mercredi 18 octobre 2017

2017



 *** Faute d'amour

2017 russe, FR, BEL,RFA/ Andrey Zvyagintsev /2H08
Avec Alexey Rozin, Maryana Spivak, Marina Vasilyeva…

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

C’est un film intéressant sur la dureté des rapports humains, un portrait  critique de la société actuelle en  Russie. Peut-être hélas de ce qui nous attend dans le reste du monde. Il faut comprendre le titre comme ce qui arrive par suite du manque d’amour partagé entre parents et enfant et entre conjoints.

La première partie du film avec les disputes et les retrouvailles au lit des divers couples est un peu fastidieuse, les séquences dans les bureaux et les cafétérias donnent à penser que les Russes ne sont pas très ardents au travail.
A partir de la disparition du jeune Aliocha et les battues pour le retrouver, ça devient nettement plus prenant.

Dans le détail on trouvera la contraste entre trois niveaux de vie : classe paysanne, classe moyenne urbaine, classe supérieure. La propagande du pouvoir central omniprésente à la radio. Les diktats d’un chef d’entreprise ne tolérant pas les divorces pour ses employés.

Sur le plan cinématographique, saluons une photographie de paysages magnifique et des acteurs et actrices à la hauteur.




*** Le sens de la fête

2017FR / Eric Toledano, Olivier Nakache / 1H 57

Avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche , Eye Haidara…

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un grand mariage dans un château du 17ème siècle, celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos …


J’ai trouvé ce film assez drôle, encore que je sois un peu allergique à Jean Pierre Bacri. Tous les petits travers de la société bobo sont épinglés ainsi que le contraste entre le monde des riches et celui des travailleurs plus ou moins déclarés.
Le scénario est très inventif et dans la deuxième partie quand le marié fait sa surprise aux invités, il devient absolument génial avec une séquence aérienne sublime..



* Un Beau Soleil Intérieur

2017 FR/ Claire Denis  / 1H34
Avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Gérard Depardieu, Josianne Balasko…

Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.

La première partie est franchement rasoir en dépit d’une distribution impressionnante. La description des états d’âme d’une société de bobos et d’intellos parisiens m’a fait regarder ma montre dès le premier quart d’heure.

Plusieurs spectateurs sont sortis de la salle avant la fin. C’est d’ailleurs dommage car la deuxième partie, dans un interminable post générique final  avec Gérard Depardieu en extralucide chic et cher, est la plus sympathique.


*** Les grands esprits 

2017 FR / Olivier Ayache-Vidal /1H46
Avec Denis Podalydès, Léa Drucker, Zineb Triki, Aboulaye Diallo et d'autres élèves des REP, ...

François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d'événements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire à juste titre. Mais grâce à son intelligence il finira par trouver une clé pour motiver ses élèves. En revanche ses collègues sont partagés sur la méthode et certains franchement hostiles. François Foucault fera preuve d'une pugnacité inattendue pour soutenir le jeune Seydou qui s'est fait exclure par le conseil de discipline en dépit de ses progrès manifestes dans ses études ...

Sur un thème déjà porté plusieurs fois au cinéma ( notamment "Entre les murs") ce film renouvelle le genre et apporte un éclairage très varié  sur les élèves, les parents résignés ou violents, les professeurs qui sont en banlieue depuis longtemps, ceux qui y débutent, le directeur, l'agrégé de lettres transplanté pour un an depuis un collège prestigieux, le cabinet du ministre et Madame la Ministre de l'Education...
Je suppose que les enseignants pourront en retirer quelque chose, serait-ce que l'expérience de neurosciences sur le brochet et les petits poissons. Les parents aussi.
Bref je conseille de voir ce film pour la prestation de Denis Podalydes et pour le scénario d'Olivier Ayache-Vidal. 


 
** Otez-moi d'un doute

2017 FR/ Carine Tardieu / 1H40
De Avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand, Esteban, Alice de Lencquesaing ...

Erwan, veuf , vit avec sa grande fille Juliette, et rend visite à son père, veuf  lui aussi. Il exerce le métier dangereux de  démineur. Juliette est bénévole dans une association de réinsertion des illettrés. Elle envoie un de ses protégés Didier en stage dans l'entreprise qui emploie aussi son père.
Juliettte tombe enceinte et prétend ne pas se souvenir de comment cela lui est arrivé. Finalement, elle était ivre lors de la fête annuelle de l'entreprise des Démineurs Bretons. Erwan se lance alors dans une campagne de tests ADN pour trouver le coupable. Son père et lui ayant servis de témoins, Erwan  apprend à cette occasion que son père n’est pas son vrai père.
Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan s'adresse à une détective spécialisée qui enquête discrètement et retrouve le géniteur : Joseph, un vieil homme attachant, veuf aussi qui vit avec sa grande fille Anna.


Une sorte de roman policier sur le thème de la filiation. L'histoire est un peu cousue de fil blanc, avec un final ambigu (sur le sens de zéro coïncidence), mais les acteurs sont extras, en particulier Esteban qui joue les demeurés avec  brio. Les deux pères André Wilms et  Guy Marchand raviront les âmes tendres et Cécile de France est égale à elle même. Cerise sur le gâteau, les paysages du golfe du Morbihan sont très bien filmés.





