Elle étudie la philosophie en fréquentant les bibliothèques publiques où elle fait la connaissance de Paul Rée, un autre philosophe allemand.
En 1882, à l'occasion d'un séjour à Rome, elle rencontre Friedriech Nietzsche. Il a dix-sept ans de plus qu'elle. En rupture avec les usages, elle cohabite quelque temps avec lui et avec Paul Rée, jusqu'à ce que la famille de Nietzsche ne les sépare.
 Rée demande en vain la main de Lou qui craint que l'amour physique ne la détourne de sa vocation d'intellectuelle. Si elle accepte en 1887 d'épouser Friedrich Andreas, c'est à condition que leur union reste platonique.
En 1897 Lou Andreas-Salomé rencontre René Rilke. Il a quatorze ans de moins qu'elle. Leur amitié se transformera en histoire d'amour. Quelques années plus tard, à Vienne, elle fait la connaissance de Sigmund Freud avec lequel elle pratique une auto-analyse en vue de devenir elle même une psychanalyste reconnue…



La critique est assez partagée et compare ce film à Wikipedia. Personnellement j’ai bien aimé. On se rafraîchit la mémoire et on découvre de petits détails ignorés.




*** Vénérable W.  (Documentaire)

2017 CH-FR / Barbet Schroeder /1H40
Avec Barbet Schroeder, Bulle Ogier …

En Birmanie, U Wirathu, 48 ans, est un moine bouddhiste très influent. Il a successivement dirigé le mouvement islamophobe 969, puis le mouvement d’extrême-droite Ma Ba Tha (Comité pour la protection de la race et de la religion).  On le voit prêcher le racisme et entretenir la peur et la haine des musulmans, et on observe comment ces discours ont engendré violences et destructions.Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion à l’origine fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent…

Ce documentaire fait partie, avec "Général Idi Amin Dada : Autoportrait" (1974) et  "L’avocat de la terreur" (2007) d’une suite que Schroeder qualifie lui-même de « Trilogie du mal ». Barbet Schroder a réussi à interviewer le moine Birman U Wirathu, ainsi que d’autres personnalités bouddhistes et divers observateurs occidentaux.
N’oublions pas que le parti de de Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis novembre 2015 et désireux d’ouvrir le pays à la démocratie, a du faire de nombreuses concessions à une armée toujours très puissante.
En 2003, Wirathu a été condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine et au conflit religieux. Il a été libéré en janvier 2012, lors d’une amnistie générale. Depuis cette libération, ce moine, en apparence si lisse, appelle les nationaux à boycotter les commerces musulmans, a insulté très grossièrement Angela Merkel, se félicite de l’élection de Donald Trump, et propose un statut des non bouddhistes qui rappelle fâcheusement le statut des juifs sous le régime Nazi… 

Le petit diagramme sur le réel et le ressenti du pourcentage de musulmans dans divers pays doit nous faire réfléchir…


**** Creepy 

2017 JAP/ Kiyoshi Kurosawa  / 2H10
 Avec Hidetoshi Nishijima, Yuko Takeuchi, Teruyuki Kagawa ...

Un ancien inspecteur de police, Takakura , devenu professeur de criminologie, s’installe avec son épouse Yasuko et leur gros chien Max dans un nouveau quartier résidentiel de Tokyo. Ils aspirent à une vie tranquille, mais dès le début l'ambiance du voisinage les met mal à l'aise.
Tous les jours Takakura quitte son domicile pour aller enseigner à la prestigieuse université MEIJI. Six ans auparavant, il avait participé à une enquête sur la  disparition de trois personnes de la même famille. Poussé par on ne sait quel pressentiment il va rouvrir des dossiers non résolus de tueurs en série.
Dans le même temps sa femme Yasuko, sans autres occupations que le cuisine et les tâches ménagères, fait davantage connaissance avec leurs étranges voisins la famille Nishino.


J'ai beaucoup aimé ce thriller sur la manipulation et l'emprise psychologique qui renouvelle les personnages de psychopathes pervers déjà montrés au cinéma. . Bizarrement la critique est assez partagée. L'acteur Teruyuki Kagawa qui joue le rôle de Nishino est extraordinaire. 


Creepy est l'adaptation d'un roman écrit par Yutaka Maekawa. Le titre est un adjectif qui évoque ce qui donne la chair de poule

 



***  Ce qui nous lie

2017 FR / Cédric Klapisch /1H53
Avec Pio Marmaï, Ana Girardot, François Civil ...

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces trois jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.


La critique est assez partagée. C'est dommage que ce film ressemble à certaines séries télé ou à un documentaire. Sinon les images des vignes aux diverses époques de l'année sont magnifiques. Les acteurs sont plutôt bons. Les personnages du beau-père et de la belle mère envahissante un peu trop caricaturaux.


** Le Christ aveugle

 2017 CHILI-FR / Christopher Murray  / 1H25
Avec Michael Siva, Bastian Inostroza, Ana Maria Henriquez...

Dans le désert chilien, un jeune garçon Michael demande à son ami Mauricio de lui clouer les mains sur un tronc d'arbre. Cette approche radicale va lui permettre de recevoir un signe divin, qui lui brûle les yeux. Devenu adulte, il se sent habité par la présence de Dieu. Une dizaine d'années plus tard, Michael s'occupe de son vieux père alcoolique, exerce le métier de mécanicien, et soulage les misères de ses voisins.

Ayant appris que son ami d’enfance Mauricio, parti travailler dans une mine, a été gravement accidenté, Michael décide de partir pieds nus au travers des sables de la Pampa del Tamarugal pour aller à son chevet accomplir un miracle. Il va rencontrer dans ce long  voyage toutes sortes de gens méfiants, violents, mais aussi bienveillants comme le jeune Bastián et sa mère...


Je voulais voir ce film après avoir lu - une fois n'est pas coutume - la critique du Canard Enchaîné. Les notes données par les spectateur sont très centrées sur "moyen", et pour tout dire, j'ai eu du mal à ne pas m'assoupir plusieurs fois. Mea culpa, parce que le message est intéressant : Dieu est en chacun de nous. Si le Tout Puissant à l'air de ne plus se soucier de ses créatures, si Jésus ne fait plus  de miracles, c'est parce qu'ils ont transmis aux croyants la mission de continuer leur action salvatrice, action de secours, de protection, de soutien.

N.B. Seul Michael Siva est un acteur professionnel ; tous les autres rôles sont tenus par les habitants des villages où le film a été tourné.




**** Get out

2017 USA/ Jordan Peele /1H44
Avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford ...

Chris Washington, jeune black, est un talentueux photographe. Il file le parfait amour avec sa petite amie Rose Armitage, une WASP avec laquelle il est depuis quelques mois. Elle veut le présenter à ses parents. Nonobstant les mises en garde de son copain d'enfance Rob, qui travaille dans une entreprise de sécurité, les deux tourtereaux partent pour un week-end dans le nord de l’État.

Les parents Armitage sont presque trop accueillants, le frère de Rose plus provocateur. Le climat devient de plus en plus oppressant . Le lendemain, une dizaine d'amis de la famille débarquent pour célébrer l'anniversaire d'une grand mère morte  il y a trois ans. Le malaise grandit ...


J'ai bien aimé ce film qui renouvelle les règles du polar psychologique et du film noir dans tous les sens du terme. En contrepoint, la dénonciation du racisme et du sectarisme illustré par les pratiques surprenantes de ce cercle de bourgeois aisés, le tout renforcé par une dernière partie inattendue et paroxystique.




*** Marie-Francine

2017 FR / Valérie Lemercier  / 1H 35
Avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent, Nadège Beausson-Diagne, Denis Podalydès...

A 50 ans , mère de deux grandes filles adolescentes ... Marie-Francine  est trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot de chercheuse généticienne. Le mari adultère garde l'appartement. Après quelques péripéties,  Marie-Francine est obligée de retourner vivre chez ses parents...! Tantôt ils l'infantilisent, tantôt ils la poussent au divorce et au remariage...  Pour l'occuper, ils lui installent  une petite boutique de cigarettes électroniques .

C'est là qu'elle va rencontrer Miguel, qui est chef cuisinier dans un restaurant voisin. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu'elle.

Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question...



C'est un film très amusant, un peu déjanté sans plus, une comédie à la fois romantique  et satire sociale. Les seconds rôles sont excellents, en particulier Nadège.
Dans les scènes finales on a le plaisir de ré-écouter des chansons de Georges Moustaki, Sylvie Vartan et Charles Aznavour.



* Sage femme

2017 FR-BEL / Martin Provost /  1H 57
Avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire …
Scénariste : Martin Provost

Claire est sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Elle est mère célibataire d' un fils, qui fait ses études de médecine et a toujours rêvé de devenir chirurgien. Claire passe ses loisirs dans son petit jardin ouvrier, un endroit bucolique en bord de Seine.
Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de la maternité où elle travaille, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père. Béatrice est une femme fantasque et égoïste, l’exacte opposée de Claire…


J’ai vu ce film avec une amie et aucun de nous n’a aimé. Autant le rôle écrit pour Catherine Frot  est réaliste quoique sans grande invention, autant celui pour Catherine Deneuve est complètement outré  et irréel. Il ne ressort aucune émotion de ce rapprochement. Bref on peut s’abstenir.





 ** Silence
 2017 USA-ETC/ Martin Scorsese / 2H42
Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson...

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites, Sébastiao Rodrigues et Francisco Garupe, se rendent au Japon pour tenter de retrouver leur professeur et directeur spirituel, le père Ferreira, disparu alors qu’il était venu y répandre le catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

La critique est très partagée. Le film est beaucoup trop long. La première partie avec les paysans crypto-chrétiens est trop répétitive. La seconde, quand le père Sébastiao est arrêté, est plus intéressante : raffinement des supplices japonais, et surtout la joute intellectuelle entre le
jésuite et le gouverneur japonais qui analyse la raison d'Etat ...


N.B. "Silence" est l'adaptation du roman éponyme écrit en 1966 par Shūsaku Endō, un écrivain catholique japonais. À noter que le livre a déjà connu une première adaptation en 1971 réalisée par Masahiro Shinoda. Le "Silence" du titre évoque le silence de Dieu face aux souffrances vécues en son nom.




*** Les figures de l'ombre  (biopic)

2017 USA / Theodore Melfi / 2H06
Avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe ...

En 1962, au centre de calcul de la NACA à Langley trois jeunes femmes afro-américaines, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, se battent pour être entendues et écoutées en dépit de leur sexe et surtout de leur couleur de peau dans cet état de Virginie, profondément ségrégationniste.
Après de nombreux échecs du lanceur Thor-Agena, elles ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn puis au programme APPOLO.


C'est un très bon film, à faire voir en famille pour rappeler aux jeunes générations le sens de l'effort. Attendez le générique de fin qui vous montrera les photos des héroïnes à divers âges. Notamment la surdouée du calcul à la main Katherine Coleman Goble Johnson encore vivante en 2017 âgée de 99 ans.




* Grave

2017 FR-BEL / Julia Ducournau / 1H38
Avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella …

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école vétérinaire où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installée, le bizutage commence. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature...

Je l’ai vu dans mon cinéma habituel, en ayant l’impression qu’il ne se donnerait plus. Je n’avais pas lu les critiques des spectateurs et compris que c’était  un film « gore et trash », c’est à dire violent, sanglant, écœurant. Espérons que la réalisatrice, dont c’est le premier long-métrage, exercera ses talents, qui sont évidents, dans un autre registre.




