dimanche 1 mars 2020

2020

**** Dark waters


Robert Bilott est « environmental lawyer »  chez Taft Stettinius & Hollister cabinet  spécialisé entre autres dans la défense des industries chimiques. Interpellé en 1998 par un paysan, voisin du village de sa grand-mère, il va découvrir que la campagne idyllique de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région. Afin de faire éclater la vérité sur la pollution mortelle due aux rejets toxiques de l’usine, il va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie..

Ce film relate l’histoire révélée en 2016 par l'article "The Lawyer Who Became DuPont's Worst Nightmare" publié dans le New York Times Magazine.

Robert Bilott , avocat en pleine ascension professionnelle, choisit de mettre sa carrière en danger pour diverses raisons : au départ venir en aide à des voisins et amis de sa grand-mère qui refusent la fatalité qu’on voudrait leur imposer, mais rapidement par un souci tout professionnel de faire éclater la vérité. Souci qui deviendra obsessionnel pendant près de vingt ans.

En conclusion, Du Pont reste avec ses casseroles (ou plutôt ses poêles teflon) attachées aux fesses. Le système judiciaire et l’organisation de la santé aux USA ne sortent pas grandis. Ce d’autant plus qu’il y a nombre d’affaires similaires en cours aux USA et dans le monde entier avec des dégâts écologiques irréversibles.












**** Le cas Richard Jewell









En 1996, un ancien policier, Richard Jewell, fait partie de l'équipe locale chargée de la sécurité des Jeux Olympiques d'Atlanta. Il est le premier à alerter de la présence d'une bombe et à sauver ainsi des vies. Les medias en font un héros national ce qui fait la fierté de sa vieille mère.

Le FBI enquête pour retrouver le poseur de bombe, il urge de trouver un coupable… Richard Jewell se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme… passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des Etats-Unis.



Il sera innocenté trois mois plus tard grâce à l’énergie d’un avocat de rencontre.  Mais le stress de cette mésaventure a dégradé sa santé.







Le film met en scène un personnage atypique Richard Jewell, l’incarnation vivante de l’anti-héros : obèse, un peu simplet, fasciné par l’obéissance aux consignes, travailleur consciencieux  et en même temps éprouvant le besoin irrépressible d’aider les autres.

Il vit chez sa mère et a connu un certain nombre de déboires pour excès de zèle dans ses divers emplois précédents.

Une charge contre les institutions fédérales des USA  et contre les medias  et en particulier les journalistes d’investigations.





**** Deux







Nina et Madeleine sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leur vie ensemble. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un tragique accident  fait tout basculer…



Je vous recommande ce film, qui au fond parle de l’Amour avec un grand A. Et comme les deux amoureuses ont un certain âge, il n’y a pas pratiquement aucune scène de sexe, mais surtout de la tendresse.


Un film tout de psychologie sur les sentiments, le dévouement, la combativité, le rejet des amours lesbiennes par la société,  et même par le fils et la fille de Madeleine quand ils le découvrent.


La scène finale est une belle paraphrase de ce que, à l’exemple du Christ, « l’Amour est plus fort que la mort ».







**** Un divan à Tunis







Après avoir exercé en France, une jeune femme Selma, 35 ans, ouvre son cabinet de psychanalyse dans une banlieue populaire de Tunis. Au lendemain de la Révolution, la demande s'avère importante dans ce pays « schizophrène ». Mais entre ceux qui prennent Freud et sa barbe pour un frère musulman et ceux qui confondent séances tarifées avec "prestations tarifées", les débuts du cabinet sont mouvementés… Alors que Selma commence enfin à trouver ses marques, elle découvre qu'il lui manque une autorisation indispensable pour continuer d'exercer…



J’ai beaucoup aimé ce film qui passe en revue les turpitudes de la société tunisienne : compromis entre la loi coranique et l’alcoolisme, compromis entre l’Etat de droit et le marché noir, mariages arrangés par la famille  compromis d’une autre façon.

En sortant de là, on peut se demander s’il n’y a pas là une prémonition de ce qui pourrait advenir de la société française.






** Histoire d’un regard 


                (Documentaire)



Gilles Caron, alors qu’il est au sommet d’une carrière de photojournaliste fulgurante, disparaît brutalement au Cambodge en 1970. Il a tout juste 30 ans. En l’espace de 6 ans, il a été l’un des témoins majeurs de son époque :la guerre des Six Jours, mai 68, le conflit nord-irlandais ou encore la guerre du Vietnam.

Lorsque la réalisatrice Mariana Otero découvre le travail de Gilles Caron, une photographie attire son attention qui fait écho avec sa propre histoire, la disparition d’un être cher qui ne laisse derrière lui que des images à déchiffrer. 
Elle se plonge alors dans les 100 000 clichés du photo-reporter pour lui redonner une présence et raconter l’histoire de son regard si singulier.

Une amie m’avait chaudement recommandé ce film qu’elle avait trouvé magnifique. Il y a deux lectures possibles :
  • Rappel historique de quelques évènements majeurs : guerres, famines, révolutions …
  • Appel pour que le devoir de mémoire s’applique non seulement aux grandes commémorations : guerre de 14-18, Shoah… mais aussi à des évènements plus privés. C’est alors une façon de faire son deuil.





** Les filles du Dr March
2020 USA / Greta Gerwig/2H15
Avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh , Eliza Scalen, Meryl Streep, Louis Garrel…etc

Une nouvelle adaptation du roman "Quatre filles du Docteur March" et des écrits de Louisa May Alcott.
Meg la sœur ainée joue les mondaines, Jo March aime écrire et repense aux diverses époques de sa vie, Amy étudie le dessin et  Beth veut devenir musicienne. Leur père Robert March est pasteur et s’est engagé comme aumônier aux côtés des Nordistes dans la guerre de sécession. La mère Mary s’occupe seule de ses filles, aidée par la domestique Hannah, Elle est très engagée dans des actions caritatives au profit des troupes nordistes.
Il y a aussi la riche tante de Robert March « tante Joséphine ». Et divers garçons plus ou moins jeunes :Théodore « Laurie » Laurence, Friedrich Bhaer et ses deux amis

  
Tout cela donne un film passablement à l’eau de rose. Avec deux défauts majeurs : beaucoup de flashbacks vers des périodes mal datables car les actrices ne changent pas d’aspect extérieur quel que soit leur âge, et des scènes d’hystérie collective aux dialogues confus qui n’ajoutent rien .  
Le tout assaisonné de belles  images aux couleurs automnales et de somptueux meubles et décors intérieurs.

P.S. Le titre anglais est « little women » c'est tout dire !