jeudi 23 mai 2019

2019






*** Douleur et gloire
2019 SP / Pedro Almodovar  / 1H52




Salvador Mallo est un réalisateur qui a connu le succès mais qui ne réalise plus de films à cause des nombreuses douleurs physiques dont il souffre. Par hasard, il retrouve Alberto, un acteur avec qui il s'est fâché trente ans auparavant.

Il se remémore son enfance avec sa mère au village de Paterna. Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec lesquels il a travaillé… et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide face à l’incapacité de continuer à tourner.



Ce film est une sorte de biopic-fiction d’Almodovar. On y retrouve les thèmes de ses principaux films : l’amitié, le sexe, les drogues : cocaïne, cocktails d’anti-douleurs, héroïne… les bisexuels, la mère, les hôpitaux… Le tout traité de main de maître.



N.B. Même si en espagnol « caballa » est le surnom de l’héroïne, les sous-titres français auraient du garder « horse » et non pas « cheval ». Mais peut-être ce film à succès fera-t-il évoluer l’argot moderne ?





** Nous finirons ensemble
2019 FR / Guillaume Canet   / 2H15






Préoccupé, Max est parti dans sa maison au Cap Ferret pour se ressourcer. Sa bande de potes, qu’il n’a pas vue depuis plus de 3 ans débarque par surprise pour lui fêter son 60ème anniversaire ! La surprise est entière, mais Max est ruiné et s’est résigné à vendre cette maison de vacances sans avoir prévenu Isabelle son ex épouse  et Sabine sa nouvelle compagne.

Max s’enfonce alors dans une comédie qui sonne faux, et mettra le groupe dans des situations pour le moins inattendues…



Je suppose que je suis allé voir ce film en prévision d’une invitation au Cap Ferret chez des amis en septembre. En fait je n’avais pas aimé le film précédent « Les petits mouchoirs ». Je déteste ces films qui mettent en scène des bobos friqués, dans des maisons aux extérieurs style cabane de pécheur et aux intérieurs plutôt cossus, qui boivent du vin millésimé et draguent à tous vents comme s’ils avaient 18 ans.





*** Lourdes  ( documentaire)

Le rocher de la grotte de Lourdes est caressé par des dizaines de millions de personnes qui y ont laissé l’empreinte de leurs rêves, leurs attentes, leurs espoirs et leurs peines. A Lourdes convergent toutes les fragilités, toutes les pauvretés. Le sanctuaire est un refuge pour les pèlerins qui se mettent à nu, au propre – dans les piscines où ils se plongent dévêtus – comme au figuré – dans ce rapport direct, presque charnel à la Vierge…

La critique ses spectateurs est dithyrambique : « un documentaire rare, qui déborde d'humanité et de grâce ». Je dirai plus simplement que ce documentaire est à voir par ceux qui traversent des épreuves : ils y trouveront plus malheureux qu’eux.

A voir aussi par les bien portants de tous âges qui  ne sont pas encore engagés dans le bénévolat : ils y trouveront l’exemple de jeunes et moins jeunes qui se mettent au service de leurs semblables malades ou handicapés.

Les chrétiens apprécieront la confiance des pèlerins qui, pour certains, viennent tous les ans se confier à la médiation de la Vierge.

Tous pourront se concentrer sur les moments de convivialité entre les permanents, les accompagnants et des  pèlerins abîmés dans leur chair, parfois dans leur esprit ou simplement mis au ban de la société. 



**El Reino
2019 SP FR/ Rodrigo Sorogoyen / 2H11

Manuel López-Vidal est un politicien influent dans sa région. Il est le dauphin du président du conseil régional qui va le faire entrer à la direction nationale du  parti à Madrid.
Sur le plan privé c’est la vie de château .
La Justice régionale finit par enquêter sur les affaires financières du Parti. Madrid va sacrifier un fusible : un élu, Paco Castillo, est arrêté. Manuel Lopez Vidal sera le suivant. Ses amis le lâchent les uns après les autres.
Pour essayer de se sauver, il recherche les preuves de l'existence du système de corruption généralisé dans lequel il a œuvré pendant des dizaines d’années, preuves qui lui permettront d'acheter son impunité et retrouver une vie de famille au soleil…


C’est un film instructif qui a sûrement fait le bonheur des « gilets jaunes ».  Au début, on se perd un peu dans tous ces politiciens véreux et les scènes longuettes de la dolce vita à bord d’un gros chriscraft . Mais la suite dans le bureau du trésorier du Parti, puis en Andorre et finalement à la télévision  va crescendo.
Le réalisateur Rodrigo Sorogoyen, et sa co-scénariste Isabel Peña, ont dit  "le sujet central de ce film c’est le mensonge comme manière de vivre. »




***  Tel Aviv On Fire

2019 Luxemburg Israël Belge / Sameh Zoabi / 1H37





Salam, 30 ans, vit à Jérusalem. Il est Palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès « Tel Aviv on Fire ! » Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah.  Un jour, il se fait arrêter par un officier israélien Assi, fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario . Evidemment, il va y avoir des rebondissements…



J’ai bien aimé ce film à la fois plein d’humour et de clins d’œil à la situation  géopolitique. Egalement un portrait charge de la société divisée au Moyen Orient où les familles arabes et israéliennes se retrouvent tous les soirs devant les épisodes de leur feuilleton télévisé préféré. Le dernier gag est génial.

Allez le voir vous passerez un bon moment.
 


*** L'Adieu à la nuit
2019 FR- RFA / André Téchién  /1H43

Une grand-mère, Muriel, qui exploite un centre équestre dans les Pyrénées Orientales se réjouit de voir Alex, son petit-fils, venir passer quelques jours chez elle avant de repartir vivre au Canada.  Cependant, intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex s’est converti à l’Islam et se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, va réagir très vite…

Extrait de l’interview du réalisateur André Téchiné publié dans le journal LA CROIX



« Le point de départ, ce sont les livres de David Thomson. Je voulais voir si je pouvais adapter au cinéma non pas un roman comme c’est souvent le cas, mais cette parole de djihadistes recueillie de manière brute par le journaliste. . Parce qu’on ne la connaît pas, qu’elle nous paraît étrangère et incompréhensible, j’avais envie de la donner à voir et à entendre, de lui apporter du concret, tout en la respectant.
À partir de là, j’ai construit une fiction la plus simple et la plus minimaliste possible »



C’est dommage que sur un sujet tout à fait sérieux et grave,  le réalisateur ait réussi à me faire regarder ma montre plusieurs fois. Qu’est ce que ce serait s’il n’avait pas déclaré vouloir faire dans le minimalisme ! Bref , allez le voir à vos risques et périls.