*** Paris pieds nus 

2017 FR-BEL / Fiona Gordon et Dominique Abel /  1H23
Avec Fiona Gordon, Dominique Abel, Emmanuelle Riva, Jean Richard…

Fiona, bibliothécaire au Canada, débarque à Paris pour venir en aide à sa vieille tante en détresse. Mais Fiona perd ses bagages et, quand elle arrive à l’adresse indiquée, la tante Martha a disparu de son domicile. Fiona va rencontrer un SDF prénommé Dom qui a planté sa tente sur les quais de la Seine en face de la statue de la Liberté. C’est le début d’une course poursuite dans Paris à la recherche de Martha qui semble désorientée.


J’ai adoré ce film à l’humour déjanté, avec des clins d’œil à de grands classiques, notamment une variante très sympathique de la danse des petits pains de Charlie Chaplin sur un banc du Père Lachaise. Bravo aux deux acteurs réalisateurs et à leur deux complices principaux.

 


** La confession

2017 FR / Nicolas Boukhrief /1H56
Avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny …

Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre, Léon Morin, suscite l’intérêt de toutes les femmes du pays, en particulier les employées de la poste locale ... toutes sauf Barny, jeune femme communiste et athée, sans nouvelles de son mari prisonnier en Allemagne. La jeune sceptique se rend finalement à l’église dans le but de défier cet abbé .
Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes …


C’est un troisième film inspiré du roman de Béatrix Beck (Prix Goncourt 1952), notamment le «  Léon Morin, prêtre » de Jean Pierre Melville (1961).

La critique est très partagée. Il y a ceux qui trouvent que ça part mal dès le début quand l’héroïne mourante commence à raconter son histoire à un jeune prêtre venu administrer l’extrême onction. Et ceux qui y ont vu une œuvre d'une sérénité surprenante, sans chichis, avec cependant quelques bavures comiques forcées.
Je l’ai vu pour 4 € et je ne regrette rien, mais peut être vaut-il mieux relire le roman.  


** Elle

2016 FR-RFA / Paul Verhoeven / 2H10
Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny …

Michèle à la tête d'une grande entreprise de jeux vidéo, gère ses affaires et sa vie « sentimentale » d'une main de fer. Elle navigue entre ses associés, son amie, son amant, son ex-mari et leur grand fils, sa mère et son gigolo, un voisin et son épouse… Un après midi elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu cagoulé. Pour des raisons personnelles,  elle ne prévient pas la police et se met en tête de retrouver son agresseur. Dans quel but ?…

Je n’ai pas aimé ce film qui traite des fantasmes sexuels féminins, voire d’une certaine perversion. Il se peut aussi que le souvenir refoulé d’un drame familial survenu quand elle avait 7 ans,  soit à l’origine de son comportement déviant relevant de la psychiatrie.


***  L'autre coté de l'espoir

2017 Finlande / Aki Kaurismäki /1H38
Avec Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Ilkka Koivula ...

Wikhström, Finlandais, la cinquantaine, décide de changer de vie. Il quitte sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour acheter un restaurant et le moderniser.

Khaled a fui la Syrie après que ses parents et une grande partie de sa famille aient été tués dans les bombardements d'Alep. Il débarque par hasard en Finlande et dépose une demande d’asile qui est bientôt rejetée. Sur le point d’être reconduit vers la Turquie, il s’échappe du centre de rétention.

Le destin de ces deux hommes va se croiser.


J'ai bien aimé ce film, en dépit de longueurs dans le début. On nous montre des Finlandais  hyper flegmatiques mais au grand cœur. Une administration et une police attachée à la lettre de la loi. Quelques néo-nazis brutaux et stupides. Des migrants qui ont du mal à renouer les bouts de leurs vies.



 

*** Noces

2017 BEL, LUX, Pakistan, FR / Stephan Streker / 1H 38
Avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, Faycal Safi, ...

En Belgique, Zahira Kazim, étudiante de 18 ans, tombe enceinte de son petit ami Tariq. Il ne veut pas d'enfant et la pousse à avorter. Elle hésite et le quitte.

Zahira est une musulmane plutôt pieuse, très proche de sa famille pakistanaise qui tient depuis plus de trente ans une épicerie en Belgique. Elle se confie à son frère aîné Amir  et à une amie Belge.
Ses parents veulent lui imposer un mariage arrangé avec un Pakistanais... Elle est écartelée entre l'amour familial et son aspiration d'indépendance. Tout va empirer...


C'est un beau film qui traite de la difficulté à se couper de ses racines à la première génération d'émigrés obnubilés par le poids de la tradition. Mais aussi à la seconde génération partagée entre les liens de la famille et la normalité du pays où elle a grandi.

Le scénario est malheureusement inspiré d'un fait divers qui s’est déroulé en Belgique en 2007. C'est désespérant.



***  Monsieur & Madame Adelman 

2017FR / Nicolas Bedos /2H00
Co-scénaristes : Nicolas Bedos et Doria Tillier
Avec Doria Tillier, Nicolas Bedos, Denis Podalydès, Antoine Gouy …

Comment Sarah, diplômée de littérature, et Victor, fils de famille qui aspire à devenir écrivain, ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l'ombre de son mari ?
Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d'un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du vingtième siècle…


C’est un film intello, mais moins bavard que les Woody Allen. Pour la  première expérience de réalisateur de Nicolas Bedos, c’est plutôt réussi. Doria Tillier, qui est aussi sa compagne à la ville, est très bonne surtout  à la fin quand elle raconte l’histoire de leur vie au journaliste. On souhaite qu’il y ait des suites de la même qualité.



***** Lion      ( biopic)

2017 USA-AUSTRALIE-UK / Garth Davis /1H58
Avec Sunny Pawar, Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman ...
Musique : Dustin O’Halloran Photographie: Greig Fraser Montage: Alexandre De Franceschi

En 1987 en Inde du Nord, district de Khandwa, Madhya Pradesh., un petit garçon de à 5 ans, Saroo, se retrouve seul, enfermé dans un train qui l’emmène malgré lui à plus de 1600 kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et finalement adopté par un couple d’Australiens.
Vingt cinq ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, il fréquente une famille d'origine indienne et peu à peu l'idée de retrouver ses racines va devenir une obsession. Pendant près de deux ans il va examiner des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître la gare d'où il était parti et son village.



C'est vraiment un film magnifique tant par l'histoire que par la réalisation de Garth Davis dont c'est le premier long-métrage (inspiré du livre autobiographiquede Saroo Brierley "A Long Way Home", publié en 2013) . 

Le jeune garçon qui joue Saroo est extraordinaire. Les acteurs adultes sont très bien aussi.
Montage, photographie, musique sont parfaits aussi.
Sur le fond, au delà du coté émouvant des tribulations du jeune Saroo dans la misère de l'Inde, on retiendra la réflexion sur l'adoption, ses joies mais aussi ses difficultés. Et aussi la réflexion sur la recherche de ses origines, qui peut déstabiliser celui qui la mène et par conséquent tout son entourage, parents adoptifs et compagne.

Courez voir ce film qui sera sans doute le meilleur de l'année.




*** Patients 

2017 FR / Grand Corps Malade, Mehdi Idir /  1H50
Avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly ...

Se laver, s'habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens.... Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s'engueuler, se séduire mais surtout trouver l'énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l'histoire d'une renaissance, d'un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul...

En premier ce film a un rôle pédagogique pour ceux qui n'ont pas connu de près par où passent les handicapés : honte de la dépendance, ennui, espoir et désespoir, parfois tendances suicidaires... mais aussi la variété des caractères du corps médical, des infirmiers, kinés et autres personnels...
Ecoutez le slam de GCM pendant le générique final.
Bravo pour cette œuvre  qui contribue  à élever le niveau moral de notre pays. 


P.S. Le scénario du film est l'adaptation cinématographique du livre éponyme et autobiographique de Fabien Marsaud accidenté en 1997 à l’âge de 20 ans  et devenu, depuis 2006, une vedette du slam sous le nom de Grand Corps Malade.


*** Dans la forêt

2017 FR-SUEDE / Gilles Marchand /1H43
Avec Jérémie Elkaïm, Timothé Vom Dorp, Théo Van de Voorde ...

Tom et son grand frère Benjamin habitent à Paris avec leur mère divorcée. Tom, sujet à des rêves angoissants, est suivi par une pédopsychiatre.
Les deux frères partent en Suède retrouver leur père pour les vacances d'été. Le père, à la fois aimant, autoritaire et instable, fait un peu peur à Tom. De plus, il semble convaincu que son fils a des dons parapsychiques.

Il décide soudainement d'aller  vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac. Les enfants sont ravis, mais l'endroit est très isolé, au milieu d'une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour à la civilisation…



Ce film est très bien fait. Un thriller psychologique plus qu'un film d'épouvante. Peu à peu le mystère et l'angoisse montent. Vers la fin, le réalisateur montre en quelques images les hallucinations de Tom.
Le final est dans le droit fil des problèmes psychiques du père, sans doute aussi à l'origine de son divorce.




 * Alibi.com

2017 FR / Philippe Lacheau / 1H30
Avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Julien Arruti, Nathalie Baye, Didier Bourdon ...

Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d'alibi. Avec Augustin son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients en goguette. Mais la rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de ses clients...

Le scénario de cette comédie n'est pas très original. Le film ne fait pas dans la finesse. Quelques images de testicules épilés font rire la salle un peu anesthésiée. Quand je pense que ces films sont subventionnés par mes impôts, je me dis qu'il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark.




*** Loving ( biopic)

2017 USA-UK / Jeff Nichols / 2H03
Avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas ...

Richard Loving  et Mildred s'aiment et décident de se marier. Mais il est blanc et elle est noire dans l'État de Virginie particulièrement ségrégationniste en 1958. Il sont obligés d'aller à Washington DC obtenir leur certificat de mariage. De retour en Virginie, la police s'acharne contre eux. Ils sont condamnés par le juge local à une peine de prison ,, avec suspension de la sentence à condition qu'ils quittent l'État. En 1963, c'est la marche pour les libertés à Washington et, le discours de Martin Luther King, l'espoir d'un changement avec Robert Kennedy nommé à la justice. Le cas des époux Loving intéresse les militants pour l'égalité raciale et leur association l'ACLU. Ils vont les défendre gratuitement devant les cours d'appel et jusqu'à la Cour Suprême Fédérale...

C'est un film intéressant. Dommage qu'il soit un peu long. Lisez le biopic du générique de fin. Le personnage de Richard Loving, maçon de son état, grand taiseux, est trop caricatural. L'actrice qui joue Mildred n'est pas assez black.
Ne ratez pas l'attendu du juge Bazile : "Dieu Tout-puissant créa les races blanche, noire, jaune et rouge,..."





** Raid dingue

2017 FR / Dany Boon  / 1H45
Avec Alice Pol, Dany Boon, Michel Blanc, François Levantal, Yvan Attal ...

Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d'un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d'elle une menace pour le grand public et ses collègues.
Assignée à des missions sans intérêt, elle s'entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d'élite du RAID.
Acceptée au centre de formation du RAID grâce à l'intervention discrète de son papa, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d'arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.
Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu'ils parviennent à travailler en binôme sans s'entre-tuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres...


Comme on le sait j'aime bien Dany Boon et les films déjantés. Assez classique dans sa première partie, celui ci se termine en apothéose dans le final au château de Vaux le Vicomte. On passe un bon moment.