* Sword Art Online Movie  (Animation)

2017 JAP / Tomohiko Itō / 2H00
Avec Ryan Bartley, Christine Marie Cabanos, Yoshitsugu Matsuoka …

En l'an 2026, deux ans après avoir été libérés du jeu Sword Art Online ( S.A.O), Kazuto et ses amis profitent enfin de jours paisibles. Récemment, la réalité augmentée est devenue possible grâce à l'Augma, et avec cette mode vient son lot de modifications du quotidien. Un nouveau jeu émerge "Ordinal Scale" qui devient rapidement si populaire que la réalité virtuelle ordinaire s'en trouve délaissée. Kazuto ne semble pas motivé par la réalité augmentée, mais c'est alors que d'anciens boss de S.A.O font leur apparition... Et d'autres fantômes du passé menacent de resurgir...

J’ai vu ce film dans le cadre de ma cure de cinéma à 4 €. Le manga des jeux de rôle avec combats bruyants contre des monstres à transformation ne m’intéresse pas d’autant plus qu’il se répète de nombreuses fois.
En revanche j’ai bien apprécié la moralité qui se dégage de cette histoire : addiction aux jeux vidéos, surenchère dans l'offre de réalité virtuelle, apologie de la violence… détournement de l’intelligence artificielle par ses concepteurs obsessionnels ... destruction du cerveau humain par overdose de victoires virtuelles … et cependant, à la fin  la simple nature humaine reprend le dessus.



 *** Lou Andréas Salomé

2017 CH-RFA / Cordula Kablitz-Post / 1H55
Avec Katharina Lorenz, Nicole Heesters, Liv Lisa Fries …

Lou Andreas-Salomé, égérie intellectuelle, romancière et psychanalyste, décide d’écrire ses mémoires et prend comme secrétaire un jeune homme qui sera son ami jusque sa mort, Ernst Pfeiffer.
Elle retrace sa jeunesse parmi la communauté allemande de Saint-Pétersbourg, marquée par le vœu de poursuivre une vie intellectuelle et la certitude que le sexe, donc le mariage, place les femmes dans un rôle subordonné. Elle étudie la philosophie en fréquentant les bibliothèques publiques où elle fait la connaissance de Paul Rée, un autre philosophe allemand.
En 1882, à l'occasion d'un séjour à Rome, elle rencontre Friedriech Nietzsche. Il a dix-sept ans de plus qu'elle. En rupture avec les usages, elle cohabite quelque temps avec lui et avec Paul Rée, jusqu'à ce que la famille de Nietzsche ne les sépare.
 Rée demande en vain la main de Lou qui craint que l'amour physique ne la détourne de sa vocation d'intellectuelle. Si elle accepte en 1887 d'épouser Friedrich Andreas, c'est à condition que leur union reste platonique.
En 1897 Lou Andreas-Salomé rencontre René Rilke. Il a quatorze ans de moins qu'elle. Leur amitié se transformera en histoire d'amour. Quelques années plus tard, à Vienne, elle fait la connaissance de Sigmund Freud avec lequel elle pratique une auto-analyse en vue de devenir elle même une psychanalyste reconnue…



La critique est assez partagée et compare ce film à Wikipedia. Personnellement j’ai bien aimé. On se rafraîchit la mémoire et on découvre de petits détails ignorés.




*** Vénérable W.  (Documentaire)

2017 CH-FR / Barbet Schroeder /1H40
Avec Barbet Schroeder, Bulle Ogier …

En Birmanie, U Wirathu, 48 ans, est un moine bouddhiste très influent. Il a successivement dirigé le mouvement islamophobe 969, puis le mouvement d’extrême-droite Ma Ba Tha (Comité pour la protection de la race et de la religion).  On le voit prêcher le racisme et entretenir la peur et la haine des musulmans, et on observe comment ces discours ont engendré violences et destructions.Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion à l’origine fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent…

Ce documentaire fait partie, avec "Général Idi Amin Dada : Autoportrait" (1974) et  "L’avocat de la terreur" (2007) d’une suite que Schroeder qualifie lui-même de « Trilogie du mal ». Barbet Schroder a réussi à interviewer le moine Birman U Wirathu, ainsi que d’autres personnalités bouddhistes et divers observateurs occidentaux.
N’oublions pas que le parti de de Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis novembre 2015 et désireux d’ouvrir le pays à la démocratie, a du faire de nombreuses concessions à une armée toujours très puissante.
En 2003, Wirathu a été condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine et au conflit religieux. Il a été libéré en janvier 2012, lors d’une amnistie générale. Depuis cette libération, ce moine, en apparence si lisse, appelle les nationaux à boycotter les commerces musulmans, a insulté très grossièrement Angela Merkel, se félicite de l’élection de Donald Trump, et propose un statut des non bouddhistes qui rappelle fâcheusement le statut des juifs sous le régime Nazi… 

Le petit diagramme sur le réel et le ressenti du pourcentage de musulmans dans divers pays doit nous faire réfléchir…


**** Creepy 

2017 JAP/ Kiyoshi Kurosawa  / 2H10
 Avec Hidetoshi Nishijima, Yuko Takeuchi, Teruyuki Kagawa ...

Un ancien inspecteur de police, Takakura , devenu professeur de criminologie, s’installe avec son épouse Yasuko et leur gros chien Max dans un nouveau quartier résidentiel de Tokyo. Ils aspirent à une vie tranquille, mais dès le début l'ambiance du voisinage les met mal à l'aise.
Tous les jours Takakura quitte son domicile pour aller enseigner à la prestigieuse université MEIJI. Six ans auparavant, il avait participé à une enquête sur la  disparition de trois personnes de la même famille. Poussé par on ne sait quel pressentiment il va rouvrir des dossiers non résolus de tueurs en série.
Dans le même temps sa femme Yasuko, sans autres occupations que le cuisine et les tâches ménagères, fait davantage connaissance avec leurs étranges voisins la famille Nishino.