**** Rebelles
2019 FR /  Allan Mauduit /1H 27

Après avoir passé 15 ans sur la Côte d'Azur à vivre d’amour et de petits boulots, Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais, revient s'installer chez sa mère à Boulogne-sur-Mer   Embauchée à la conserverie locale, elle repousse vigoureusement les avances de son chef et le tue accidentellement. Deux autres filles ont été témoins de la scène. Alors qu'elles s'apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets dans le casier du mort. Une fortune qu'elles décident de se partager. C'est là que leurs ennuis commencent...

Je l’ai vu pour 4 € dans le cadre du Printemps du cinéma. Le scénario - assez prévisible - commence par un gag inédit suivi d’un deuxième sans doute déjà vu mais tout aussi efficace. Bref on s’amuse bien. . Les trois actrices sont super

* Dans les bois  
2019 Lituanie etc /Mindaugas Survila/1H 03

Ce documentaire, quasi sans paroles, montre de magnifiques séquences de vie animale sauvage : oiseaux, insectes  etc .

Photographie extraordinaire, au point de penser que les clips vidéo ont été recadrés pour nous montre des gros plans vertigineux .
Dire que ce documentaire est «  un témoignage atypique, poétique et fascinant quand on songe à la rapidité avec laquelle ces lieux encore vierges sont en train d'être effacés de la surface de la terre ». est un parti pris écologique que n’ai pas ressenti.


**** Vice

2019 USA /  Adam McKay/ 2H14

Fin connaisseur des arcanes  du système politique américain Dick Cheney, soutenu et poussé par son épouse Lynne, a réussi à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l'homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd'hui…

Au-delà de la saga particulière de la famille Cheney, ce quasi biopic nous rappelle beaucoup de choses sur les autres protagonistes de cette époque : Donald Rumsfeld , l’avocat David Addington, Bush père et fils,  Gerald Ford Donald Reagan…
Le rôle des lobbies, et moins connue, la facilité avec laquelle il a été possible de contourner les règles de la plus grande démocratie au monde pour parvenir au pouvoir et prendre des décisions au service d'intérêts privés .

Le titre ambigu Vice-Président , Vice de forme ou même vice tout court n’a pas été choisi au hasard.. Il s’agit du mensonge d’Etat et de la manipulation de l’opinion publique qui ont déclenché le chaos  au Moyen Orient que nous connaissons maintenant.

 
** Les Eternels
2019 Chine/Jia Zhangke  /2H15         

En 2001, la jeune Qiao est amoureuse de Bin, petit chef de la pègre locale de Datong.
Alors que Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et tire plusieurs coups de feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison pour port d’arme illégal..
A sa sortie, Qiao part à la recherche de Bin et tente de renouer avec lui. Mais il refuse de la suivre.
Dix ans plus tard, à Datong, Qiao est célibataire, elle a réussi sa vie en restant fidèle aux valeurs de la pègre.
Bin, usé par les épreuves, revient pour retrouver Qiao, la seule personne qu’il ait jamais aimée…

Je l’ai vu pour 4 € dans le cadre du Printemps du cinéma. La critique était enthousiaste. Le film est trop long.  Le scénario de cette histoire sentimentale fait penser aux romans anglais. Mais la mise en scène laisse à désirer avec une succession de scènes et de nombreux flash backs. Sans parler de quelques rajouts inutiles sur le tourisme des OVNIs et la voleuse chrétienne. On peut s’abstenir.

****Sibel

Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur cadette dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle.

Un beau film sur les mœurs patriarcales dans certains villages musulmans, la force des traditions, l’antagonisme des jeunes et des vieux…
Le scénario est surprenant et génial. Je vous recommande ce film.


****Le chant du loup
2019 FR / Antoin Baudry  1H55

Le jeune Chanteraide est une « oreille d'or » aux capacités exceptionnelles . Ce surnom est donné aux personnels sous-marinier spécialisés dans l'analyse acoustique. Au retour d’une mission sur le sous marin nucléaire d’attaque « le Titane » il croit avoir détecté la présence d’un sous-marin russe de type ancien théoriquement démantelé.
Pendant son temps à terre il rencontre Diane, une jeune femme énigmatique peut être  fumeuse de cannabis. C’est l’amour au premier regard. 
Au moment de repartir pour une mission de plusieurs mois sur le sous marin lanceur d’engin « l’Effroyable », Chanteraide est disqualifié  par son analyse médicale. Il traine dans les couloirs du Centre des Opérations. Son diagnostic n’est pas assez précis  et déclenche un ordre de tir atomique venant du Président de la République envoyé à l’ « l’Effroyable » selon une procédure sécurisée. On est à quelques heures d’un conflit mondial majeur…


C’est un film extraordinaire que je vous recommande. Outre l’organisation du travail à l’intérieur des sous marins et au Centre des Opérations, on y apprend l’importance des procédures et la confiance entre les équipages et leurs officiers.
Mais la grande leçon c’est que les militaires respectent les procédures qui garantissent la confiance entre les dirigeants politiques et les forces armées, cependant que les politiques changent de procédure quand ça les arrange.

P.S. Après l’avoir vu, on peut lire le détail du scenario ici sur Wikipedia


 *** Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu
2019 FR/ Philippe de Chauveron  /  1H39

Claude et Marie Verneuil, riches borgeois de Chinon, font face à une nouvelle crise.
Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger.
Incapables d’imaginer leur famille loin d’eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir.
De leur côté, les Koffi débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises…

Si vous avez aimé le premier film, vous ne serez pas déçus par le second. Sur une trame sans surprises, il reste très inventif dans les détails.


**** Edmond
2019 FR /   Alexis Michalik / 1H53

Décembre 1897 à Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ».

J’avais des doutes avant d’aller voir ce film sorti en début d’année. Sur des dialogues reprenant les vers de la pièce de théâtre, le scénariste a construit un biopic imaginaire très astucieux et plein de rebondissements. Les seconds rôles sont réinventés , notamment Jeanne    l’habilleuse-muse-doublure et Honoré le lyrique patron de restaurant,  ce qui augmente la saveur des scènes de la pièce. Bref, si n’est pas déjà fait, allez le voir avant qu’il ne quitte les salles .