**Moonlight

2017 USA / Barry Jenkins /1H51
Avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes (dans le rôle de Chiron aux trois âges) Naomie Harris, Mahershala Ali, Janelle Monáe…

Moonlight évoque le parcours, de l’enfance à l’âge adulte, d’un afroaméricain prénommé Chiron. Le scénario comporte trois parties : l’enfance  dans un quartier pauvre de Miami, l’adolescence, l’âge adulte dans la banlieue d’Atlanta. Il traite de beaucoup de questions sur différents sujets: la délinquance, les ghettos américains, la drogue, le rapport à la mère, la découverte de la sexualité, l'homophobie et le harcèlement ... mais aussi la soif de réalisation de l’individu…

 
Sans dire que j’ai été complètement conquis par le film, il faut féliciter les acteurs et en particulier les trois qui jouent l’enfant de 9 ans, l’adolescent de 16 à 20 ans et l’adulte au bon cœur monté en grade dans la hiérarchie des dealers. Un bon point aussi à la prise de vues et au montage. 




**** Le hérisson

2009 FR-Italie / Mona Achache / 1H40
Avec Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa ...

A Paris, une triple rencontre insolite dans un immeuble bourgeois: celle de Paloma Josse, petite fille de 11 ans, redoutablement intelligente et suicidaire, de Renée Michel, concierge parisienne bourrue et solitaire, et de l'énigmatique japonais Monsieur Kakuro Ozu nouveau copropriétaire.

N.B. Le scénario est adapté du roman de Muriel Barbery "L'élégance du hérisson"


Je l'ai vu à la maison la semaine dernière. Je suis étonné que mon magazine télé ne lui ait mis que deux étoiles.
C'est à la fois une satire de la bonne société bourgeoise et névrosée, un conte de fées moderne rempli d'allégories ( le bocal du poisson rouge sans mémoire et le "bocal" de l'immeuble), et une histoire d'amitiés naissantes.

Les trois acteurs principaux sont remarquables, en particulier Josianne Balasco transfigurée. Les interludes montrant les dessins de la fillette  à l'encre de Chine inspirés par divers événements dans l'immeuble apportent un plus certain au charme de ce film.

Et puis, essayez de vous souvenir des détails : des événements en apparence indépendants se rejoignent de façon inattendue (encore le poisson rouge)  et les hérissons finissent souvent écrasés au milieu des routes.


**  LA LA Land 

2017 US  / Damien Chazelle / 2H08
Avec Emma Stone, Ryan Gosling, John Legend...
Belle musique de Justin Hurwitz

Au cœur de Los Angeles, Mia, jeune actrice débutante, sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces deux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il à la vie trépidante d’Hollywood ?


Les critiques des spectateurs sont dithyrambiques. Personnellement, la partie comédie musicale m'a laissé froid.
J'ai davantage apprécié l'histoire de deux personnes qui se rencontrent, qui vont s'aimer et qui chacune de son coté a un rêve absolu et va garder espoir, malgré de nombreuses difficultés, afin de le réaliser.
Belles vues de Los Angeles et de Hollywood, "City of Stars", depuis la terrasse du Griffith Observatory. 

Les scènes finales montrent successivement la vie rêvée et la vie réelle. Surprenant et habile. Mais au total j'ai préféré "Whiplash" du même réalisateur.
 


*** Nocturnal animals

2017 USA / Tom Ford /1H57
Avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon ...

Susan Morrow, tient une luxueuse galerie spécialisée dans le junk-art à Los Angeles. Elle a l’impression d’avoir raté sa vie  et s’ennuie dans l’opulence de son existence, délaissée par Hutton son riche et séduisant mari. Alors que ce dernier s’absente, encore une fois, "en voyage d’affaires", Susan reçoit un colis inattendu : un manuscrit signé de son ex-mari Edward Sheffield dont elle est sans nouvelles depuis des années. Une note l’accompagne, enjoignant la jeune femme à le lire puis à le contacter lors de son passage en ville. Seule dans sa maison vide, elle entame la lecture de l'œuvre qui lui est dédicacée.
Dans ce récit aussi violent que bouleversant, Edwards se met en scène dans le rôle de Tony Hastings, un père de famille aux prises avec un gang de voleurs de voiture ultra violents, mené par l’imprévisible Ray Marcus.
Après lui avoir fait quitter la route, le gang l’abandonne impuissant sur le bas-côté, prenant sa famille en otage. Ce n’est qu’à l’aube qu’il parvient au commissariat le plus proche, où il est pris en charge par le taciturne officier Bobby Andes . Un lien fort va se créer entre les deux hommes, et lier leurs destins dans la poursuite des suspects, coupables de viol et d'assassinat.
Susan, émue par la plume de son ex-mari, ne peut s’empêcher de se remémorer les moments les plus intimes qu’ils ont partagés, mais aussi les griefs qui l'avaient conduite à demander le divorce.


Le générique montre des femmes obèses ( espérons pour les figurantes que les images ont été retouchées numériquement) dansant nues au ralenti. On se demande si on ne s'est pas trompé de film et si ça ne va pas tomber dans le porno.
La suite est l'entrelacement de deux histoires dans lesquelles on se perd un peu : la première montre les états d'âme d'une quadragénaire mal dans sa peau, la seconde (celle du roman) est un thriller angoissant.

Tout y passe, les relations mère-fille, la lâcheté des hommes, le sentiment de culpabilité, le désir de vengeance...

La scène finale  reste ambiguë, réelle ou rêvée ? A chacun de décider.


*** Il a déjà tes yeux

2017 FR / Lucien Jean-Baptiste /1H35
Avec Aïssa Maïga, Lucien Jean-Baptiste, Zabou Breitman, Vincent Elbaz... et le bébé !

Paul Aloka est antillais; il tient une boutique de fleuriste, son épouse Salimata est d'origine sénégalaise. Ils s'adorent mais savent que Sali est stérile.. Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier de demande d'adoption est approuvé. Le bébé est adorable, il a 4 mois et s'appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc. Eux… sont noirs !


C'est un film sympathique, plein de tendresse. Mais aussi, en contrepoint, tous les préjugés sur les différences raciales vues des deux cotés. Le tout traité sur le mode comédie avec quelques répliques savoureuses. On passe un très bon moment.



** Un sac de billes

2017 FR / Christian Duguay / 1H50
Avec Dorian Le Clech, Batyste Fleurial, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein ...


"Un Sac de Billes" est tiré et adapté du best seller de Joseph Joffo paru en 1973, lui-même témoignage de son histoire vraie. Roman tient une boutique de coiffeur près de la place des Abbesses. Son épouse Anna a abandonné une carrière de violoniste pour élever leurs sept enfants. Les lois anti juifs sont promulguées et Ronan décide de replier sa famille à Nice. Par sécurité ils se diviseront en trois groupes.
Les deux plus jeunes fils, Maurice et Joseph, livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de se retrouver en famille à nouveau...



En dépit de la critique très laudative, je n'ai pas été entièrement conquis parce que c'est un Nième film sur ce thème. Les enfants jouent très bien, et Patrick Bruel avec ses petites lunettes rondes fait un papa aimant mais lucide.


** DALIDA 
(biopic)

2017 FR/ Lisa Azuelos /2H04
Avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, ...
 Nicolas Duvauchelle, Alessandro Borghi, Niels Schneider, Brenno Placido ...

Le film Dalida est le portrait d’une femme absolue, complexe, sensible et grande amoureuse.  Une vedette qui sous la houlette de son frère Bruno (nom de scène Orlando) a su évoluer avec les goûts de son public, de la chanson populaire au disco en passant par le twist. Avec un répertoire d'environ 2 000 chansons interprétées en de nombreuses langues, la star détient le record de vente des disques de son vivant.
C'est aussi le portrait d'une époque avec Bruno Coquatrix et l'Olympia, Eddie Barclay jeune producteur de disques microsillons, Lucien Morisse patron de la jeune radio Europe n°1 ...
La vie sentimentale de Dalida est jalonnée de coups de foudre et de ruptures, mais aussi de drames personnels et de suicides.
Elle même mettra fin à ses jours le 3 mai 1987 à l'âge de 54 ans.


Ce biopic fait suite à plusieurs téléfilms. Sans être génial, il se laisse voir et surtout écouter pour les nombreuses chansons en play-back. 
La performance de l'actrice Sveva Alviti  est remarquable.



** La mécanique de l'ombre
 2017 FR-Bel / Thomas Kruithof /1H33
Avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila ...

Gratte-papier modèle, Duval est toujours au chômage, deux ans après un « burn-out ». Membre des Alcooliques Anonymes, il fait la rencontre de Sara, une femme fragile à laquelle il s’attache. Pour se reconstruire, ils doivent tous les deux trouver du travail.
Duval est contacté par un homme d’affaire énigmatique et se voit proposer un emploi simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte les conditions étranges qu'on lui impose. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets...



Dans le genre film de barbouzes, c'est assez classique. L'intérêt est renouvelé par le personnage de Duval, interprété par François Cluzet, un employé solitaire, taiseux, et obéissant mais jusqu’à un certain point.
Ne manquez pas de bien regarder une des dernières scènes dans le stade entre les trois protagonistes principaux et leurs porte-flingues. 

Vous y trouverez la clé qui justifie la scène finale à l'hôpital.


*** Fais de beaux rêves  (Fai Bei Sogni)

2016 IT-FR / Marco Bellocchio /2H10
Avec Guido Caprino, Barbara Ronchi, Nicolo Cabras, Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Emmanuelle Devos ...

Les blessures de l'enfance demeurent toute la vie. Le film jongle comme dans les rêves entre trois époques de l'existence de son héros, Massimo YYY.
Turin en 1969, Massimo a neuf ans. Sa maman s'occupe de lui quand il rentre de l'école, après les devoirs ils jouent et regardent la télévision en attendant que le père, journaliste sportif, rentre de son travail. A table, le jeune Massimo tient gentiment tête à son père. Mais le jour de Noël, la mère meurt subitement après avoir embrassé son fils endormi.
Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale, en dépit des explications du père, qui dit l'avoir trouvée morte dans le couloir, d'un infarctus foudroyant. Il se rebelle, tient tête au monde adulte avec une certaine maturité.
Le père engage une gouvernante pour tenir la maison, et confie à une tante le soin de veiller sur l'éducation de Massimo.  A l'adolescence, celui ci se retrouve avec un copain très différent de lui.

Massimo fait une école de journalisme et entre à La Stampa. Il se fait remarquer par la qualité de ses articles, le voilà à 30 ans correspondant de guerre. Au retour d'une mission, il se sent très fatigué et croit qu'il va mourir d'un infarctus comme sa mère. Il a peur. Son destin va basculer grâce à une jeune femme médecin qui lui diagnostique une crise d'angoisse psychosomatique. Ils deviennent amis et peut être amants. Mais chacun a son métier qui l'amène à voyager.

Après la mort de son père, Massimo qui a maintenant 43 ans, veut mettre en vente l'appartement familial et prépare des cartons de déménagement. Submergé par les souvenirs de son enfance, il refait une crise d'angoisse et appelle sa tante au secours. Il reparlent des circonstances de la mort de sa mère...


C'est un beau film, dans la tradition du grand cinéma italien. Beaucoup de flashbacks et autres procédés de cinéma. La morale de l'histoire : d'une façon ou d'une autre on ne peut pas faire table rase de son passé, mais il arrive un moment où il faut un effort personnel pour se construire en cherchant la vérité de notre humanité; et cet effort est facilité si nous pouvons nous appuyer sur un autre humain, conjoint ou maître spirituel vivant ou déifié.