J'ai beaucoup aimé ce thriller sur la manipulation et l'emprise psychologique qui renouvelle les personnages de psychopathes pervers déjà montrés au cinéma. . Bizarrement la critique est assez partagée. L'acteur Teruyuki Kagawa qui joue le rôle de Nishino est extraordinaire. 


Creepy est l'adaptation d'un roman écrit par Yutaka Maekawa. Le titre est un adjectif qui évoque ce qui donne la chair de poule

 



***  Ce qui nous lie

2017 FR / Cédric Klapisch /1H53
Avec Pio Marmaï, Ana Girardot, François Civil ...

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces trois jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.


La critique est assez partagée. C'est dommage que ce film ressemble à certaines séries télé ou à un documentaire. Sinon les images des vignes aux diverses époques de l'année sont magnifiques. Les acteurs sont plutôt bons. Les personnages du beau-père et de la belle mère envahissante un peu trop caricaturaux.


** Le Christ aveugle

 2017 CHILI-FR / Christopher Murray  / 1H25
Avec Michael Siva, Bastian Inostroza, Ana Maria Henriquez...

Dans le désert chilien, un jeune garçon Michael demande à son ami Mauricio de lui clouer les mains sur un tronc d'arbre. Cette approche radicale va lui permettre de recevoir un signe divin, qui lui brûle les yeux. Devenu adulte, il se sent habité par la présence de Dieu. Une dizaine d'années plus tard, Michael s'occupe de son vieux père alcoolique, exerce le métier de mécanicien, et soulage les misères de ses voisins.

Ayant appris que son ami d’enfance Mauricio, parti travailler dans une mine, a été gravement accidenté, Michael décide de partir pieds nus au travers des sables de la Pampa del Tamarugal pour aller à son chevet accomplir un miracle. Il va rencontrer dans ce long  voyage toutes sortes de gens méfiants, violents, mais aussi bienveillants comme le jeune Bastián et sa mère...


Je voulais voir ce film après avoir lu - une fois n'est pas coutume - la critique du Canard Enchaîné. Les notes données par les spectateur sont très centrées sur "moyen", et pour tout dire, j'ai eu du mal à ne pas m'assoupir plusieurs fois. Mea culpa, parce que le message est intéressant : Dieu est en chacun de nous. Si le Tout Puissant à l'air de ne plus se soucier de ses créatures, si Jésus ne fait plus  de miracles, c'est parce qu'ils ont transmis aux croyants la mission de continuer leur action salvatrice, action de secours, de protection, de soutien.

N.B. Seul Michael Siva est un acteur professionnel ; tous les autres rôles sont tenus par les habitants des villages où le film a été tourné.




**** Get out

2017 USA/ Jordan Peele /1H44
Avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford ...

Chris Washington, jeune black, est un talentueux photographe. Il file le parfait amour avec sa petite amie Rose Armitage, une WASP avec laquelle il est depuis quelques mois. Elle veut le présenter à ses parents. Nonobstant les mises en garde de son copain d'enfance Rob, qui travaille dans une entreprise de sécurité, les deux tourtereaux partent pour un week-end dans le nord de l’État.

Les parents Armitage sont presque trop accueillants, le frère de Rose plus provocateur. Le climat devient de plus en plus oppressant . Le lendemain, une dizaine d'amis de la famille débarquent pour célébrer l'anniversaire d'une grand mère morte  il y a trois ans. Le malaise grandit ...


J'ai bien aimé ce film qui renouvelle les règles du polar psychologique et du film noir dans tous les sens du terme. En contrepoint, la dénonciation du racisme et du sectarisme illustré par les pratiques surprenantes de ce cercle de bourgeois aisés, le tout renforcé par une dernière partie inattendue et paroxystique.




*** Marie-Francine

2017 FR / Valérie Lemercier  / 1H 35
Avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent, Nadège Beausson-Diagne, Denis Podalydès...

A 50 ans , mère de deux grandes filles adolescentes ... Marie-Francine  est trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot de chercheuse généticienne. Le mari adultère garde l'appartement. Après quelques péripéties,  Marie-Francine est obligée de retourner vivre chez ses parents...! Tantôt ils l'infantilisent, tantôt ils la poussent au divorce et au remariage...  Pour l'occuper, ils lui installent  une petite boutique de cigarettes électroniques .

C'est là qu'elle va rencontrer Miguel, qui est chef cuisinier dans un restaurant voisin. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu'elle.

Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question...



C'est un film très amusant, un peu déjanté sans plus, une comédie à la fois romantique  et satire sociale. Les seconds rôles sont excellents, en particulier Nadège.
Dans les scènes finales on a le plaisir de ré-écouter des chansons de Georges Moustaki, Sylvie Vartan et Charles Aznavour.