2019 USA- UK /  Josie Rourke    /2H04

Épouse du Roi de France à 16 ans, Marie Stuart, se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône de ses ancêtres qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ , Reine d’Angleterre s’est étendue aussi sur l’Écosse.
Les deux jeunes reines, poussées par leurs conseils ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance.
Marie est catholique et Elisabeth protestante. Le pasteur John Knox jette l’anathème sur la putain papiste.  Les deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire.

Je l’ai vu pour 4 € dans le cadre du Printemps du cinéma. Si vous aimez les films historiques, celui-ci est plutôt bien fait.



**** Le mystère Henri Pick
2019 FR / Rémi Bezançon   /1H 40

Dans une étrange bibliothèque au cœur de la Bretagne,  Daphné Despero, une jeune éditrice, découvre un manuscrit extraordinaire qu'elle décide aussitôt de publier. Le roman devient un best-seller. Mais son auteur, Henri Pick, un pizzaïolo breton décédé deux ans plus tôt, n'aurait selon sa veuve jamais écrit autre chose que ses listes de courses. Persuadé qu'il s'agit d'une imposture, Jean-Michel Rouche, un célèbre critique littéraire, décide de mener l'enquête, avec l'aide inattendue de Joséphine la fille de l'énigmatique Henri Pick.

La critique des spectateurs est assez partagée. Sans dire que c’est un chef d’œuvre, j’ai bien aimé ce film. D’abord parce que j’adore Luchini, mais aussi par ce que c’est un polar bien ficelé où le suspense est conservé jusqu’à la fin. Allez le voir pour passer un bon moment de cinéma et accessoirement découvrir les méthodes du marketing moderne.


***** Green Book : Sur les routes du sud

2019 US /Peter Farrelly / 2H12
Coscénariste Nick Vallelonga

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Vallelonga dit Tony Lip , un italo-américain du Bronx, marié, deux jeunes enfants, se retrouve au chômage suite à la fermeture temporaire de la boite de nuit dans laquelle il était videur. Il  est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts de deux mois. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, Tony utilise le Green Book, un guide de voyages  qui répertorie  les établissements accueillant les « negroes ».
 
Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre dans le nord, les deux hommes vont d’abord apprendre à se supporter. Tout les oppose en effet, la couleur de peau, le caractère, l’éducation, le milieu social, la réussite, les centres d’intérêt ... L’un est  un afro-américain, hyper cultivé et raffiné, mais prétentieux, suffisant et précieux, tandis que l’autre est un petit italo-américain, qui gagne péniblement sa vie dans l’ombre de la mafia italienne, bon père de famille, beau parleur et un peu soupe au lait.

Ce film a reçu l’OSCAR du meilleur film 2019 et c’est  tout à fait mérité. Le scénario est coécrit par Nick Vallelonga le fils ainé de Tony Lip qui avait 5 ans au moment des faits. Le générique final nous indique que Tony et Don Shirley sont restés amis jusqu’à leur mort en 2013 .
Par les temps qui courent une belle histoire d’amitié fait du bien. 




** ASAKO I&II
2019 FR JAP / Ryusuke Hamaguchi /1H 59


La jeune Asako a le coup de foudre pour Baku, jeune homme séduisant et imprévisible. Il s’absente  souvent du  domicile commun, et un jour ne revient pas.  Asako est bouleversée et quitte Osaka pour changer de vie.
Deux ans plus tard à Tokyo, elle tombe de nouveau amoureuse de Ryohei, un homme qui physiquement ressemble étrangement à Baku mais avec un caractère sécurisant. Ryohei la demande en mariage. Mais voilà que  Baku refait surface. Asako décide de plaquer Ryohei pour celui qu'elle n'a jamais vraiment réussi à oublier…

Je l’ai vu avec un couple d’amis.  Un seul à beaucoup aimé, les deux autres ont trouvé que ces marivaudages à la japonaise étaient un peu languissant. Cinématographiquement, c’est irréprochable, belle photo, belle mise en scène, paysages du Japon dans tous ses états ... L’actrice qui joue Asako est une beauté asiatique.
Bref, allez le voir seulement si vous êtes un grand fan du nouveau cinéma japonais.



*** Border
2019 SV-DK/  Ali Abbasi /1H48

Tina, est dotée d’un odorat extraordinaire. Elle travaille aux douanes et, telle un chien renifleur d’explosifs ou de drogues,  possède la faculté de flairer la honte et la culpabilité chez les gens. Mais quand Vore, un homme d'apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l'épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n’arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui...

Le cinéaste Ali Abbasi, iranien d'origine a adapté « Gräns», une nouvelle de John Ajvide Lindqvist, en mélangeant conte de fées, récit fantastique, légende nordique et thriller. Il s’agit d’explorer les frontières entre  l'humanité et  l'animalité.
Tina et Vore se découvrent  des points communs :  leur physique ingrat et leur attirance pour manger des larves et des insectes, de plus ils ont tous deux une cicatrice dans la région lombaire et sont sexuellement hybrides.
Les scènes finales se passent dans le pays des mille lacs, pays où la réalité et les légendes s’enchevêtrent. Le film prend une tournure fantastique dans le monde des trolls et autres êtres malveillants.




*** Leto   (super biopic musical)
2018 Russe- FR/ Kirill Serebrennikov  /2H 06

Leto en russe dire L’été.  Un été, à Leningrad au début des années 80, quelques décennies avant la chute de l’empire communiste, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge sous le contrôle absurde de la censure d’Etat.


Le film s’articule autour de la rencontre entre un eurasien Viktor Tsoï, jeune musicien en quête de reconnaissance, et Mike Naumenko, leader du groupe Zoopark. De cette rencontre va naître une relation tout en ego et musique, le rapport de maître à élève toujours sous-jacent.
Viktor Tsoï, devint même, avec son groupe new wave du nom de Kino, une véritable star .

Mais quand Viktor rejoint la communauté de chanteurs et musiciens rock, on devine que son charme n’indiffère pas la belle Natasha, mère d’un bébé qu’elle a eu avec son compagnon Mike. Le cinéaste filme avec élégance les échanges des uns et des autres, à la fois pleins de passion et de retenue.

Le film est pimenté de passages surréalistes gravés à même la pellicule



***  Une affaire de famille


2018 JAP/ Hirokazu Kore-eda / 2H01


Au retour d’une expédition de vol à l’étalage, Osamu Shibata et son fils Shota recueillent dans la rue la petite Juri, fille de leurs voisins le couple Hojo, qui s’est perdue sous une pluie glaciale. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, Nobuyo, la femme d’Osamu, accepte de s’en occuper quand elle comprend que la fillette est maltraitée par ses parents. Ils retrouvent leur fille Aki Shibata dans le petit logement de Hatsue Shibata la mère d’Osamu.