N.B. le scénario est inspiré du livre autobiographique "Fais de beaux rêves, mon enfant" de Massimo Gramellini

dimanche 25 décembre 2016

2016

*** The Grand Budapest Hotel 

2014 UK-RFA / Wes Anderson /1H40
Avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham...

Le film retrace les aventures de Gustave H, concierge en chef d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, œuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation...


J'adore les films déjantés. Celui là est irrésistible dans le genre. Je l'ai revu à la télé.
Monsieur Gustave, homme aux clés d’or le jour, danseur mondain le soir, et gigolo la nuit, est impayable. Son lobby-boy Zéro, au profil de fouine est attachant. Plusieurs histoires s'emmêlent : dans les années 30, le luxueux et compassé hôtel Budapest, une Europe Centrale d’opérette, l'avancée et le recul des troupes en zone de guerre, la question du testament et de l'héritage de la propriétaire de l'hôtel, la course poursuite dans la neige,  l'amicale des anciens de la clé d'or, le tueur professionnel, la fusillade dans les étages de l'hôtel ... autant de clins d'œils à des scènes cultes de films d'anthologie...
Le moins amusant, c'est le récit fait par Zéro devenu adulte puis vieillard... Nobody's perfect
Bravo aux scénaristes Owen Wilson, Noah Baumbach, Roman Coppola, et au peintre Hugo Guinness.

 



**** Cigarettes et chocolat chaud  

2016 FR / Sophie Reine / 1H38
Avec Gustave Kervern, Camille Cottin, Héloïse Dugas, Fanie Zanini...

Denis Patar, veuf, est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janine 13 ans et Mercredi 9 ans. Pour assumer le quotidien, Denis a deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir, il oublie une fois de trop, d'aller chercher sa fille à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale est désignée pour passer le fonctionnement de la famille Patar à la loupe. Elle oblige Denis à suivre un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…


C'est un film tendre. Avec une atmosphère quasi déjantée, mais pas tant que ça, et le contraste entre l'univers post soixante-huitard de la famille Patar et la "normalité" imposée par la société actuelle pour l'éducation des enfants.

Bravo à la réalisatrice et scénariste  Sophie Reine qui s'était déjà illustrée dans le montage de plusieurs films délicieux. C'est beaucoup mieux que la série télévisée "parents mode d'emploi" qui boxe dans le même registre.
Merci aussi à la co-scénariste Gladys Marciano.Merci aux acteurs qui sont super, avec une mention spéciale pour la jeune Héloïse Dugas qui incarne une fillette atteinte du syndrome de Gilles de La Tourette. 

À voir absolument.
 


** Manchester by the sea

2016 USA / Kenneth Lonergan / 2H18
Avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges ...

Au nord de Boston dans le Massachusetts, une famille de la classe ouvrière, les Chandler. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee, qui est homme à tout faire dans la banlieue de Boston, est désigné comme tuteur de son neveu Patrick . Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.

La critique était partagée. Les acteurs ont obtenu des nominations aux Golden Globes. Je l'ai vu avec des amis et nous avons trouvé que c'est un film raté, on ne ressent aucune émotion. Dommage, car le scénario qui traite de la tristesse, du deuil, des difficultés de la communication, mais aussi de l'énergie de la jeunesse, aurait pu faire un grand film.




*** Baccalauréat

2016 Roumain-FR-BEL/ Cristian Mungiu /2H 08
 Avec Adrian Titieni, Maria Drăguș, Lia Bugnar, Mălina Manovici…

Romeo, médecin dans une petite ville de Roumanie, cohabite avec sa femme Magda. Ils ont élevé leur fille, Eliza, dans les principes  d’honnêteté et de droiture mais veulent pour elle un avenir meilleur que celui qu’elle pourrait avoir en Roumanie. Ils ont tout mis en œuvre pour qu’elle soit acceptée dans une université anglaise. Il ne reste plus à la jeune fille, très bonne élève, qu’une formalité qui ne devrait pas poser de problème : obtenir son baccalauréat avec une moyenne supérieure à 18. Mais Eliza se fait agresser sexuellement à la veille de l’examen. Choquée et le poignet plâtré, l’obtention du précieux Sésame n’est plus assurée. Romeo va se battre par tous les moyens pour qu’elle obtienne la note fatidique et en même temps veut retrouver l’agresseur et le punir . Magda en reste aux idéaux qui les avaient fait revenir en Roumanie après leurs études.

C’est un grand film, tant cinématographiquement que sur le plan de l’argument. Cristian Mungiu définit son film comme "une histoire sur les compromis et les principes, sur les décisions et les choix, sur l’individualisme et la solidarité mais aussi sur l’éducation, la famille et sur le vieillissement". Il poursuit : "C’est l’histoire d’un parent qui se demande ce qui est le mieux pour son enfant, si son enfant devrait être préparé à devenir un survivant dans le monde réel ou s’il devrait se battre pour être toujours honnête et changer le monde autant qu’il le peut."  
Les scènes de trafic d’influence sont traitées avec une extraordinaire cocasserie.

** Mademoiselle

2016 COREE SUD / Park Chan-Wook / 2H25
Avec Kim Min-Hee, Kim Tae-Ri, Ha Jung-Woo …

Dans les années 30, en Corée pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une jeune et riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe de son tuteur le tyrannique Oncle Kouzuki qui collectionne des œuvres de littérature pornographique dans une majestueuse demeure mélangeant les styles anglais et japonais.
Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko et comptent détourner toute sa fortune …


Je me suis laissé entraîner par des amis qui voulaient voir ce film. 

Que dire ? C’est en quelque sorte une triple « Histoire D’O »   Sapho-Sado-Maso. Mais il y a de l’invention dans le coté thriller et le coté manipulation/domination mentale. En revanche, je n’ai pas trouvé sublime l’histoire d’amour saphique.



 *** SULLY

2016 USA / Clint Eastwood / 1H36
Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney ...

Le 15 janvier 2009, les télévisions du monde entier ont diffusé le "miracle sur l'Hudson" accompli par le commandant "Sully" Sullenberger aux commandes d'un Airbus A320 en panne moteurs suite à un impact avec des oiseaux. Il réussit à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers et membres d'équipage. Alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour cet exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation, sa carrière et de le mettre au chômage.

Le film est construit comme un documentaire. Le scènes de l'audition publique devant la commission du National Transportation Safety Board sont passionnantes. L'homme contre la machine. Après le retournement des conclusions de la commission en faveur de la défense de Sully, la conclusion " Je ne suis pas un héros, nous avons tous fait notre job, non seulement l'équipage mais la brigade fluviale, les secouristes en hélicoptère etc " résume la moralité du personnage et du film.
 Bref, c'est un excellent biopic que je vous recommande de ne pas rater.





*** LA FILLE DE BREST  (biopic) 

2016 FR / Emmanuelle Bercot / 2H08
Avec Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel, Charlotte Laemmel ...

Dans son hôpital de Brest, le docteur Irène Frachon pneumologue découvre en 2007 un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament, le Mediator, commercialisé depuis 30 ans par les laboratoires SERVIER comme anorexigène dans le traitement de certains diabètes (coupe-faim). Avec l'aide d'un collègue chercheur en cardiologie, elle va se battre pendant plus de dix ans pour faire retirer ce produit du marché. Elle s'appuie aussi sur le fait qu'une molécule analogue l'Isoméride a été retirée du marché américain puis français en 1997 pour cause d'effets secondaires graves (valvulopathies cardiaques et hypertension artérielle pulmonaire).
SERVIER s'abrite derrière les autorisations obtenues de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, derrière des avis d'experts qui démolissent la méthodologie, des études scientifiques confiées à des organismes de recherches réputés indépendants...
En juin 2010, Irène Frachon publie un livre, Mediator 150 mg Combien de morts ? Servier obtient en référé le retrait du sous-titre.
Irène Frachon continue de se battre pour que les victimes ou leurs ayant-droits soient indemnisées...


Ce film mérite d'être vu. Dommage qu'il soit un peu long. La scène de l'autopsie de la femme diabétique obèse est inutilement choquante. La répétition des baignades dans l'océan sans intérêt. Ceci dit, la Danoise Sidse Babette Knudsen crève l'écran et efface les autres acteurs.



** Le petit locataire

2016 FR / Nadège Loiseau / 1H39
Avec Karin Viard, Philippe Rebbot, Hélène Vincent...

Une famille biscornue dans la région d'Annecy. Nicole 49 ans est guichetière à un péage d'autoroute, son mari Jean-Pierre ancien espoir de la gymnastique française est au chômage et ne fait aucun effort pour en sortir. Ils gardent chez eux la mère de Nicole en chaise à roulette.
Très jeune, Nicole a eu un premier enfant
Vincent qui est maintenant cuistot dans la Marine Nationale , puis une fille âgée maintenant de 23 ans, fille-mère d'une impertinente petite Zoé.  Contre toute attente, Nicole est enceinte pour la troisième fois. Catastrophe ou bonne nouvelle ? Toute la famille est sens dessus dessous. C'est peu de le dire car ils étaient tous déjà assez sous pression.

C'est un film déjanté avec quelques trouvailles et des dialogues savoureux    ( il y a 3 co-scénaristes dont Mazarine Pingeot). Variété des émotions, des rêves et des fantasmes, beaucoup de fraîcheur. Karine Viard est excellente. J'ai moins aimé Philippe Rebbot qui fait beaucoup dans le paroxysme. Si vous avez des problèmes de famille recomposée, allez voir ce film pour vous chasser le blues.



*** Tu ne tueras point  (Hacksaw Ridge) 
 2016 USA/ Mel Gibson /2H11
Avec Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer…

Desmond et Tom Doss deux adolescents s’ébattent dans la campagne de Virginie. Les deux frères ont été élevé dans la foi chrétienne et ses principes moraux des Adventistes du septième jour. Leur père a connu les horreurs de la Première Guerre mondiale en France, et noie ce traumatisme dans l’alcool et la violence conjugale ...

Quand les USA s’engagent dans la Seconde Guerre mondiale, Tom s’engage pour servir son pays. Desmond est refusé parce qu’il n’a pas encore 18 ans. Desmond s’engagera tout de même dans l’infanterie et finira par être accepté comme infirmier. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie… En 1945, lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sûreté, un à un, 75 soldats blessés.


J’ai aimé ce film, même si les scènes de combat, atrocement réalistes et insupportables, n’en finissent pas.
C’est le message constant du réalisateur sur  l'absurdité de la guerre. Les soldats tuent, se font tuer et pourrissent sur place, dévorés par les rats.
Surtout, comme cela est rappelé dans le générique de fin, le film nous narre une histoire vraie : Desmond Doss (1919 – 2006) classé objecteur de conscience a reçu avec d’autres de nombreuses décorations pour ses actes de bravoure.





****Cheval de guerre

2012 USA/ Steven Spielberg / 2H27
Avec Jeremy Irvine, Emily Watson, Peter Mullan …

Dans une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, "Cheval de guerre" raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune paysan Anglais, Albert, et Joey le cheval qu’il a dressé. Le film conte l’extraordinaire périple du cheval séparé de son maître aux premières heures du conflit,  alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver.
Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…


J’ai vu ce film à la télévision. C’est vraiment magnifique en dépit de la durée excessive pour mon goût. Belles vues de la campagne anglaise, puis des horreurs de la guerre de tranchées.
Si vous avez l’occasion de vous procurer le DVD, n’hésitez pas.