* Sage femme

2017 FR-BEL / Martin Provost /  1H 57
Avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire …
Scénariste : Martin Provost

Claire est sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Elle est mère célibataire d' un fils, qui fait ses études de médecine et a toujours rêvé de devenir chirurgien. Claire passe ses loisirs dans son petit jardin ouvrier, un endroit bucolique en bord de Seine.
Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de la maternité où elle travaille, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père. Béatrice est une femme fantasque et égoïste, l’exacte opposée de Claire…


J’ai vu ce film avec une amie et aucun de nous n’a aimé. Autant le rôle écrit pour Catherine Frot  est réaliste quoique sans grande invention, autant celui pour Catherine Deneuve est complètement outré  et irréel. Il ne ressort aucune émotion de ce rapprochement. Bref on peut s’abstenir.





 ** Silence
 2017 USA-ETC/ Martin Scorsese / 2H42
Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson...

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites, Sébastiao Rodrigues et Francisco Garupe, se rendent au Japon pour tenter de retrouver leur professeur et directeur spirituel, le père Ferreira, disparu alors qu’il était venu y répandre le catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

La critique est très partagée. Le film est beaucoup trop long. La première partie avec les paysans crypto-chrétiens est trop répétitive. La seconde, quand le père Sébastiao est arrêté, est plus intéressante : raffinement des supplices japonais, et surtout la joute intellectuelle entre le
jésuite et le gouverneur japonais qui analyse la raison d'Etat ...


N.B. "Silence" est l'adaptation du roman éponyme écrit en 1966 par Shūsaku Endō, un écrivain catholique japonais. À noter que le livre a déjà connu une première adaptation en 1971 réalisée par Masahiro Shinoda. Le "Silence" du titre évoque le silence de Dieu face aux souffrances vécues en son nom.




*** Les figures de l'ombre  (biopic)

2017 USA / Theodore Melfi / 2H06
Avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe ...

En 1962, au centre de calcul de la NACA à Langley trois jeunes femmes afro-américaines, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, se battent pour être entendues et écoutées en dépit de leur sexe et surtout de leur couleur de peau dans cet état de Virginie, profondément ségrégationniste.
Après de nombreux échecs du lanceur Thor-Agena, elles ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn puis au programme APPOLO.


C'est un très bon film, à faire voir en famille pour rappeler aux jeunes générations le sens de l'effort. Attendez le générique de fin qui vous montrera les photos des héroïnes à divers âges. Notamment la surdouée du calcul à la main Katherine Coleman Goble Johnson encore vivante en 2017 âgée de 99 ans.




* Grave

2017 FR-BEL / Julia Ducournau / 1H38
Avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella …

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école vétérinaire où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installée, le bizutage commence. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature...

Je l’ai vu dans mon cinéma habituel, en ayant l’impression qu’il ne se donnerait plus. Je n’avais pas lu les critiques des spectateurs et compris que c’était  un film « gore et trash », c’est à dire violent, sanglant, écœurant. Espérons que la réalisatrice, dont c’est le premier long-métrage, exercera ses talents, qui sont évidents, dans un autre registre.




*** Paris pieds nus 

2017 FR-BEL / Fiona Gordon et Dominique Abel /  1H23
Avec Fiona Gordon, Dominique Abel, Emmanuelle Riva, Jean Richard…

Fiona, bibliothécaire au Canada, débarque à Paris pour venir en aide à sa vieille tante en détresse. Mais Fiona perd ses bagages et, quand elle arrive à l’adresse indiquée, la tante Martha a disparu de son domicile. Fiona va rencontrer un SDF prénommé Dom qui a planté sa tente sur les quais de la Seine en face de la statue de la Liberté. C’est le début d’une course poursuite dans Paris à la recherche de Martha qui semble désorientée.


J’ai adoré ce film à l’humour déjanté, avec des clins d’œil à de grands classiques, notamment une variante très sympathique de la danse des petits pains de Charlie Chaplin sur un banc du Père Lachaise. Bravo aux deux acteurs réalisateurs et à leur deux complices principaux.

 


** La confession

2017 FR / Nicolas Boukhrief /1H56
Avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny …

Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre, Léon Morin, suscite l’intérêt de toutes les femmes du pays, en particulier les employées de la poste locale ... toutes sauf Barny, jeune femme communiste et athée, sans nouvelles de son mari prisonnier en Allemagne. La jeune sceptique se rend finalement à l’église dans le but de défier cet abbé .
Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes …


C’est un troisième film inspiré du roman de Béatrix Beck (Prix Goncourt 1952), notamment le «  Léon Morin, prêtre » de Jean Pierre Melville (1961).

La critique est très partagée. Il y a ceux qui trouvent que ça part mal dès le début quand l’héroïne mourante commence à raconter son histoire à un jeune prêtre venu administrer l’extrême onction. Et ceux qui y ont vu une œuvre d'une sérénité surprenante, sans chichis, avec cependant quelques bavures comiques forcées.
Je l’ai vu pour 4 € et je ne regrette rien, mais peut être vaut-il mieux relire le roman.  