Cette famille pauvre vit du maigre salaire des parents, des prestations de Aki dans un peep-show, de chapardages méthodiques au supermarché, de casse dans les automobiles en stationnement, et peut-être de la pension de retraite d’un grand-père dont ils n’ont pas déclaré le décès. C’est aussi une famille aimante, rieuse, câline, qui mange des nouilles ramen à tout bout de champ, boit du thé glacé en canettes ou croque des fraises tagada et se tient chaud en dormant les uns contre les autres. 



Le film  se compose de deux parties : La première montre la vie pauvre mais heureuse d’un groupe familial construit au gré des évènements de la vie et pour lequel les liens du sang ne sont pas l’essentiel. L’apothéose est une sortie au bord de la mer.

Dans la deuxième partie, les protagonistes sont rattrapés par la police. Il essaient de se couvrir les uns les autres, mais finalement des histoires enfouies dans un passé plus lointain sont mises à jour au cour des interrogatoires.

Ce n’est pas celui qu’on croit qui écope de la peine de prison la plus longue. Le groupe familial du début est dissout et les enfants se retrouvent dans leurs familles biologiques.

Les scènes finales montrent que l’amour est vainqueur. 

Cen'est pas le meilleur film de Hirokazu Kore-eda , et je pense que le film "Capharnaüm"de Nadine Labaki aurait davantage mérité la palme d'or à Cannes,


lundi 7 janvier 2019

2018

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**** Cold war

 2018 Pologne-UK- FR /   Pawel Pawlikowski / 1H28


Dans la Pologne communiste des années 50, le chef d'orchestre Wiktor est chargé par un collectif culturel de rassembler les trésors de la musique populaire et de créer une troupe folklorique. Il fait à cette occasion la rencontre de Zula, une jeune femme récemment sortie de prison après avoir tenté de tuer son père. Entre le musicien et la jeune femme, la passion éclate. Mais Wiktor, épris de liberté, passe en zone ouest à l’occasion d’un concert à Berlin et se réfugie  à Paris   Le couple vivra pendant une quinzaine d'années, de part et d'autre du Rideau de fer…

La critique est partagée et beaucoup ont reproché une accumulation de clichés. Personnellement j’adore les films fleur bleue et j’ai supporté les clichés sans dormir. D’ailleurs il n’y a pas que du fleur bleue, mais aussi une satire acidulée du culte de la personnalité et des grands rassemblement  populaires en plein air.

 

Surtout de superbes images noir et blanc, des éclairages et  des cadrages qui font parler les images,. Bravo aux  deux directeurs de la photographie Pawel Pawlikowski et Lukasz Zal.





*** Un amour impossible
2018 FR / Catherine Corsini  / 2H15

A la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d'une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c'est pourquoi elle se bat pour qu'à défaut de l'élever, Philippe lui donne son nom.…

Ce film est plutôt mieux que je ne pensais. Il est adapté du roman éponyme et autobiographique de Christine Angot qui présente une analyse critique des rapports de domination dans le couple, de leurs conséquences sur la déconstruction de la personnalité des personnages principaux, la mère et la fille.

On sait que Catherine Corsini aime filmer les amours contrariées et la lutte des classes. Dans ce film il y a beaucoup de trouvailles notamment à la fin l’explication par Chantal des comportements de son père tant à son égard qu’à celui de sa mère.

Espérons que le caractère égocentrique de Philippe ne reflète pas le cas général du mâle dominant. Acquis ou inné il en a transmis quelque chose à sa fille



Le casting est très réussi : Virginie Efira émouvante de dignité , Niels Schneider  charmeur à souhait. Le rôle de Chantal enfant, petite fille, adolescente, et adulte est tenu par quatre actrices différentes. Jehnny Beth qui joue Chantal adulte, ressemble à la romancière au même âge.  



Christine Angot dans les années 90

Jehnny Beth
(Camille Berthomier)


***  Un homme pressé

2018 FR/ Hervé Mimran /1H40

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n'y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d'un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste, enfant adoptée qui recherche sa mère biologique.
À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin  se reconstruire et prendre le temps de vivre.

J’ai bien aimé ce film qui est la libre transposition d’une histoire vraie « J’étais un homme pressé » livre de Christian Streiff , le puissant patron de Peugeot Citroën, terrassé en 2008 par un AVC dans son bureau.
 Luchini joue le rôle à la perfection. L’histoire de l’orthophoniste Jeanne a été est ajoutée par le metteur en scène qui avait déjà été scénariste et réalisateur dans des films avec Leïla Bekhti.



*** La saveur des ramen

2018 JAP-Singapour- FR/  Eric Khoo/ 1H30



Masato, jeune chef cuisinier de ramen au Japon, a toujours rêvé de partir à Singapour pour retrouver le goût des plats que lui cuisinait sa mère quand il était enfant. Alors qu’il entreprend le voyage culinaire d’une vie, il découvre des secrets familiaux profondément enfouis. Trouvera-t-il la recette pour réconcilier les souvenirs du passé ?


Sans dire que c’est un des meilleurs films japonais, j’ai bien aimé celui –ci.

En prime vous aurez de nombreuses recettes de spécialités  avec des photos comme dans les livres de cuisine. Mais le fond du sujet c’est les relations familiales inter générationnelles, et inter culturelles de cette famille à cheval sur la Chine continentale, Singapour et le Japon, avec le poids des drames de l’Histoire dans la région.





*** Capharnaüm

2018 Liban-FR / Nadine Labaki / 2H03



À l'intérieur d'un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, détenu dans une prison pour enfants pour avoir poignardé un adulte, porte plainte contre ses parents. Les divers protagonistes vont être tour à tour interrogés par  le juge. À la question : " Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? ", Zain répond : " Pour m'avoir donné la vie ! ". Une série de flashbacks va nous montrer comment cet enfant trop mûr pour son âge en est arrivé là.


On ne peut pas sortir indemne de ce film qui montre les conditions de survie sordides dans un bidonville de la banlieue de Beyrouth où s’entassent des réfugiés de diverses origines, le plus souvent sans papiers. Des quartiers de tous les trafics :  bonbons, fleurs, ustensiles de cuisine, drogues, sodas artisanaux aux antalgiques, prostitution en contrepoint, ventes de filles à peine nubiles, de bébés à adopter…Tout se vend,  tout se négocie…


Les caractéristiques psychologiques de la mère de Zaïn, d’origine Syrienne, sont  inhabituelles. Celles de  la mère de Yonas, d’origine Ethiopienne, plus classiques.