***** Moi, Daniel Blake

2016 UK-FR-BE /Ken Loach / 1H39
Avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan McKiernan, Briana Shann ...

Un menuisier anglais de Newcastle, Daniel Blake, 59 ans, proche de la retraite, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation de s'inscrire en recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au  job center ( l'équivalent de pôle emploi) », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des règles administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…
Le film passe en revue toutes sorte de personnages de la société contemporaine : des jeunes qui vendent à la sauvette des chaussures running haut de gamme achetées en Chine sur internet, des enfants devenus hyperactifs pour être écoutés, des camarades d'école qui se livrent à l'ostracisme, des employés sermonnés par leur hiérarchie pour avoir passé trop de minutes à aider des clients, des vigiles corrompus qui rabattent des mères seules  vers la prostitution...


Un grand film; la palme d'or est largement méritée. Les acteurs sont super.
La morale de l'histoire : face à un système de protection sociale qui se durcit pour cacher son incapacité à absorber l'afflux des demandeurs, il existe une autre voie: la générosité et le partage.

C'est valable pour la France aussi, allez voir ce film sans faute.



*** MA VIE DE COURGETTE ( animation )

2016 FR-CH / Claude Barras / 1H06
Avec Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud ...

Icare est un petit garçon de neuf ans qui préfère qu'on l'appelle Courgette, parce que sa maman l'appelait comme ça. Sa mère meurt accidentellement et il se retrouve conduit par un policier sympathique dans un foyer pour enfants. Il va devoir s'adapter à sa nouvelle vie avec Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice. Et puis arrive une nouvelle petite fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, découvrir les choses de la vie et apprendre à être heureux ...

Ce film d'animation est réalisé en "stop motion" d'objets divers et de marionnettes en bois et plastiline. Bravo à Claude Barras pour les visages des petits personnages, ça nous change agréablement des personnages à la PIXAR. Bravo à Céline Sciamma qui a écrit le scénario.

J'ai lu quelque part que les contes ne sont pas de simples divertissements pour les enfants et qu’ils ont un rôle important dans leur structuration psychique, leur permettant de mieux accepter ce que la vie peut nous réserver  de cruel.



 


 **** MAL DE PIERRES

2016 FR Belge / Nicole Garcia /1H56
Avec Marion Cotillard, Louis Garrel, Alex Brendemühl ...

Gabrielle a grandi dans une grosse exploitation agricole. Elle rêve d’une passion absolue. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle ou pour le moins hystérique. Ses parents la marient de force à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme normale. José aime respectueusement Gabrielle qui au contraire se refuse.
Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure...


J'ai vu ce film avec un couple d'amis. Personnellement, j'ai bien aimé sauf la longueur de ce que la critique appelle des "corps à corps sublimes". Mon amie a trouvé trop long surtout la première partie et nous avons du expliquer la fin du scénario à son époux!
Alex Brendemühl, qui joue le mari José, force l’admiration, on souffre de voir Gabrielle si insensible à cet homme. J'ai beaucoup aimé le final où elle prend conscience de ce qu'elle avait fantasmé et que le bonheur est possible si on ouvre les yeux sur ce qu'on a au lieu de se nourrir de rêves.



 ** L'ODYSSEE  (biopic)

2016 FR / Jérôme Salle/ 2H02
Avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou ....

1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier...

On découvre que le Commandant Jacques-Yves Cousteau était un hyperactif qui a toujours cherché à aller au bout de ses rêves, et aussi un charmeur vis à vis de ses commanditaires aussi bien que des dames dont il était la coqueluche. Son fils Philippe l'a converti à l'écologie, mais s'est tué dans un accident d'hydravion.
Autant lire la biographie de la famille Cousteau sur Wikipedia . Les prises de vue sous marines font maintenant un effet de déjà vu.




*** UNE VIE ENTRE DEUX OCEANS (The light between oceans)

2016 USA-UK-NZ / Derek Cianfrance /2H13
Avec Michael Fassbender, Alicia Vikander, Rachel Weisz ...

Quelques années après la Première Guerre mondiale en Australie. Tom Sherbourne, ancien combattant encore traumatisé par le conflit, prend le poste de gardien du phare sur la petite île inhabitée de Janus Rock où il vit en reclus. Il retrouvera goût à la vie en épousant Isabel, la fille d'un notable de la petite ville de Partageuse qui accepte de vivre sur Janus.
Mais leur bonheur ne dure pas : Isabel perd successivement deux nouveaux nés ... Un jour, un canot s’échoue sur le rivage avec à son bord le cadavre d’un homme et un bébé bien vivant. Est-ce l'occasion pour Tom et Isabel de fonder enfin une famille ?


Après "The Place Beyond The Pines", Derek Cianfrance réalise une histoire d’amour pleine de drames. "Une Vie entre deux Océans" est l’adaptation du premier roman de l’Australienne M.L. Stedman. Le film évoque le désir de solitude et de silence, le désir d'avoir des enfants, le sens du devoir et de la parole donnée, le pardon ...
Mais aussi, vu avec les yeux des jeunes enfants, l'amour pour les parents nourriciers, amour qui restera toute leur vie d'adultes.

Dommage que ce film dure 2H13, on pouvait raconter la même histoire en plus concis et mériter une quatrième étoile.




 * LE CIEL ATTENDRA

 2016 FR / Marie-Castille Mention-Schaar / 1H44
Avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Clotilde Courau, Dounia Bouzar...

A travers l’histoire de deux filles ordinaires, Sonia, 17 ans qui veut sauver  sa famille, et Mélanie, 16 ans qui joue du violoncelle et veut changer le monde, le film plonge au cœur du processus de radicalisation. Sonia tombe amoureuse d'un "prince" rencontré sur Internet. Elles correspondent sur la toile avec d'autres "soeurs" en France.
Les parents désemparés s’en remettent à des groupes de paroles, comme celui qu’anime Dounia Bouzar qui joue son propre rôle.


Le sujet est d'une grande actualité, ce qui aurait du faire un film extraordinaire. Malheureusement c'est un film rasoir.
Les seuls passages intéressants sont ceux où Dounia Bouzar explique le processus d'endoctrinement et ce qu'il advient des candidates qui réussissent à passer en Syrie.  



 ****  LE PAPE FRANCOIS (biopic) 

2016 ARGENTINE- SP/ Beda Docampo Feijóo & Eduardo Giana /1H 44
Avec Dario Grandinetti, Silvia Abascal, Laura Novoa...

Ana, jeune journaliste espagnole, est envoyée au Vatican pour couvrir le conclave de 2005. Elle fait alors la connaissance du Cardinal Jorge Mario Bergoglio, évêque de Buenos Aires, méconnu du grand public et outsider de l’élection. Se liant d’amitié, elle apprend à mieux connaître la vie d’un homme atypique qui a voué sa vie aux luttes contre la dictature, la pauvreté, la drogue, l’esclavagisme moderne... Elle découvre petit à petit le parcours incroyable, depuis son enfance jusqu’à son élection de 2013, de celui qu’on appelle désormais le Pape François mais qui reste Padre Jorge pour ses amis.

Le scénario est inspiré d'un livre écrit par la journaliste Elisabetta Piqué " Francisco, vida et revolucion". Ce sont ses rencontres avec Jorge Bergoglio, futur pape François, qui ponctuent le film tout entier et introduisent à quelques moments forts de sa vie.

Des tranches de la vie ordinaire de Jorge Bergoglio  à diverses époques. Quelques souvenirs d'enfance et de jeunesse, notamment sa relation avec ses amis garçons et filles, rendent le personnage sympathique.

On le voit, devenu prêtre puis évêque, se soucier des pauvres et aller à leur rencontre même quand cela risque de déplaire à certains. Bien avant d'être pape, Jorge Bergoglio se souciait davantage de dispenser de la miséricorde plutôt que d'appliquer sans discernement les lois de l'Eglise. On le voit défendre des Jésuites menacés pendant la dictature.


Nul besoin d'être dévot ni mystique pour s'intéresser à cette narration et y trouver de l'intérêt. Allez  voir ce film, vous ne serez pas déçu.



 **** Les Pépites (Documentaire)

2016 FR / Xavier de Lauzanne / 1H20
Avec les protagonistes réels ...

Aujourd'hui, des Cambodgiens de 25 ans finissent leurs études ou commencent à travailler. Tous, lorsqu’ils étaient enfants, devaient fouiller, pour survivre, dans la décharge à ciel ouvert de Phnom-Penh. C’est là que les Des Pallières, un couple de Français, les ont  rencontrés, il y a plus de vingt ans. Ils décident alors de se battre pour sortir ces enfants de leur cloaque. Ils commencent petitement avec une dizaine d'enfants quasiment achetés à leurs parents et nourris dans une paillote en lisière de la décharge. Puis ils fondent l'association française PSE-Pour un Sourire d'Enfant et la font croître peu à peu grâce à des entreprises françaises qui financent, puis à des campagnes de levée de fonds dans la population française. A ce jour, ils ont permis à près de 10.000 enfants d’accéder à l’éducation générale puis à l'éducation professionnelle.

C'est un excellent film très émouvant. On commence par évoquer la famille avec son rêve d'aventures et le voyage à Katmandou en camping-car avec leurs quatre enfants. La suite à Phnom-Penh entrecoupe les témoignages individuels et les scènes où les plus jeunes cherchent les câlins de leur Papy et Mamy français ...
Christian qui vient de décéder explique sa méthode...

N'hésitez pas à parler de ce beau film! A voir absolument
P.S. Vous pouvez aussi soutenir l'association PSE-Pour un Sourire d'Enfant



 *** LE FILS DE JEAN 

2016 FR-CAN/ Philippe Lioret / 1H38
Avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan ...

A trente-trois ans, Mathieu ne sait pas qui est son père. Un matin, un appel téléphonique lui apprend que celui-ci était canadien et qu'il vient de mourir. Découvrant aussi qu’il a deux frères, Mathieu décide d'aller à l'enterrement pour les rencontrer. A Montréal, il est accueilli par Pierre l'ami de son père qui avait téléphoné. Pendant les deux jours qui précèdent la cérémonie, il va découvrir peu à peu cette famille les deux frères Ben et Sam qui manifestement ignore son existence, et en apprendre plus sur sa filiation …

"Le Fils de Jean" est un film intimiste comme je les aime.
La complexité de la situation familiale nous est révélée par petites touches au fil des disputes entre Ben et Sam et des non-dits de leurs épouses.
Le retournement de situation final entre Pierre et Matthieu est amené avec beaucoup de finesse.




* JUSTE LA FIN DU MONDE 
2016 FR-CAN/ Xavier Dolan /1H35
Avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel...

Après douze ans d’absence, Louis, un écrivain retourne dans son village natal avec dans l'idée d'annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial : la mère, le frère aîné Antoine et la sœur Suzanne. Des personnages torturés et mal dans leur peau. On s'aime mais les éternelles querelles ressortent bien vite ...Antoine va repartir sans avoir pu délivrer son message.

 
Nous sommes allés voir ce film parce que nous avions aimé le film précédent "Mommy".  Plutôt déçus car ici tout se mélange : hésitations, incommunicabilité, excuses en tous genre, violence verbale, hystérie, le tout avec beaucoup d'incohérence, d'illogisme, sans qu'aucune situation ne semble vraiment liée à ce qui vient juste de se passer... Vincent Cassel qui joue Antoine est trop paroxystique.