** Elle

2016 FR-RFA / Paul Verhoeven / 2H10
Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny …

Michèle à la tête d'une grande entreprise de jeux vidéo, gère ses affaires et sa vie « sentimentale » d'une main de fer. Elle navigue entre ses associés, son amie, son amant, son ex-mari et leur grand fils, sa mère et son gigolo, un voisin et son épouse… Un après midi elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu cagoulé. Pour des raisons personnelles,  elle ne prévient pas la police et se met en tête de retrouver son agresseur. Dans quel but ?…

Je n’ai pas aimé ce film qui traite des fantasmes sexuels féminins, voire d’une certaine perversion. Il se peut aussi que le souvenir refoulé d’un drame familial survenu quand elle avait 7 ans,  soit à l’origine de son comportement déviant relevant de la psychiatrie.


***  L'autre coté de l'espoir

2017 Finlande / Aki Kaurismäki /1H38
Avec Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Ilkka Koivula ...

Wikhström, Finlandais, la cinquantaine, décide de changer de vie. Il quitte sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour acheter un restaurant et le moderniser.

Khaled a fui la Syrie après que ses parents et une grande partie de sa famille aient été tués dans les bombardements d'Alep. Il débarque par hasard en Finlande et dépose une demande d’asile qui est bientôt rejetée. Sur le point d’être reconduit vers la Turquie, il s’échappe du centre de rétention.

Le destin de ces deux hommes va se croiser.


J'ai bien aimé ce film, en dépit de longueurs dans le début. On nous montre des Finlandais  hyper flegmatiques mais au grand cœur. Une administration et une police attachée à la lettre de la loi. Quelques néo-nazis brutaux et stupides. Des migrants qui ont du mal à renouer les bouts de leurs vies.



 

*** Noces

2017 BEL, LUX, Pakistan, FR / Stephan Streker / 1H 38
Avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, Faycal Safi, ...

En Belgique, Zahira Kazim, étudiante de 18 ans, tombe enceinte de son petit ami Tariq. Il ne veut pas d'enfant et la pousse à avorter. Elle hésite et le quitte.

Zahira est une musulmane plutôt pieuse, très proche de sa famille pakistanaise qui tient depuis plus de trente ans une épicerie en Belgique. Elle se confie à son frère aîné Amir  et à une amie Belge.
Ses parents veulent lui imposer un mariage arrangé avec un Pakistanais... Elle est écartelée entre l'amour familial et son aspiration d'indépendance. Tout va empirer...


C'est un beau film qui traite de la difficulté à se couper de ses racines à la première génération d'émigrés obnubilés par le poids de la tradition. Mais aussi à la seconde génération partagée entre les liens de la famille et la normalité du pays où elle a grandi.

Le scénario est malheureusement inspiré d'un fait divers qui s’est déroulé en Belgique en 2007. C'est désespérant.



***  Monsieur & Madame Adelman 

2017FR / Nicolas Bedos /2H00
Co-scénaristes : Nicolas Bedos et Doria Tillier
Avec Doria Tillier, Nicolas Bedos, Denis Podalydès, Antoine Gouy …

Comment Sarah, diplômée de littérature, et Victor, fils de famille qui aspire à devenir écrivain, ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l'ombre de son mari ?
Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d'un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du vingtième siècle…


C’est un film intello, mais moins bavard que les Woody Allen. Pour la  première expérience de réalisateur de Nicolas Bedos, c’est plutôt réussi. Doria Tillier, qui est aussi sa compagne à la ville, est très bonne surtout  à la fin quand elle raconte l’histoire de leur vie au journaliste. On souhaite qu’il y ait des suites de la même qualité.



***** Lion      ( biopic)

2017 USA-AUSTRALIE-UK / Garth Davis /1H58
Avec Sunny Pawar, Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman ...
Musique : Dustin O’Halloran Photographie: Greig Fraser Montage: Alexandre De Franceschi

En 1987 en Inde du Nord, district de Khandwa, Madhya Pradesh., un petit garçon de à 5 ans, Saroo, se retrouve seul, enfermé dans un train qui l’emmène malgré lui à plus de 1600 kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et finalement adopté par un couple d’Australiens.
Vingt cinq ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, il fréquente une famille d'origine indienne et peu à peu l'idée de retrouver ses racines va devenir une obsession. Pendant près de deux ans il va examiner des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître la gare d'où il était parti et son village.



C'est vraiment un film magnifique tant par l'histoire que par la réalisation de Garth Davis dont c'est le premier long-métrage (inspiré du livre autobiographiquede Saroo Brierley "A Long Way Home", publié en 2013) . 

Le jeune garçon qui joue Saroo est extraordinaire. Les acteurs adultes sont très bien aussi.
Montage, photographie, musique sont parfaits aussi.
Sur le fond, au delà du coté émouvant des tribulations du jeune Saroo dans la misère de l'Inde, on retiendra la réflexion sur l'adoption, ses joies mais aussi ses difficultés. Et aussi la réflexion sur la recherche de ses origines, qui peut déstabiliser celui qui la mène et par conséquent tout son entourage, parents adoptifs et compagne.

Courez voir ce film qui sera sans doute le meilleur de l'année.




*** Patients 

2017 FR / Grand Corps Malade, Mehdi Idir /  1H50
Avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly ...

Se laver, s'habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens.... Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s'engueuler, se séduire mais surtout trouver l'énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l'histoire d'une renaissance, d'un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul...