Les enfants qui jouent Zaïn, et le bébé Yonas, sont extraordinaires. 

Faites l'effort d'aller voir ce film, à mon avis un des plus ramarquables de l'année .

 

*** MA LOUTE 

2016 FR/ Bruno Dumont /   2H 03  

Avec Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi …



Eté 1910, Baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L'improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy (mal)mènent l'enquête. Ils se retrouvent bien malgré eux, au cœur d'une étrange et dévorante histoire d'amour entre Ma Loute, fils ainé d'une famille de pêcheurs aux mœurs bien particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents.



Je l’ai vu à la télé. Ce film mérite sans conteste la Palme d’Or et l’OSCAR du film déjanté.

Le réalisateur retourne la métaphore classique des classes populaires qui bouffent du curé : ici ce sont des pêcheurs qui bouffent du bourgeois à tous les repas ou presque. Mais tout le monde en prend pour son grade. Pour en savoir plus, lisez l’excellent commentaire de ALPHA-PIXEL  vers le bas de sa page 3.
 



*** A Star is born

2018 USA  /Eric Roth, Will Fetters, Bradley Cooper /2H16

Avec  Lady Gaga, Bradley Cooper, Sam Elliott



Jackson Maine (Bradley Cooper), musicien chevronné, découvre Ally (Lady Gaga), une chanteuse qui a du mal à percer. Alors que la jeune femme est sur le point de renoncer à faire carrière, Jackson tombe amoureux d'elle et la propulse sur le devant de la scène. Bientôt éclipsé par le succès d'Ally, il vit de plus en plus de mal son propre déclin…



Je suis allé voir ce film après avoir vu Lady Gaga en faire la promo à la télé. Parce qu’elle n’y ressemblait pas à l’image mentale que j’avais de ses prestations que je voyais plus carnavalesques.

Disons qu’elle se débrouille très bien en tant qu’actrice et, bien sûr, aussi comme chanteuse. Bradley Coopper est très bon dans les scènes tendres. Sans être un fanatique du genre, j’ai bien apprécié  les chansons dont Lady Gaga est l’auteur compositeur interprète.



Le scénario est inspiré du livre éponyme de William A. Wellman. Il se situe dans le milieu des studios d’enregistrement et des shows, avec les coachs, l’alcool et les drogues qui s'y rencontrent fréquemment.
 


*** Le pape François, un homme de parole


2018 IT-CH-RFA-FR/  Wim Wenders /1H 36



 Le 13 mars 2013, le Cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devient le deux cent soixante sixième Souverain Pontife de l’Église Catholique. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Évêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Église à avoir choisi le prénom de Saint François d’Assise (1181-1226, qui avait dédié sa vie à soulager les pauvres et éprouvait un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre …

Le film, plus qu’une biographie ou un documentaire, est une exploration des idées du Pape François et de son message en réponse à des questions aussi universelles que la mort, la justice sociale, l’immigration, l’écologie, l’inégalité de revenus, le matérialisme, le rôle de la famille…



Clairement le message du pape François ne s’adresse pas seulement aux catholiques, ni même aux seuls chrétiens, mais à tout être humain de bonne volonté, qu’il soit croyant ou athée, religieux ou laïc, cherchant sa voie dans son parcours sur terre.

Je conseille donc de voir ce film, sans trop prêter attention aux séquences en noir et blanc montrant Saint François d’Assise.


 

**  Le poirier sauvage (Ahlat Agaci)


2018 FR Turc  RFA Bulgare / Nuri Bilge CEYLAN  / 3H 08 


Passionné de littérature, Sinan jeune diplômé est de retour dans son village natal d’Anatolie, il cherche un travail tout en nourrissant l’espoir de publier son roman Le Poirier Sauvage.Il met toute son énergie à trouver l’argent nécessaire pour être publié, mais les dettes de son père finissent par le rattraper…



La critique est dithyrambique. Moi un peu moins. Premièrement le film est trop long. Deuxièmement il est en version originale sous-titrée, ce qui pour un film qui vaut autant par les dialogues que par les images est assez mal venu.


De nombreux aspects existentiels et conflictuels de la famille, des relations au village, de la religion, des mandarins de la littérature … sont abordés. J’ai trouvé que les personnages étaient tous caractériels .

A  part cela, il y a des images magnifiques et des procédés cinématographiques astucieux.
 



*** Le temps des forêts
documentaire
FR 2018 /François-Xavier DROUET   / 1H 43
Avec acteurs inconnus

Très intéressant documentaire qui montre les nombreuses facettes de la foresterie française . Les séquences sur la coupe à ras avec d’énormes machines à guillotiner les pins sont impressionnantes . On découvre la différence entre une manière respectueuse d'exploiter les forêts  et la plantation d’un champ d'arbres à récolter. Témoignages de forestiers passionnés opposés à ceux des investisseurs financiers. Allez vous instruire, vous ne le regretterez pas.




*** Everybody knows (Todos lo Saben)
2018 SP-FR-IT / Asghar Farhadi /2H12
Avec Penélope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darín …

A l’occasion du mariage de sa sœur, Laura, qui vit en Argentine, revient dans son village natal avec ses enfants : Irene, une adolescente asthmatique, et un petit garçon. Le mariage est l’occasion de danses, de beuveries et de flirts. Mais bientôt la disparition d’Irene va bouleverser le cours des choses et faire ressurgir un passé depuis longtemps enfoui.

Sans dire comme certains que c’est un navet, on regrette que ce ne soit pas du Almodovar.
Il y a tellement de personnages que j’ai du faire une recherche sur Internet pour essayer de comprendre qui est qui dans les personnages secondaires.
La meilleure analyse à ce sujet est sur OBLIKON
Et encore reste-t-il à comprendre qui est Ana et  pourquoi elle est l’instigatrice du complot . Si vous le découvrez faites le moi savoir.
La conclusion est dans les paroles de la chanson "Una De Esas Noches Sin Final" (Générique de fin) .