 

** RADIN !
2016 FR / Fred Cavayé /1H29
Avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt ...

François Gautier, violoniste de concert, est un radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux d'une violoncelliste et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…

La critique des spectateurs est assez partagée. Les personnages sont caricaturaux. Dany Boon en fait des tonnes. Quelques répliques savoureuses arrachent le rire dans la salle.


 * VICTORIA 
2016 FR/ Justine Triet / 1H 36
Avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud , Laurent Poitrenaux…

Victoria Spick est une brillante avocate pénaliste, mère de deux petites filles, divorcée de leur père David.
En quasi burn-out, elle débarque à un mariage où elle retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire.
Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime.
Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu'elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria…
Quand à David, il ambitionne de devenir auteur de romans et commence par s’inscrire à un cours de blog collectif . Il confectionne une fiction basée sur la carrière de son ex femme Victoria.


Tous ces personnages névrosés de leur nombril ( et un peu plus bas) courent de psychanalystes en masseurs et acupuncteurs .
Les couples se font et se défont, puis se refont et se redéfont…
Je suis dépassé par la modernité de cette société là.

Il y a malgré tout quelques scènes amusantes, par exemple quand on cite le chien et le chimpanzé comme témoins.



*** FRANTZ 
2016 FR-RFA /   François Ozon    /1H 54
Avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner …

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.
Anna va fleurir une tombe vide car Frantz repose dans une fosse commune en France . Elle découvre un mystérieux visiteur, un Français, Adrien Rivoire venu pour s'acquitter d'une mission douloureuse, sur laquelle plane longtemps beaucoup d'équivoque...

 
Une très belle histoire de réconciliation entre Français et Allemands, encore sous le choc de la grande boucherie de 14-18. Adrien va aussi retrouver les parents de Franz qui n'arrivent pas à se résoudre à la disparition de leur fils. Mais Adrien cache quelque chose, et l'attirance qu'éprouve Anna pour le Français va rendre les choses encore plus difficiles…


C'est un beau film à voir



*** COURT en instance
2016 Inde / Chaitanya Tamhane /  1H56
Avec Vira Sathidar, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni

Le corps d’un ouvrier employé de la ville est retrouvé dans une bouche d’égout à Bombay. Narayan Kamble, chanteur folk et contestataire, est alors arrêté en plein concert, accusé d'avoir incité l’homme au suicide par l’une de ses chansons politiques et incendiaires. Un procès se met en place et s'enlise, de plus en plus labyrinthique et absurde. La cour de justice devient la caisse de résonance des tiraillements et des archaïsmes de l'Inde contemporaine...

Ce film est traité un peu comme un documentaire. Toutes les contradictions de l'Inde état de droit, mais aussi pays de contraste entre tradition et modernité, entre riches et pauvres. L'art de faire traîner les procès en longueur, l'acharnement de la police et ses méthodes illégales,  la toute puissance des juges, l'iniquité de la partie civile... mais aussi la pauvreté des justiciables, la diversité des langues et des croyances...
Combien de temps les nouvelles générations pourront-elles encore supporter ce système ? C'est sûrement transposable à la vieille Europe.
Au total un film qui mérite le déplacement.

 *** Julieta 
2016 USA/ Pedro Almodovar / 1H39
Avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao...

Julieta (Emma Suárez ) vit à Madrid où elle est professeur suppléant de littérature grecque classique. Elle rencontre son futur mari Xoan dans un train qui écrase un passager suicidaire. Xoan habite en Galice et fait la pêche en mer. Autour de lui une gouvernante revêche Marian et une amie d'enfance sculptrice Ava. Julieta épouse Xoan et  accouche d'une petite fille Antia. Episode avec les parents de Julieta, sa mère meurt et son père se remet avec la garde-malade marocaine.
Antia grandit et se lie en colonie de vacances avec une autre petite fille Béa dont les parents habitent Madrid.
Par suite de circonstances confuses, Xoan est pris dans une tempête et meurt. La mère et la fille se retrouvent dans un huis clos plein de non-dits. Le jour de ses 16 ans Antia quitte sa mère et  la laissera presque sans nouvelles pendant plus de dix ans...
Julieta va essayer de retrouver sa trace en vain. Elle rédige un livre de souvenirs en espérant que sa fille le lira un jour...


C'est un scénario foisonnant de personnages. Une tragédie qui tourne autour de l’amour, de la filiation, du deuil, de la culpabilité...Les cinéphiles bon teint y trouveront des clins d'œil à d'autres films classiques.
Les non-dits se révèlent peu à peu. On a coutume de dire que l'Histoire ne se répète pas, mais ici les destins  finiront par se ressembler sur bien des points.

P.S. Le scénario est adapté de trois nouvelles de la canadienne Alice Munro (prix Nobel de Littérature 2013).
Dans les flashbacks qui nous racontent le livre de souvenirs, le rôle de Julieta est tenu par une autre actrice (Adriana Ugarte).



*** L'homme irrationnel
2015 USA /Woody Allen/ 1H30
Avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey...

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Il a le sentiment que tout ce qu’il a entrepris - militantisme politique ou enseignement - n’a servi à rien. Ses cours à l’université d’une petite ville des USA sont quelque peu désabusés :  le bien et le mal, l'immoralité et la morale, le légitime et l'illégitimité, la réflexion et l'action...
Peu de temps après son arrivée, Abe entame deux liaisons. D’abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. Si Jill est amoureuse de son petit copain Roy, elle trouve irrésistibles le tempérament torturé et fantasque d’Abe, comme son passé exotique. Et tandis que les troubles psychologiques de ce dernier s’intensifient, Jill est de plus en plus fascinée par lui. Mais quand elle commence à lui témoigner ses sentiments, il la rejette. C’est alors que par hasard Abe et Jill entendent une conversation portant sur les agissements inhumains d'un juge. Après avoir pris la décision de commettre un crime parfait au nom de la Justice, Abe retrouve sa joie de vivre. Mais ce choix déclenche une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais...


Il paraît que c'est bien mieux que "Café Société", je l'ai donc visionné en streaming pour 3,99 €. C'est un polar psychologique bien fait, mais on n'est plus surpris par les rebondissements assez prévisibles. Le record d'accumulation de scènes est battu avec une durée totale de seulement 1H30.



** Café Society
 2016 USA/ Woody Allen /1H36
Avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively...

Dans les années 30 à New York, Bobby Dorfman a peine sorti du collège veut prendre ses distances avec sa famille de juifs non pratiquants.  Les parents tiennent une bijouterie avec leur fille cadette. Le fils aîné est gangster, le gendre comptable. Mais le héros de la famille, c'est Phil, un frère de la mère qui est agent de stars à Hollywood. Bobby  part vers Los Angeles où son oncle Phil lui donne un petit boulot de coursier et le présente à ses nombreuses connaissances. Bobby tombe amoureux de la secrétaire de son oncle. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié...

C'est un divertissement assez bien fait du genre marivaudage, romance  entre les deux mon cœur balance... On y voit aussi, par petites touches, le portrait de nombreuses couches de la société de l'époque. En filigrane des considérations sur le mariage, la fidélité conjugale, la vie après la mort, le rêve et la réalité...
Tout cela en à peine plus de une heure trente. Un record !!!



 ** Le bois dont les rêves sont faits (documentaire)

2016 FR / Claire Simon / 2H26
Avec acteurs inconnus (liste en générique de fin)

Il y a des jours où on n’en peut plus de la ville, où nos yeux ne supportent plus de ne voir que des immeubles et nos oreilles de n’entendre que des moteurs... Alors on se souvient de la Nature, et on pense au Bois. On passe du trottoir au sentier et nous y voilà ! La rumeur de la ville s’éloigne, on est dans une prairie très loin. C’est la campagne, la forêt, l’enfance qui revient. Le paradis retrouvé ?

La critique est très partagée. Personnellement, j'ai trouvé plutôt bien fait ce parti pris de filmer des personnages du quotidien. Sélectionnés probablement pour leur coté typique : un amateur de jeunes éphèbes, deux prostituées qui font garder leurs enfants par les grands parents, un ancien militaire qui fait de la musculation, un sans logis bien propre et qui parle comme un intellectuel, des voyeurs à pied ou à bicyclette, joggers en tout genre...des gardes forestiers qui entretiennent la diversité du biotope et aménagent le paysage doctement...et aussi la faune du dimanche : familles avec enfants, cyclistes, fêtes de communautés asiatiques ou bretonnes...

J'ai au moins appris que le philosophe Gilles Deleuze et d'autres ont enseigné  de 1969 à 1980 au Centre universitaire dédié aux nouvelles méthodes d'enseignement post soixante-huitardes. C'était un  ensemble de préfabriqués construit dans une clairière du bois de Vincennes. Ce Centre a été rasé en août 1980 après le déménagement de l'université à Saint-Denis. La clairière a été partiellement replantée d'arbres.


* Paulina ( la patota)
 2016 Argentine / Santiago Mitre / 1H43
Avec Dolores Fonzi, Oscar Martinez, Esteban Lamothe ...

Paulina, 28 ans, décide de renoncer à une brillante carrière d’avocate pour se consacrer à l’enseignement dans une région défavorisée d'Argentine. Confrontée à un environnement hostile, elle s’accroche pourtant à cette mission pédagogique, seule garante à ses yeux d’un réel engagement politique. Elle va y sacrifier son petit ami et la relation avec son père, un juge puissant de la région.
Peu de temps après son arrivée, elle est violemment agressée et violée par une bande de voyous ( una patota ) et découvre que certains d’entre eux sont ses élèves. Envers et contre tous, Paulina va rester fidèle à son idéal...


Je l'ai vu avec des amis et nous avons aimé moyennement. Disons que l'histoire montre jusqu'où peut mener une idéologie poussée à l'extrême. Dommage car sinon c'est un film bien fait.

Les dialogues sont révélateurs du fossé qui peut se creuser entre une jeune féministe idéologue et son père pragmatique.
 



 *** Tout pour être heureux 
2016 FR| / Cyril Gelblat / 1H 37
Avec Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika ... Rafaèle Gelblat, Jaïa Caltagirone...

Antoine, ancien batteur devenu producteur de musique, n’arrive pas à trouver sa place dans son foyer avec sa femme Alice, juge au tribunal d'instance. Ils ont deux filles de 5 et 9 ans.  Après dix ans de mariage, ils se séparent.
Antoine mène une vie trépidante pour promouvoir une chanteuse. Il ressent la nostalgie de son ancienne vie de famille et trouve quelque réconfort chez sa sœur qui est célibataire et avocate.
Alice lui confie la garde de leurs filles un quinzaine de jours. Antoine va devoir assumer un rôle nouveau. Alors qu’il était incapable d’assumer son rôle de père à l’intérieur du noyau familial, il va devenir une véritable « mère juive ».


Une comédie moderne au scénario plutôt déjà vu, mais il y a quelques trouvailles. Et surtout deux enfants actrices très émouvantes. La chute finale montre que chacun retourne au fond de sa personnalité première.
Belle chanson de Jo Dassin sur le générique de fin.



 ** Adopte un veuf
 2016 FR / François Desagnat / 1H37  
Avec     André Dussollier, Bérengère Krief, Arnaud Ducret, Julia Piaton ...

Hubert Jacquin, obstétricien en retraite, veuf depuis peu, survit assez mal dans son immense appartement parisien.
Croyant recruter une femme de ménage, il reçoit Manuela, hyperactive branchée de 26 ans à la recherche d’un logement. Suite à une série d'imprévisibles, elle  devient sa colocataire. Après une soirée trop arrosée de caïpirinha, il lui donne son accord pour accueillir d'autres colocataires. Il va finalement prendre Paul Gérard Langlois, jeune avocat séparé de sa femme dont il a un fils, et Marion Leglou, jeune infirmière un peu coincée...