En premier ce film a un rôle pédagogique pour ceux qui n'ont pas connu de près par où passent les handicapés : honte de la dépendance, ennui, espoir et désespoir, parfois tendances suicidaires... mais aussi la variété des caractères du corps médical, des infirmiers, kinés et autres personnels...
Ecoutez le slam de GCM pendant le générique final.
Bravo pour cette œuvre  qui contribue  à élever le niveau moral de notre pays. 


P.S. Le scénario du film est l'adaptation cinématographique du livre éponyme et autobiographique de Fabien Marsaud accidenté en 1997 à l’âge de 20 ans  et devenu, depuis 2006, une vedette du slam sous le nom de Grand Corps Malade.


*** Dans la forêt

2017 FR-SUEDE / Gilles Marchand /1H43
Avec Jérémie Elkaïm, Timothé Vom Dorp, Théo Van de Voorde ...

Tom et son grand frère Benjamin habitent à Paris avec leur mère divorcée. Tom, sujet à des rêves angoissants, est suivi par une pédopsychiatre.
Les deux frères partent en Suède retrouver leur père pour les vacances d'été. Le père, à la fois aimant, autoritaire et instable, fait un peu peur à Tom. De plus, il semble convaincu que son fils a des dons parapsychiques.

Il décide soudainement d'aller  vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac. Les enfants sont ravis, mais l'endroit est très isolé, au milieu d'une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour à la civilisation…



Ce film est très bien fait. Un thriller psychologique plus qu'un film d'épouvante. Peu à peu le mystère et l'angoisse montent. Vers la fin, le réalisateur montre en quelques images les hallucinations de Tom.
Le final est dans le droit fil des problèmes psychiques du père, sans doute aussi à l'origine de son divorce.




 * Alibi.com

2017 FR / Philippe Lacheau / 1H30
Avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Julien Arruti, Nathalie Baye, Didier Bourdon ...

Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d'alibi. Avec Augustin son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients en goguette. Mais la rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de ses clients...

Le scénario de cette comédie n'est pas très original. Le film ne fait pas dans la finesse. Quelques images de testicules épilés font rire la salle un peu anesthésiée. Quand je pense que ces films sont subventionnés par mes impôts, je me dis qu'il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark.




*** Loving ( biopic)

2017 USA-UK / Jeff Nichols / 2H03
Avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas ...

Richard Loving  et Mildred s'aiment et décident de se marier. Mais il est blanc et elle est noire dans l'État de Virginie particulièrement ségrégationniste en 1958. Il sont obligés d'aller à Washington DC obtenir leur certificat de mariage. De retour en Virginie, la police s'acharne contre eux. Ils sont condamnés par le juge local à une peine de prison ,, avec suspension de la sentence à condition qu'ils quittent l'État. En 1963, c'est la marche pour les libertés à Washington et, le discours de Martin Luther King, l'espoir d'un changement avec Robert Kennedy nommé à la justice. Le cas des époux Loving intéresse les militants pour l'égalité raciale et leur association l'ACLU. Ils vont les défendre gratuitement devant les cours d'appel et jusqu'à la Cour Suprême Fédérale...

C'est un film intéressant. Dommage qu'il soit un peu long. Lisez le biopic du générique de fin. Le personnage de Richard Loving, maçon de son état, grand taiseux, est trop caricatural. L'actrice qui joue Mildred n'est pas assez black.
Ne ratez pas l'attendu du juge Bazile : "Dieu Tout-puissant créa les races blanche, noire, jaune et rouge,..."





** Raid dingue

2017 FR / Dany Boon  / 1H45
Avec Alice Pol, Dany Boon, Michel Blanc, François Levantal, Yvan Attal ...

Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d'un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d'elle une menace pour le grand public et ses collègues.
Assignée à des missions sans intérêt, elle s'entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d'élite du RAID.
Acceptée au centre de formation du RAID grâce à l'intervention discrète de son papa, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d'arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.
Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu'ils parviennent à travailler en binôme sans s'entre-tuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres...


Comme on le sait j'aime bien Dany Boon et les films déjantés. Assez classique dans sa première partie, celui ci se termine en apothéose dans le final au château de Vaux le Vicomte. On passe un bon moment.


**Moonlight

2017 USA / Barry Jenkins /1H51
Avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes (dans le rôle de Chiron aux trois âges) Naomie Harris, Mahershala Ali, Janelle Monáe…

Moonlight évoque le parcours, de l’enfance à l’âge adulte, d’un afroaméricain prénommé Chiron. Le scénario comporte trois parties : l’enfance  dans un quartier pauvre de Miami, l’adolescence, l’âge adulte dans la banlieue d’Atlanta. Il traite de beaucoup de questions sur différents sujets: la délinquance, les ghettos américains, la drogue, le rapport à la mère, la découverte de la sexualité, l'homophobie et le harcèlement ... mais aussi la soif de réalisation de l’individu…

 
Sans dire que j’ai été complètement conquis par le film, il faut féliciter les acteurs et en particulier les trois qui jouent l’enfant de 9 ans, l’adolescent de 16 à 20 ans et l’adulte au bon cœur monté en grade dans la hiérarchie des dealers. Un bon point aussi à la prise de vues et au montage. 




**** Le hérisson

2009 FR-Italie / Mona Achache / 1H40
Avec Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa ...

A Paris, une triple rencontre insolite dans un immeuble bourgeois: celle de Paloma Josse, petite fille de 11 ans, redoutablement intelligente et suicidaire, de Renée Michel, concierge parisienne bourrue et solitaire, et de l'énigmatique japonais Monsieur Kakuro Ozu nouveau copropriétaire.