**** La révolution silencieuse
2018 RFA / Lars Kraume / 1H 51
Avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke, Isaiah Michalski, Jonas Dassler …

En Allemagne de l'Est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, Paul et Erik et les autres, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt ( une prestigieuse école de Berlin-Est) vont affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Ce film montre les aspirations de 18 adolescents, nés après la guerre, épris de libre arbitre. Ils n’ont pas connu l’Allemagne Nazie  mais elle reste profondément présente dans la mémoire de leurs familles : Erik Babinski a un père supposé mort en héros, Theo Lemke un père autoritaire et ultra politisé antifasciste, Kurt Wächter un père ouvrier sidérurgiste volontairement piégé par sa condition,. Coté des gouvernants : un ministre de l’Intérieur qui en rajoute dans la brutalité, une enquêtrice scolaire teigneuse et manipulatrice, un proviseur dépassé par les évènements, des professeurs pas très malins mais à cheval sur leurs prérogatives…
Il n’est pas inutile de rafraîchir les mémoires sur les horreurs de la vie sous les systèmes dictatoriaux.
Allez voir ce film sans faute.

N.B Le scénario est basé sur le livre autobiographique de Dietrich Garstka ( 1939-2018) publié en 2006 «  Das schweigende Klassenzimmer » .


*** La finale
 2018 FR / Robin Sykes /1H25
Avec Thierry Lhermitte, Rayane Bensetti, Émilie Caen…

Toute la famille Verdi est aux petits soins pour s’occuper de Roland, le grand-père, qui perd un peu la boule ces derniers temps. Tous sauf JB, l'ado de la famille, qui n'a qu'un seul but :  monter à Paris pour disputer sa finale de basket. Mais ses parents, bloqués ce week-end-là, lui demandent d’y renoncer pour surveiller son grand-père. JB décide alors de l’embarquer avec lui… Pendant ce voyage, rien ne se passera comme prévu…

Au delà de son coté road movie, c’est un fil tendre qui traite avec délicatesse de la maladie d’Alzheimer. Thierry Lhermitte  ne fait pas encore assez vieux pour être le grand-père de Rayane Bensetti, à moins que ce ne soit le contraire. Qu’importe, cette maladie peut frapper à tous âges.
Il y a un coté déjanté dans certaines situations et répliques que j’ai adoré. Allez voir ce film, vous passerez un bon moment.



*** Au Revoir Là-haut

2017 FR / Albert Dupontel /1H57
Avec Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte…

En novembre 1918 dans les tranchées Français et Allemands attendent la fin de la guerre. Le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate arriviste qui veut gagner ses galons de capitaine, envoie deux de ses hommes en éclaireur jusqu’aux positions allemandes. Ils se font tuer et Pradelle lance toute sa troupe à l’attaque. Les allemands ripostent. C’est un massacre. 

Les quelques survivants sont évacués. Parmi eux Pradelle et deux poilus : Édouard Péricourt (fils de la haute bourgeoisie, dessinateur de génie, homosexuel  rejeté par son père) et Albert Maillard ( modeste comptable). Albert a compris que Pradelle a tué les éclaireurs d’une balle dans le dos, Pradelle démasqué le pousse dans un trou d’obus. Il n’aura la vie sauve que gràce à Edouard qui lui se fait défigurer par un éclat d’obus. 
De retour à Paris, ironie du destin, Pradelle épouse la sœur d’Edouard. Ce dernier va habiter chez Albert , mais les temps sont durs. Pour survivre les deux amis se lancent dans une escroquerie au patriotisme : ils vendent aux municipalités des monuments aux morts fictifs. De son coté Pradelle signe un contrat avec l’État Français qui veut inhumer les morts pour la France dans leur région d’origine . Il corrompt quelques fonctionnaires et livre aux collectivités des cercueils remplis de terre et de cailloux, voire de soldats allemands …

Mais toutes ces magouilles ont une fin… déjantée et féerique dans la grande tradition d'Albert Dupontel.

La critique est dithyrambique. Les inconditionnels de Dupontel adoreront.
Personnellement, j’ai trouvé que c’était un peu languissant, surtout  la première partie dans les tranchées. On peut voir à la rigueur.



***** Jésus, l’enquête  

2018 USA / Jon Gunn /1H52
Avec Mike Vogel, Erika Christensen, Robert Forster, L Scott Calwell, Frankie Faison …
Biopic d’après le livre The case for Christ de Lee Strobel,

Lee Strobel, journaliste d’investigation au Chicago Tribune et athée revendiqué, est marié à Leslie pour le moins agnostique. Ils ont une fillette de 6 ans et un bébé. Un jour, à un arbre de Noël municipal, la fillette s’étouffe en avalant un bonbon de travers. Elle sera sauvée par une infirmière noire qui se trouvait par là. Leslie Strobel  se lie d’amitié avec cette infirmière Alfie Davis qui est aussi une chrétienne pratiquante. Alfie entraine Leslie dans son église Evangélique  écouter les remarquables homélies du pasteur local. Finalement Leslie va se convertir et en parle avec son mari. Celui-ci se braque et se met en tête de démontrer à son épouse que les religions sont des enfantillages. Il va partir  dans une longue enquête auprès des meilleurs spécialistes, avec l'ambition de prouver rationnellement que Jésus n'est jamais ressuscité… 

Comme en Amérique on ne fait rien à moitié, le générique final informe que Lee Strobel,  converti en 1981, est devenu pasteur en 1987, ainsi que sa fille et probablement  un jour son  petit fils. Et que depuis 2000, Lee se consacre à l’écriture et à la production de son émission télévisée, Faith Under Fire . Les produits dérivés, films et livres d’apologétique chrétienne, traduits en plusieurs langues rapportent des millions de dollars.


Ceci étant dit, pour un chrétien c’est un film à ne pas rater. Je conseillerai aux prêtres de ma paroisse d’aller le voir. Pour les non chrétiens, ils peuvent aussi aller voir ce film et tirer leurs propres conclusions.



**** 3 Billboards, Les Panneaux De La Vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)

2018 UK USA / Martin McDonagh /1H 56
Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell …

Mildred Hayes élève seule son fils adolescent. Son mari est parti avec une blonde et sa fille a été retrouvée violée et assassinée. Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, elle paye 3 panneaux d’affichage publicitaire à l'entrée de leur ville pour dénoncer le laxisme de la police.

C’est un grand film qui traite du racisme et de la haine dans l’Amérique profonde. Mais aussi de la psychologie individuelle et des perceptions collectives. Le titre français qui évoque la vengeance est mal choisi. L’acte de Mildred est un appel à l'aide.

Les acteurs sont tous très bons même les seconds rôles. Le scénario et la réalisation de Martin McDonagh est remarquable
Allez voir ce film vous ne serez pas déçus.