C'est un bon film de série B. Le début est un peu rasoir, mais rapidement ça démarre assez fort. Nombreux sketches prévisibles mais amusants.
La moralité de l'histoire c'est l'appel au partage et à l'ouverture aux autres en dépit des difficultés que cela implique.



 *** Rosalie Blum 
2016 FR/ Julien Rappeneau / 1H35
Avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone ...

Vincent Machot, un garçon timide et plutôt solitaire, mène une existence trop bien réglée entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents... Il croise par hasard une femme mystérieuse et solitaire, Rosalie Blum, épicière, qu'il est convaincu d'avoir déjà rencontrée... Il y a aussi Aude, jeune fille ayant abandonné ses études et son colocataire hurluberlu...

 
Ce film est découpé en trois volets qui montrent l'histoire vue  par un des trois personnages principaux. Comme dans un puzzle, chaque séquence trouve sa place et éveille notre curiosité. 

La scène finale donne la clé de l'énigme. C'est un beau film sur la solitude, mais avec une fin heureuse.

**** La passion d'Augustine
2016 CAN / Léa Pool  / 1H43
Avec Céline Bonnier, Lysandre Ménard, Diane Lavallée ...

Simone Beaulieu, Augustine en religion, dirige un couvent au Québec. Passionnée, Mère Augustine consacre son énergie à développer les talents de choristes et de pianistes de ses élèves. En cours d'année, sa sœur lui confie sa fille Alice, une jeune pianiste prodige.
L'école est un haut lieu musical qui remporte tous les grands prix de piano de la région. Mais, dans les années 60, le gouvernement instaure un système d'éducation publique. L'avenir des écoles religieuses est menacé...


Au départ on nous montre la vie d'un pensionnat pour jeunes filles à cette époque.
Alternance de scènes drôles (deux sœurs qui patinent sur la glace, cirage de parquet en quadrille, entraînement au jeu de ballon...) ou émouvantes ( la jeune Suzanne qui a des difficultés d'élocution sauf quand elle chante ...)
"Ce n'est pas du tout un film sur la religion mais sur la spiritualité qui s'exprime par la musique" a déclaré sa réalisatrice Léa Pool.
On nous montre aussi par touches légères les changements dans la société et dans l'Eglise introduits par Vatican II, par les revendications pour l'émancipation féminine... et tout le cortège de difficultés personnelles qu'ont entraîné ces aggiornamentos. 
En prime la musique du film est somptueuse. Laissez vous porter.

 


 ** Le coeur régulier
 2016 FR-CAN-BEL / Vanja D'Alcantara /1H35
Avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider...

Le film commence en France dans une maison très design. Alice est mère de deux enfants adolescents qui se distancient. Son mari est absorbé par sa vie professionnelle. Alice est lasse de cette vie monotone ...

Soudain Nathan, le frère (jumeau) d'Alice, qui était parti au Japon sur un coup de tête, et ne donnait plus de ses nouvelles, revient la voir. Il se désole de la tristesse de sa sœur et veut lui communiquer son apaisement retrouvé. Malheureusement, il se tue dans un accident de motocyclette.

Alice se rend sur les traces de son frère au Japon. Elle rencontre une jeune femme japonaise qui lui dit avoir sauvé la vie de Nathan. Alice revient sur les pas de Nathan dans un village de pécheurs, au pied de falaises très escarpées, lieu de prédilection des candidats au suicide.
Ici, Nathan avait retrouvé l'apaisement auprès de Daïsuke,un vieux policier à la retraite. C'est au tour d'Alice de se rapprocher du vieil homme, et de ses hôtes...


La réalisatrice a dédié ce film à la mémoire de sa mère. La vie et la mort sont effectivement le sujet du film. J'ai moyennement aimé ce film, on a vu des œuvres plus puissantes sur ce thème.

P.S. Il parait que c'est inspiré de faits réels. Le village de Tojinbo au Japon est connu pour ses paysages somptueux et ses hautes falaises théâtre de nombreux suicides. Le policier à la retraite qui tente d'empêcher ces suicides en parlant et en écoutant les âmes en peine se nomme Yukio Shige.




 *** Médecin de campagne 
2016 FR / Thomas Lilti  /  1H 42
Avec François Cluzet, Marianne Denicourt, Isabelle Sadoyan ...

Dans un coin de campagne, tous peuvent compter sur Jean-Pierre, le médecin qui les soigne et les rassure jour et nuit, 7 jours sur 7.
Malade à son tour, Jean-Pierre voit débarquer Nathalie,  médecin depuis peu, venue de l’hôpital pour le seconder.
Parviendra-t-elle à s’adapter à cette nouvelle vie et à remplacer celui qui se croyait irremplaçable ?

Un joli film sur la vocation du personnel médical et infirmier en campagne. Les activités du médecin généraliste couvrent un spectre très large :  assistante sociale, psychologue, gynécologue... Belle interprétation de Marianne Denicourt .




 **** Remember 
2016 CAN / Atom Egoyan /1H 35
Avec Christopher Plummer, Martin Landau, Bruno Ganz ...

Deux rescapés d'Auschwitz, très âgés se lient d'amitié en maison de retraite. Zeff est atteint de démence sénile, Max est handicapé moteur. Max incite Zeff à partir en mission à travers les USA rechercher le tortionnaire nazi qui a liquidé toute sa famille... Il lui adresse une lettre contenant son ordre de mission en quatre points ...

Un grand film dans le genre thriller psychologique. Magnifique interprétation. Au début on trouve le scénario prévisible, mais dès la troisième rencontre tout va crescendo, dans l'imprévu et dans l'horreur. La scène finale comporte une chute franchement imprévisible. Du grand art !



*** Au-delà des montagnes
2015 Chine-FR-JAP/ Zhang-ke Jia /2H06
Avec Zhao Tao, Yi Zhang, Jing Dong Liang ...

En Chine, au dernier jour du XXème siècle, Tao, une jeune  fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, déjà propriétaire d'une station-service, ne pense qu'à faire fortune tandis que Liang est ouvrier dans une mine de charbon. Tao les aime tous les deux, mais va finir par choisir la sécurité pour elle et sa future descendance. Lianzi quitte la ville et va dans une autre région minière plus à l'ouest où il va prendre femme et avoir une petite fille.
Tao donne le jour à un fils, Dolle, mais quand son mari Zang part s'établir à Shanghai elle reste au pays pour ne pas s'éloigner de son vieux père cependant que Dolle part avec son père faire ses études dans une pension chic.
On se retrouve en 2015 puis en 2025, la Chine a connu une profonde mutation, les classes aisées lorgnent vers l'Amérique ou l’Australie comme promesse d’une vie plus libre...


C'est un film assez touffu, on a un peu de mal à suivre qui est qui.
Il dépeint à la chinoise des situations et des caractères qui ont valeur universelle. Ambition, autoritarisme et égoïsme, gentillesse, serviabilité, effacement, désir de sécurité, amour paternel et filial, regrets de la vie sentimentale sacrifiée et désir de se rattraper, etc... aculturation, perte de la langue maternelle, envie de retourner sur la terre de ses ancêtres qu'on n'a pratiquement pas connus, etc...

* Mon maître d'école  (Documentaire)
2016 FR / Emilie Thérond / 1H22
Acteurs inconnus

A St Just-et-Vacquières, Jean-Michel Burel, maitre d’école d’une classe à plusieurs niveaux, commence sa dernière année scolaire avant la retraite. L’instituteur enseigne la tolérance et la sagesse au même titre que l’orthographe et les mathématiques.
Disons que c'est un hommage pieux rendu à son ancien maître.
Une approche franchouillarde des recommandations finlandaises du film DEMAIN.


**** Demain 
FR 2016 / Cyril Dion, Mélanie Laurent /1H 58
Avec acteurs inconnus

Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…


Bravo à ce film merveilleux : il donne une pêche incroyable. Vous avez envie de vous retrousser les manches pour apporter votre pierre à l'édifice commun. L'édifice d'un monde dont l'homme serait le centre. Vaste programme. Mais quelle belle ambition !...

Pour mémoire les points les plus marquants :

Alimentation : S'organiser pour que la nourriture ne dépende plus du transport, produire en ville , densifier les légumes et arbres fruitiers, enrichir les sols au lieu de les appauvrir, économiser l'eau de l'agriculture et de la maison...
Energie : privilégier solaire, éolien et géothermie, objectif zéro déchet --> recyclage intégral, urbanisme espaces verts ...
Economie : monnaies locales complémentaires et réseaux de petites entreprises locales... abandon du mythe la croissance crée l'emploi...
Démocratie : promouvoir la démocratie directe par tirage au sort de représentants qui feront les lois, abandon du système de représentation par le vote qui, quelque soit le mode de suffrage, crée une classe politique éloignée du peuple...
Education : former les enfants à apprendre à apprendre, à vivre ensemble et à se rassembler pour prendre des décisions...


 

 **** The lady in the van 
2015 UK / Nicholas Hytner / 1H44
Avec Maggie Smith, Alex Jennings, Jim Broadbent...

Dans les années 1970, à Londres, Alan Bennett, auteur de pièces de théâtre inspirées de ses relations avec sa mère, emménage dans un pavillon du quartier de Camden Town. En face de chez lui, Miss Shepherd, une drôle de vieille dame difficile et pauvre, vit dans une camionnette. Le voisinage est partagé entre la compassion et le rejet...
Peu à peu, une étrange relation se développe entre Bennet et Miss Shepherd. Elle va durer des années...


Le film est inspiré d'une histoire vraie. Alan Bennet en a tiré un livre, une pièce de théâtre et le scénario du film.
Miss Shepherd est une personne brisée par la vie  qui ne se laisse pas abattre pour autant. Les romanciers en mal d'inspiration sont tous un peu schizophrènes. On voit à l'écran deux Alan Bennett : un qui vit, l'autre qui écrit.
En résumé, un film drôle et émouvant, magistralement interprété.



 **** Mustang
 2015 Turc-FR-RFA/ Deniz Gamze Ergüven /1h 33
Avec Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Elit İşcan ...

Dans un village reculé de Turquie, cinq sœurs orphelines rentrent de l’école avec d'autres jeunes de leur âge . Il fait chaud, le petit groupe passe par la plage et joue dans l'eau. Mais de retour à la maison elles ont été dénoncées par une voisine . Leur grand mère  les corrige, leur oncle Erol leur interdit de sortir non accompagnées .  La maison familiale se transforme progressivement en prison . Les cours de pratique ménagère remplacent l’école et la grand mère  entreprend de les marier dès qu'elles atteignent seize ans. Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, vont s'affranchir de  ces contraintes, chacune à sa manière.

C'est un beau film . Les cinq jeunes actrices sont belles, étonnantes de naturel et foncent dans la vie avec l'insouciance de la jeunesse. Elles vont se battre contre l'archaïsme des traditions moyenâgeuses encore en vigueur dans les campagnes turques.
Le César attribué  à la jeune réalisatrice est tout à fait mérité.



 *** Au nom de ma fille 
2016 FR / Vincent Garenq /  1H27
Avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze...

André Bamberski expert-comptable, juriste en droit des affaires, spécialiste en fiscalité internationale, dirige un énorme cabinet au Maroc où il vit avec sa femme et leur deux enfants. Il n'est pas assez présent à sa famille et sa femme cède aux avances d'un médecin allemand le docteur Krombach. Le ménage quitte le Maroc pour s'établir en France, peu après les époux se séparent et se remarient chacun de son coté. Ils se partagent les enfants pour les vacances.
Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka, 14 ans, qui passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach, qui s'avère un coureur de jupons d'un genre un peu particulier.