N.B. Le scénario est adapté du roman de Muriel Barbery "L'élégance du hérisson"


Je l'ai vu à la maison la semaine dernière. Je suis étonné que mon magazine télé ne lui ait mis que deux étoiles.
C'est à la fois une satire de la bonne société bourgeoise et névrosée, un conte de fées moderne rempli d'allégories ( le bocal du poisson rouge sans mémoire et le "bocal" de l'immeuble), et une histoire d'amitiés naissantes.

Les trois acteurs principaux sont remarquables, en particulier Josianne Balasco transfigurée. Les interludes montrant les dessins de la fillette  à l'encre de Chine inspirés par divers événements dans l'immeuble apportent un plus certain au charme de ce film.

Et puis, essayez de vous souvenir des détails : des événements en apparence indépendants se rejoignent de façon inattendue (encore le poisson rouge)  et les hérissons finissent souvent écrasés au milieu des routes.


**  LA LA Land 

2017 US  / Damien Chazelle / 2H08
Avec Emma Stone, Ryan Gosling, John Legend...
Belle musique de Justin Hurwitz

Au cœur de Los Angeles, Mia, jeune actrice débutante, sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces deux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il à la vie trépidante d’Hollywood ?


Les critiques des spectateurs sont dithyrambiques. Personnellement, la partie comédie musicale m'a laissé froid.
J'ai davantage apprécié l'histoire de deux personnes qui se rencontrent, qui vont s'aimer et qui chacune de son coté a un rêve absolu et va garder espoir, malgré de nombreuses difficultés, afin de le réaliser.
Belles vues de Los Angeles et de Hollywood, "City of Stars", depuis la terrasse du Griffith Observatory. 

Les scènes finales montrent successivement la vie rêvée et la vie réelle. Surprenant et habile. Mais au total j'ai préféré "Whiplash" du même réalisateur.
 


*** Nocturnal animals

2017 USA / Tom Ford /1H57
Avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon ...

Susan Morrow, tient une luxueuse galerie spécialisée dans le junk-art à Los Angeles. Elle a l’impression d’avoir raté sa vie  et s’ennuie dans l’opulence de son existence, délaissée par Hutton son riche et séduisant mari. Alors que ce dernier s’absente, encore une fois, "en voyage d’affaires", Susan reçoit un colis inattendu : un manuscrit signé de son ex-mari Edward Sheffield dont elle est sans nouvelles depuis des années. Une note l’accompagne, enjoignant la jeune femme à le lire puis à le contacter lors de son passage en ville. Seule dans sa maison vide, elle entame la lecture de l'œuvre qui lui est dédicacée.
Dans ce récit aussi violent que bouleversant, Edwards se met en scène dans le rôle de Tony Hastings, un père de famille aux prises avec un gang de voleurs de voiture ultra violents, mené par l’imprévisible Ray Marcus.
Après lui avoir fait quitter la route, le gang l’abandonne impuissant sur le bas-côté, prenant sa famille en otage. Ce n’est qu’à l’aube qu’il parvient au commissariat le plus proche, où il est pris en charge par le taciturne officier Bobby Andes . Un lien fort va se créer entre les deux hommes, et lier leurs destins dans la poursuite des suspects, coupables de viol et d'assassinat.
Susan, émue par la plume de son ex-mari, ne peut s’empêcher de se remémorer les moments les plus intimes qu’ils ont partagés, mais aussi les griefs qui l'avaient conduite à demander le divorce.


Le générique montre des femmes obèses ( espérons pour les figurantes que les images ont été retouchées numériquement) dansant nues au ralenti. On se demande si on ne s'est pas trompé de film et si ça ne va pas tomber dans le porno.
La suite est l'entrelacement de deux histoires dans lesquelles on se perd un peu : la première montre les états d'âme d'une quadragénaire mal dans sa peau, la seconde (celle du roman) est un thriller angoissant.

Tout y passe, les relations mère-fille, la lâcheté des hommes, le sentiment de culpabilité, le désir de vengeance...

La scène finale  reste ambiguë, réelle ou rêvée ? A chacun de décider.


*** Il a déjà tes yeux

2017 FR / Lucien Jean-Baptiste /1H35
Avec Aïssa Maïga, Lucien Jean-Baptiste, Zabou Breitman, Vincent Elbaz... et le bébé !

Paul Aloka est antillais; il tient une boutique de fleuriste, son épouse Salimata est d'origine sénégalaise. Ils s'adorent mais savent que Sali est stérile.. Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier de demande d'adoption est approuvé. Le bébé est adorable, il a 4 mois et s'appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc. Eux… sont noirs !


C'est un film sympathique, plein de tendresse. Mais aussi, en contrepoint, tous les préjugés sur les différences raciales vues des deux cotés. Le tout traité sur le mode comédie avec quelques répliques savoureuses. On passe un très bon moment.



** Un sac de billes

2017 FR / Christian Duguay / 1H50
Avec Dorian Le Clech, Batyste Fleurial, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein ...