*** Ni juge ni soumise  

2018 FR Belge / Jean Libon, Yves Hinant / 1H39
Avec acteurs inconnus  Genre Documentaire

Ni Juge ni soumise est le premier long-métrage tiré de StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d'enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. 


A la télé, il m’arrive de regarder les nouveaux humoristes belges. Ici la réalité dépasse de loin la fiction. Avec certaines scènes assez gore. Mais cette juge opiniâtre est aussi une femme pleine d’humanité. L’audition de certaines prostituées est extraordinaire. J’ai bien aimé ce soi-disant documentaire.



*** Call me by your name

2018 FR IT etc/ Luca Guadagnino /2H11
Avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg…

En Italie pendant l’été 1983. Elio Perlman, 17 ans, jeune homme raffiné, passe ses vacances dans la somptueuse villa que possède sa famille, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation. Il est proche de ses parents. Ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. 
Un jour, Oliver, séduisant Américain qui prépare son doctorat de beaux-arts, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne …


La critique était dithyrambique… « un film qui renouvelle avec bonheur la grande tradition du cinéma italien… » Peut –être. Mais c’est aussi une description assez fouillée des sentiments et des amours charnels entre un jeune homme bisexuel et un adolescent qui le deviendra probablement.

Le rôle des parents  dans cette évolution n’est pas indifférent.



**  The Disaster Artist 

2018 USA / James Franco /1H 44min
Avec James Franco, Dave Franco, Seth Rogen…

En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné apparemment mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film avec son argent personnel ( 6 millions de USD quand même). Sans savoir vraiment comment s'y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. Depuis, le film de 2003 serait devenu une sorte de film culte. 


Moi qui adore les films déjantés, je n’ai pas été convaincu par celui là. Il paraît que c’est tiré d’une histoire vraie relatée dans un livre éponyme de Greg Sestero, qui jouait dans le film de 2003. Il semble qu’on nous repasse des extraits de THE ROOM dans le post générique de fin . Heureusement, je n’ai dépensé que 4 € pendant le printemps du Cinéma. Vous pouvez vous abstenir.



**** L’insulte

2018 Liban etc / Ziad Doueiri  /1H52
Avec Adel Karam, Kamel El Basha, Camille Salamé…

A Beyrouth, de nos jours, une insulte verbale qui dégénère en bagarre conduit Toni (chrétien libanais, tendance populiste) et Yasser (réfugié palestinien, chef de chantier méticuleux et tétu) devant les tribunaux. 
L'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale et fait se dresser les tensions dans l’entourage, dans les médias, puis dans la rue, la police, les milieux d’affaires et les milieux politiques , et jusqu’au sommet de l’Etat…  mais le procès dans sa longueur oblige ces deux hommes à se regarder en face… 


Le thème du film :  la violence appelle la violence non seulement entre deux individus mais entre des groupes socio-culturels. Le film nous montre divers cheminements émotionnels.   La seule façon d’arriver à la paix c’est  de se mettre à la place de l’autre et de pardonner. Pardonner ne veut pas dire oublier le passé, mais construire l’avenir. Dans le film, le rôle modérateur des femmes est souligné. Pour l’avenir de leurs enfants elles semblent plus disposées à avancer vers la pacification.
Qui a dit « la femme est l’avenir de l’homme » !

  

*** Les étoiles restantes

2018  FR / Loïc Paillard /1H 20
Avec Benoît Chauvin, Camille Claris, Jean Fornerod …

Alexandre, trentenaire un peu paumé après une rupture amoureuse, cherche sa voie entre Patrick son père malade, qui a décidé d’arrêter sa chimiothérapie et Loris son colocataire misanthrope et illuminé, qui travaille sur une « méthode universelle pour réussir sa vie » . Jusqu’ici tout va mal, mais c’est sans compter l’arrivée de Manon, une jeune thérapeute  aux méthodes un peu particulières …


Les critiques professionnels ont éreinté ce premier film, les critiques des spectateurs l’ont porté aux nues. Je l’ai vu pour 4 € au printemps du cinéma et mon opinion est entre les deux.

On peut aller le voir même à plein tarif.



*** 120 Battements Par Minute

2017 FR / Robin Campillo / 2H23
Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz …


Au début des années 90, le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale de la société qui pense que cette maladie touche les homosexuels les drogués et les délinquants. 
Nouveau venu dans le groupe d'Act Up-Paris, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean qui fait partie des membres fondateurs et dirige autoritairement la commission industrie pharmaceutique. Ils deviennent amants. 

Ce docu-fiction mérite d’être vu par toutes les générations. Act Up réunissait des personnes venant d’horizons très différents :  séropositifs homosexuels ou pas, mères d’adolescents ayant subi les transfusions sanguines  de l’affaire du sang contaminé, personnel hospitalier…

Dommage que le montage soit trop long. Il montre plusieurs séances de l’AG d’Act Up, diverses expéditions avec panneaux et bannières, les interventions de la police… mais aussi le goût de vivre des jeunes dansant dans les soirées disco et leurs amours homo et hétéro…


Question d’amours, le final sur les retrouvailles de Nathan et de Thibaut le jour de la mort de Sean ne donne pas une très bonne opinion sur la moralité des homosexuels.




*** La forme de l'eau - The Shape of Water  (fantastique et romance)

2018 USA / Guillermo del Toro /2H03
Avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins, Octavia Spencer…

Dans les années 60 en pleine guerre froide, Elisa, muette depuis la naissance mais pas sourde, est femme de ménage dans l’équipe de nettoyage d’un laboratoire gouvernemental ultra secret . Elle habite seule au dessus d’une salle de cinéma, mais a deux amis : Giles un vieux dessinateur peintre et Zelda sa coéquipière …
Un jour le colonel Richard Strickland débarque avec un mystérieux réservoir rempli d’eau de mer contenant semble-t-il un animal amphibie qui va faire l’objet d’études au laboratoire.
Zelda va découvrir que c’est une sorte de monstre marin mi-homme mi-poisson. Elle arrive à communiquer avec lui grâce au langage des sourds-muets… 


J’ai voulu voir ce film qui a reçu plusieurs Oscars. Le scénario est plutôt sans surprises et la critique en France est partagée, mais j’ai bien aimé. Il y a de nombreux clins d’œil à des classiques des films d’espionnage genre James Bond, et des films de science-fiction. Mais aussi à des films romantiques et comédies musicales Hollywoodiennes ; la scène finale fait penser au ballet aquatique de Respiro.