Les circonstances de cette mort ne sont pas claires. Une autopsie bâclée, l’attitude désinvolte de Dieter Krombach, le silence de la mère, laissent beaucoup de questions sans réponses. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’obsession de sa vie…

Vincent Garenq est un spécialiste des reconstitutions juridiques soulignant les défauts et la complexité des tribunaux français. Il montre dans ce film les interférences entre la justice territoriale en France en Allemagne et en Autriche, la politique, l'Europe, les médias et finalement l'opinion publique. Sans vouloir faire injure au protagoniste de cette histoire vraie, je me suis fait la réflexion qu'il faut aussi avoir de sacrés moyens financiers pour aller au bout de sa monomanie.



 ** Brooklyn
 2016 Irlande- Canada- UK/ John Crowley / 1H53
Avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen ...

Dans les années 50, attirée par la promesse d'un avenir meilleur et poussée par sa sœur Rose , la jeune Eilis Lacey s'embarque pour New York. Elle sera accueillie à Brooklyn par le père Flood et logée dans une pension de jeunes filles irlandaises. Sa rencontre avec un jeune homme italien lui fait vite oublier le mal du pays... Mais lorsque la mort de sa sœur l'amène à rentrer temporairement en Irlande, Eilis va se retrouver écartelée entre les deux pays... et entre deux hommes...

Le scénario n'a rien d'original. Cette romance vaut surtout par le portrait de la jeune femme qui tout en étant très prudente, cherche toujours rendre service et à faire plaisir aux autres. Cette douceur est relevée par de nombreux passages en couleurs pastel, recréant une histoire presque rêvée.   



 *** Merci patron ! 
2016 FR / François Ruffin /1H24
Avec acteurs inconnus...

Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C'est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d'un inspecteur des impôts belge, d'une bonne sœur communiste, de la déléguée CGT, et d'ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l'assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le cœur de son PDG, Bernard Arnault... 

 
J'ai bien aimé ce film qui se présente sous la catégorie documentaire dans la veine du "Roger et moi" de Michael Moore. Il raconte les détails de la stratégie du groupe LVMH et sa mise en application y compris dans ses basses œuvres. Et  par quelle méthode le journaliste a réussi à piéger le premier groupe de luxe au monde ( Les réactions de LVMH après la sortie du film ne sont pas encore connues) .



 ** Spotlight 
2016 / Tom McCarthy /2H08
Avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams...

Le film retrace l'enquête du Boston Globe qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révélera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, ce qui déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

 
Les statistiques mentionnées par le médecin psychiatre sont très perturbantes.



*** Ave César ( Hail, Caesar !)
 2016 USA-UK / Joel Coen, Ethan Coen / 1H 40
Avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich...

Dans les coulisses d’un grand studio Hollywoodien à la fin des années 50, époque où la machine à rêves produisait sans relâche des péplums, des comédies musicales, des adaptations de pièces de théâtre, des westerns, des ballets aquatiques pour essayer de contrer l'arrivée de la télévision... Eddie Mannix est chef de production (" fixer")  chez Capitole (fiction inspirée des immenses studios de la MGM qui ont compté jusqu'à 38 plateaux dont certains immenses)
Il y est chargé de régler tous les problèmes matériels et psychologiques que soulèvent chacun des films tournés en parallèle, sans compter les relations avec la presse, les faiseurs d'opinion, les communautés religieuses, les avocats, les hommes de mains... Un emploi du temps frénétique...


Je l'ai vu avec un ami et nous avons bien aimé le coté déjanté de certaines situations et répliques. Les acteurs sont extras. La caricature des mœurs hollywoodienne reste probablement valable de nos jours. La séquence du lavage de cerveau de la vedette de peplum par des krypto-communistes est succulente.
La chute moralisatrice " choisir la voie de l'effort et travailler sans chercher le repos" contentera le public américain religieux.

 

** The revenant 
2016 USA/ Alejandro González Iñárritu /2H36 
Avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson ...

En Amérique du Nord dans un territoire ou vivent encore des tribus indiennes, le trappeur Hugh Glass sert de guide à  un groupe de trafiquants d'armes et de fourrures. Il est attaqué par une ourse et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort...
Mais Glass refuse de mourir. Seul, à force de volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi ... 

 
La critique étant dithyrambique, je l'ai vu avec des amis et personne n'a aimé. C'est beaucoup trop long et le scénario se résume à une suite de bagarres très violentes et de rivières en crues. Le morceau de bravoure est l'attaque de l'ourse qui protège son ourson ( rassurez vous l'ours est un cascadeur revêtu d'une vraie fourrure  et, sauf pour les gros plans du visage, Di Caprio est remplacé par sa doublure) . On retiendra le manuel de survie du parfait petit trappeur. Les paysages sont beaux. 

Le film a été tourné en différents lieux allant du Canada à la Patagonie, du coup le tournage s'est étalé sur 9 mois au lieu des 3 prévus au départ. Le budget s'est envolé à 135 millions de dollars . Mais les recettes mondiales de la  20th Century Fox dépassent déjà les 160 millions et avec les Oscars ça va encore grimper. God save America !

 

*** La vache
 2016 FR-Maroc / Mohamed Hamidi /1H 31
Avec Fatsah Bouyahmed, Lambert Wilson, Jamel Debbouze...

Fatah, petit paysan Algérien, rêve d'emmener sa vache Jacqueline à Paris, au salon de l'Agriculture. Lorsqu'il reçoit enfin la précieuse invitation, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied, direction Porte de Versailles. Un voyage plein de grands moments d’entraide, de fous rires et de tendresse...

J'ai bien aimé ce film sans prétentions. Une sorte de road movie bon enfant. Et aussi une histoire d'amour familial, de fierté communautaire, de tolérance.

 


****  Les innocentes 
2016 FR-Polonais / Anne Fontaine /1H 55
Avec Lou de Laâge, Vincent Macaigne, Agata Buzek, Agata Kulesza ...

Décembre 1945 dans les environs de Varsovie . Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise. D’abord réticente, Mathilde accepte de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde sous la houlette d'une mère supérieure plutôt intransigeante. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, violées par les soldats soviétiques, sont enceintes et sur le point d’accoucher. Peu à peu, se nouent entre Mathilde, athée et rationaliste, et les religieuses, attachées aux règles de leur ordre, des relations plus confiantes...

C'est un film puissant basé sur des faits malheureusement réels.
Le propos est en premier spirituel « Au début d'une vocation, c'est comme si l'on était pris par la main et conduit doucement. Mais vient le jour où le Père lâche la main de son enfant et il faut continuer d'avancer malgré la nuit, les doutes, la croix. »
Et la croix, ces religieuses y sont exposées . Elles s'efforcent de poursuivre leur vie conventuelle de toujours, mais elles se trouvent confrontées à des faits qui remettent en cause leurs vœux de chasteté et d'obéissance. La mère supérieure a une autre croix à porter. Fera-t-elle les bons choix ?

Le propos est aussi humain. La maternité, même dans ces circonstances tragiques, crée un lien entre la mère et l'enfant qui transcende la vocation religieuse et la règle monastique.

Le final est une belle illustration de ce que l'Evangile peut se vivre dans le cadre de l'Eglise, mais aussi être mis en pratique par des non croyants.




** Préjudice
 2016 BENELUX/ Antoine Cuypers / 1H45
Avec  : Nathalie Baye, Arno Hintjens, Thomas Blanchard ...

Cédric, trente cinq ans, caractériel, incapable de rester dans un emploi stable, vit toujours chez ses parents. Il défoule son trop plein d'énergie en faisant du sport. Lors d’un repas de famille dans une maison de campagne, sa sœur annonce qu'elle attend un enfant. Cette nouvelle réjouit tout le monde, mais provoque chez Cédric un accès de fureur. Il tente alors d’établir, aux yeux des autres, le préjudice dont il se sent victime depuis sa plus tendre enfance : il se perçoit comme un enfant non désiré ...

Je ne sais pas dans quelle catégorie psychiatrique on doit classer Cédric, le benjamin d'une fratrie de trois. Quel traumatisme d'enfance l'a amené là où il en est ? Est-ce son père, taiseux, qui l'encourage dans ses rêves de voyage en Autriche ? Ou sa mère qui a voulu le garder à la maison contre vents et marées, mais qui a fait équiper sa chambre comme un asile psychiatrique ?
Et le reste de la famille, un frère aîné en apparence normal mais qui se réfugie dans son travail, une sœur passablement égocentrique, quel a été leur rôle?

Les tirades hyper logiques de Cédric sur la différence entre la folie et la normalité, sur le voyage monomaniaque  en Autriche, sur la façon de harceler moralement les enfants en l'occurrence son neveu de 7 ans ... nous donnent quelques pistes. Le récit devient insupportable. Heureusement la belle chanson de Françoise Hardy " le temps a passé et me revoilà cherchant en vain la maison que j'aimais" vient un peu détendre l'atmosphère.
Las! le film change à peine de tonalité et repart de plus belle dans le paroxysme.
  

Les acteurs sont extra : Thomas Blanchard dans le rôle de Cédric, Nathalie Baye dans celui d'une mère pleine de contradictions, Arno Hintjens  père taiseux dominé par son épouse...


** Encore heureux
2016 FR / Benoît Graffin / 1H33

Avec Sandrine Kiberlain, Edouard Baer, Bulle Ogier, ...

Marie est excédée par l’insouciance de son mari Sam, cadre supérieur au chômage depuis 2 ans qui s'enlise dans une idée fixe de faire fortune en fouillant les bennes à ordures des quartiers riches. dans laquelle il s'enlise. Ils ont deux enfants un garçon qui rêve d'avoir un téléviseur moderne et une fille qui prépare un concours de piano. Mais l'argent manque. Marie vole dans les supermarchés. Un bel inconnu, qui s'avérera assez riche lui fait la cour...
Un événement inattendu va jeter toute la famille dans une succession de péripéties...


C'est un petit film sans prétentions. Le début est assez rasoir, mais ça se corse à la fin. Les dialogues sont émaillés de quelques réparties amusantes où les riches, mais aussi Hollande en prennent pour leur grade.

**** Les délices de Tokyo
2016 FR-RFA-JAP / Naomi Kawase / 1H 53

Avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida, ...

Les dorayakis « AN » sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits. Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, qui tient une minuscule boutique  de dorayakis, de l’embaucher. 
Tokue a le secret d'une délicieuse recette de haricots confits et d’une pâte à pancakes exquise. La petite échoppe devient un endroit incontournable...

Les japonais ( en l'occurrence une réalisatrice) sont vraiment les maîtres des films intimistes.  Après un démarrage un peu laborieux,  le film explore la naissance d'une amitié entre la vieille femme et le vendeur qui a l'âge d'être son fils. L'argument se résume à profiter de ce que la vie nous offre, de contempler la beauté qui nous entoure, de saisir les opportunités qui nous sont données avant qu’il ne soit trop tard… Mais de nombreuses autres caractéristiques des sociétés modernes : propriétaires et prolétaires, enfants en révolte contre l'autorité parentale, exclusion des handicapés, importance des rumeurs ...  sont évoquées avec finesse.

Un film à voir, sauf si vous êtes allergiques au cinéma japonais !