"Un Sac de Billes" est tiré et adapté du best seller de Joseph Joffo paru en 1973, lui-même témoignage de son histoire vraie. Roman tient une boutique de coiffeur près de la place des Abbesses. Son épouse Anna a abandonné une carrière de violoniste pour élever leurs sept enfants. Les lois anti juifs sont promulguées et Ronan décide de replier sa famille à Nice. Par sécurité ils se diviseront en trois groupes.
Les deux plus jeunes fils, Maurice et Joseph, livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de se retrouver en famille à nouveau...



En dépit de la critique très laudative, je n'ai pas été entièrement conquis parce que c'est un Nième film sur ce thème. Les enfants jouent très bien, et Patrick Bruel avec ses petites lunettes rondes fait un papa aimant mais lucide.


** DALIDA 
(biopic)

2017 FR/ Lisa Azuelos /2H04
Avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, ...
 Nicolas Duvauchelle, Alessandro Borghi, Niels Schneider, Brenno Placido ...

Le film Dalida est le portrait d’une femme absolue, complexe, sensible et grande amoureuse.  Une vedette qui sous la houlette de son frère Bruno (nom de scène Orlando) a su évoluer avec les goûts de son public, de la chanson populaire au disco en passant par le twist. Avec un répertoire d'environ 2 000 chansons interprétées en de nombreuses langues, la star détient le record de vente des disques de son vivant.
C'est aussi le portrait d'une époque avec Bruno Coquatrix et l'Olympia, Eddie Barclay jeune producteur de disques microsillons, Lucien Morisse patron de la jeune radio Europe n°1 ...
La vie sentimentale de Dalida est jalonnée de coups de foudre et de ruptures, mais aussi de drames personnels et de suicides.
Elle même mettra fin à ses jours le 3 mai 1987 à l'âge de 54 ans.


Ce biopic fait suite à plusieurs téléfilms. Sans être génial, il se laisse voir et surtout écouter pour les nombreuses chansons en play-back. 
La performance de l'actrice Sveva Alviti  est remarquable.



** La mécanique de l'ombre
 2017 FR-Bel / Thomas Kruithof /1H33
Avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila ...

Gratte-papier modèle, Duval est toujours au chômage, deux ans après un « burn-out ». Membre des Alcooliques Anonymes, il fait la rencontre de Sara, une femme fragile à laquelle il s’attache. Pour se reconstruire, ils doivent tous les deux trouver du travail.
Duval est contacté par un homme d’affaire énigmatique et se voit proposer un emploi simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte les conditions étranges qu'on lui impose. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets...



Dans le genre film de barbouzes, c'est assez classique. L'intérêt est renouvelé par le personnage de Duval, interprété par François Cluzet, un employé solitaire, taiseux, et obéissant mais jusqu’à un certain point.
Ne manquez pas de bien regarder une des dernières scènes dans le stade entre les trois protagonistes principaux et leurs porte-flingues. 

Vous y trouverez la clé qui justifie la scène finale à l'hôpital.


*** Fais de beaux rêves  (Fai Bei Sogni)

2016 IT-FR / Marco Bellocchio /2H10
Avec Guido Caprino, Barbara Ronchi, Nicolo Cabras, Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Emmanuelle Devos ...

Les blessures de l'enfance demeurent toute la vie. Le film jongle comme dans les rêves entre trois époques de l'existence de son héros, Massimo YYY.
Turin en 1969, Massimo a neuf ans. Sa maman s'occupe de lui quand il rentre de l'école, après les devoirs ils jouent et regardent la télévision en attendant que le père, journaliste sportif, rentre de son travail. A table, le jeune Massimo tient gentiment tête à son père. Mais le jour de Noël, la mère meurt subitement après avoir embrassé son fils endormi.
Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale, en dépit des explications du père, qui dit l'avoir trouvée morte dans le couloir, d'un infarctus foudroyant. Il se rebelle, tient tête au monde adulte avec une certaine maturité.
Le père engage une gouvernante pour tenir la maison, et confie à une tante le soin de veiller sur l'éducation de Massimo.  A l'adolescence, celui ci se retrouve avec un copain très différent de lui.

Massimo fait une école de journalisme et entre à La Stampa. Il se fait remarquer par la qualité de ses articles, le voilà à 30 ans correspondant de guerre. Au retour d'une mission, il se sent très fatigué et croit qu'il va mourir d'un infarctus comme sa mère. Il a peur. Son destin va basculer grâce à une jeune femme médecin qui lui diagnostique une crise d'angoisse psychosomatique. Ils deviennent amis et peut être amants. Mais chacun a son métier qui l'amène à voyager.

Après la mort de son père, Massimo qui a maintenant 43 ans, veut mettre en vente l'appartement familial et prépare des cartons de déménagement. Submergé par les souvenirs de son enfance, il refait une crise d'angoisse et appelle sa tante au secours. Il reparlent des circonstances de la mort de sa mère...


C'est un beau film, dans la tradition du grand cinéma italien. Beaucoup de flashbacks et autres procédés de cinéma. La morale de l'histoire : d'une façon ou d'une autre on ne peut pas faire table rase de son passé, mais il arrive un moment où il faut un effort personnel pour se construire en cherchant la vérité de notre humanité; et cet effort est facilité si nous pouvons nous appuyer sur un autre humain, conjoint ou maître spirituel vivant ou déifié.

N.B. le scénario est inspiré du livre autobiographique "Fais de beaux rêves, mon enfant" de Massimo Gramellini

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