**** L’apparition

2018 FR / Xavier Giannoli /2H17
Avec Vincent Lindon, Galatea Bellugi, Patrick d'Assumçao, Anatole Taubman …

Jacques Damiano, grand reporter pour un quotidien français, revient d’un théâtre de guerre, traumatisé par la mort de son équipier photographe. Il reçoit un mystérieux coup de téléphone du Vatican. 
Dans une petite ville du sud-est de la France une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie. La rumeur s’est vite répandue et le phénomène a pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Les autorités locales, civiles et ecclésiastiques, sont débordées.

Jacques accepte de faire partie d’une commission d’enquête canonique chargée de faire la lumière sur ces événements…

Je l’ai vu avec des amis et nous avons tous bien aimé ce film, même s’il est un peu long. Sur un fond de foule moutonnière et de marchands du temple, de nombreux autres archétypes de personnages sont décrits : le curé du village et son détestable acolyte, les membres de la commission d’enquête…
Mais le film se recentre sur la recherche de la vérité que mène Jacques et la réaction de la jeune voyante Anna qui prend conscience des manipulations mercantiles de son entourage. 
Les qui pro quo des derniers épisodes, avec les protagonistes amis d’Anna dans les familles d’accueil et les foyers où elle a passé son enfance, ont été trouvés superflus par de nombreuses critiques de spectateurs. En réalité ils ouvrent la porte à ce que chacun puisse construire sa propre vérité : Anna a-t-elle miraculeusement guéri les douleurs d’oreille de Jacques…contribué à la rédemption du père Borrodine et changé la vie de Jacques par le sacrifice de sa vie…


** Jusqu’à la Garde

2018 FR/ Xavier Legrand /1H33
Avec Denis Ménochet, Léa Drucker, Mathilde Auneveux, Thomas Gioria …

Le film commence par une longue séquence dans le bureau d’une juge aux affaires familiales. Les avocats exposent les différents entre un homme Antoine et une femme Myriam en instance de divorce, notamment concernant la garde des enfants Julien 9 ans et Joséphine qui va avoir 18 ans. Pour protéger son fils Julien d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. De son coté Antoine estime que sa femme et sa belle famille montent les enfants contre lui, en particulier Julien qui a fourni une déposition officielle demandant de vivre avec sa mère  .
La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qui a demandé sa mutation pour se rapprocher de ses enfants. 
Antoine essaye de communiquer avec son fils sans grand résultats. Sa frustration augmente, ce d’autant plus que son propre père également autoritaire s’emporte contre lui et le jette à la porte. La tension monte…

Ce film traite de la violence conjugale, problème de société en augmentation depuis une dizaine d’années. Il rappelle que les maris violents ont souvent eu des pères violents. La violence est d’abord verbale, puis physique et enfin démentielle. Accessoirement la violence peut être aussi exercée par les femmes, qui s’enferment dans la non communication ou cherchent la vengeance par l’application de la loi.

Le plus triste, c’est que dans un prochain film on pourra nous montrer Julien (étonnante prestation du jeune Thomas Gioria ) devenu adulte et violent lui aussi.


**** In the fade  (Aus dem Nichts)

2018 RFA- FR / Fatih Akin /1H46
Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar …
Musique : Josh Homme

Katja, jeune femme allemande née  au Schleswig-Holstein est mariée au Kurde Nuri Sekerci, avec lequel elle a un fils de cinq ans Rocco. Ils vivent dans la banlieue de Hambourg, en face de la maison des parents de Nuri . 
Elle l’avait rencontré en lui achetant du haschisch lorsqu'elle était étudiante et l'a épousé alors qu'il était encore en prison, malgré l'opposition de leurs parents respectifs à ce mariage. Depuis la naissance de leur fils, Nuri a abandonné le trafic de drogue et a étudié en prison la gestion d'entreprise. Il travaille maintenant à Hambourg dans un bureau de traduction et de contrôle des affaires fiscales.

La vie de Katja s’effondre lorsque son mari Nuri et son fils Rocco meurent dans un attentat à la bombe …


Le film est découpé en trois parties : le deuil, l’injustice,  la vengeance. Les critiques professionnels l’ont descendu en flammes. Personnellement  j’ai trouvé que c’est un film dur mais très fort, sur la douleur de perdre son enfant, sur le déroulement des procès d’assises, et sur la montée de la violence expiatoire. Diane Kruger mérite le prix d’interprétation qu’elle a obtenu à Cannes.

N.B. Le titre international et français In the Fade est celui d'une chanson de Queens of the Stone Age, interprétée par Josh Homme, et veut dire « dans la déprime ». Aus dem Nichts veut dire « sorti du néant » mais aussi « tout d’un coup ». Fatih Akin met en scène les manquements de l'État, de la justice et de la société allemande concernant les attentats perpétrés par les membres du groupuscule néo-nazi NSU entre 2000 et 2011 tuant 8 immigrés turcs, un immigré grec et une policière »



**** Les heures sombres 

2018 UK / Joe Wright / 2H06
Avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Ben Mendelsohn, Lily James …

Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, pour former un gouvernement de coalition. Le contexte européen est marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’invasion de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas. Le gros de l’armée britannique est encerclé  à Dunkerque et bombardé par la Luftwaffe. 

Rapidement, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi George VI, influencé par son ami Lord Halifax, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer sa tâche. 

Poussé par son cabinet de guerre, Churchill doit prendre une décision cruciale : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout. 
Avec le soutien de son épouse Clémentine il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire Elizabeth Layton, Winston Churchill compose et prononce les discours qui vont galvaniser son pays.

C’est un grand film qui nous remet en tête des détails du début de la guerre de 40. Le fonctionnement du ménage Churchill en famille est  intéressant. L’épisode où Churchill rencontre un échantillon d’Anglais moyens dans le métro admirable. Allez voir ce film avec vos grands enfants, vous ne perdrez pas votre temps.




*** PENTAGON PAPERS

2018 USA/ Steven Spielberg /1H 55
Avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson …


Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s'associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d'État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d'années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Ce film est un biopic plutôt bien fait sur la liberté de la presse opposée à la raison d’Etat. Et encore faudrait-il dire les raisons des chefs de l’Etat successifs qui ne sont pas toujours aussi angéliques qu’ils le disent.
On pénètre dans l’univers complexe des maisons de presse, avec le coté immédiat de l’information qui fait la une des journaux, les états d’âme des  journalistes , le risque financier si le tirage baisse et le risque de procès en diffamation ou autre chef d’accusation. Meryl Streep est toujours extra.